Le Nurburgring s’apprête à être envahi par des hordes de supporteurs bruyants à l’occasion du Grand Prix d’Europe, neuvième épreuve du championnat du monde de Formule 1, cette fin de semaine. Cette année, l’ambiance s’annonce encore plus chaude que par le passé. Et pour cause. Ce n’est plus un Schumacher qui fait sa moisson de victoires, mais bien deux, Ralf, le cadet, ayant hissé sa Williams-BMW devant la Ferrari du grand frère à Montréal, après avoir enlevé un premier succès à Imola deux mois plus tôt. Mercedes, BMW, Michael et Ralf Schumacher, Nick Heidfeld (Sauber) et Heinz-Harald Frentzen (Jordan-Honda), la Formule 1 a pris depuis quelque temps un fort accent allemand. Hier parent pauvre de la F1, l’Allemagne se désespérait de compter un jour un pilote champion du monde, une représentation digne d’un grand pays de l’automobile. C’était au début des années 1980. À l’époque, seul Stefan Bellof semblait être promis à une belle carrière. Jusqu’à ce triste jour du 1er août 1985 quand le pilote se tuait aux 1 000 km de Spa-Francorchamps en sports-prototypes. Depuis, cela a bien changé. Michael Schumacher, triple champion du monde, est à l’aube de battre tous les records, celle des victoires en Grand Prix peut-être dès cette saison. Ralf se présente comme un sérieux adversaire dans la conquête d’un titre dès l’an prochain. Nick Heidfeld fait naître de gros espoirs, après une année d’apprentissage difficile, mais enrichissante chez Prost l’an dernier. Grâce à Mercedes Mercedes a déjà obtenu deux titres mondiaux (1998 et 1999) avec McLaren. BMW ambitionne de prendre le relais très bientôt, peut-être dès l’an prochain avec Williams. Cependant, si l’Allemagne est aujourd’hui triomphante en F1, elle le doit avant tout à un constructeur, Mercedes. La marque à l’étoile a en effet tenu un rôle prépondérant dans la montée en puissance de la discipline dans le pays, dans l’accumulation de succès. Sans Mercedes, Michael Schumacher ne serait peut-être pas devenu l’immense champion qu’il est aujourd’hui. Si le triple champion du monde effectua ses débuts en F1 chez Jordan le 23 août 1991 pour les premiers essais du Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps, c’est à Mercedes qu’il le doit. À l’image du pétrolier Elf en France à la fin des années 1970, Mercedes n’hésita pas à «payer» pour permettre à Michael Schumacher d’obtenir un «volant», de se faire remarquer et d’entamer une brillante carrière. C’est encore Mercedes qui permit à Nick Heidfeld de gravir les échelons jusqu’à la F1. Promouvoir des pilotes, la marque à l’étoile n’en est pas restée là. En décidant de quitter les voitures de sport pour arriver en F1 en 1994 avec Sauber, avant de se lier avec McLaren l’année suivante, de prendre 40 % des parts de l’équipe britannique, Mercedes a donné un formidable élan à la F1. Comme Renault l’avait fait à la fin des années 1970 d’abord en imposant la technique du turbocompressé, puis à partir de 1989 avec son V10 atmosphérique. Et si BMW est revenue dans la discipline reine du sport automobile, après une longue hésitation, c’est bien parce que Mercedes, le concurrent, commençait à y accumuler les victoires.
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