L’histologie osseuse d’embryons de dinosaures carnivores, vieux de 150 millions d’années, vient d’être décrite par une équipe franco-portugaise et suggère que ces sauriens disposaient déjà de certaines caractéristiques physiologiques propres à leurs descendants, les oiseaux, révèlent les «Comptes rendus de l’Académie des sciences». Cette étude a été réalisée par Armand de Ricqlès (CNRS/Collège de France/Paris-7), Octavio Mateus (Musée de Lourinha, Portugal), Miguel Telles Antunes (Académie des sciences de Lisbonne) et Philippe Taquet (Muséum national d’histoire naturelle, Paris) sur des embryons de dinosaures carnivores (théropodes), provenant du gisement portugais de Lourinha (60 kilomètres au nord de Lisbonne). Les restes rarissimes d’embryons dans l’œuf et de nouveau-nés de dinosaures sont actuellement l’objet d’un intérêt soutenu, car ils permettent d’analyser divers aspects de la biologie des dinosaures, en particulier leur croissance. Les fossiles disponibles jusqu’à présent comprenaient surtout des restes d’embryons et de jeunes progénitures de dinosaures végétariens (sauropodes) du Crétacé supérieur, d’il y a 70 millions d’années. Le matériel du Jurassique supérieur sur lequel a travaillé l’équipe franco-portugaise permet de reculer dans le temps et d’améliorer les connaissances scientifiques sur l’acquisition de la forme chez les dinosaures carnivores, que de nombreux paléontologues considèrent comme les ancêtres des oiseaux. «Il a été possible d’en déduire que pour les croissances (...) de divers os, les embryons de dinosaures partagent déjà avec les oiseaux certaines spécialisations dans les mécanismes de la croissance, plutôt qu’ils ne ressemblent à des tortues ou à des crocodiles au même stade», expliquent les auteurs de l’étude. À Washington par ailleurs, l’existence de deux nouvelles espèces de dinosaures ayant vécu au cours d’une période virtuellement inconnue il y a 90 millions d’années, appelée «intervalle crétacien», a été révélée. Les deux dinosaures, l’un une variété toujours sans nom de Coelurosaure – deux pattes, rapide, carnivore, de la famille des théropodes – et l’autre le «Nothronychus», un thérizinosaure au long cou, mangeur de plantes, également théropode et apparenté au Tyrannosaure rex, ont été présentés sur des séquences animées par les chercheurs qui les ont découverts. Ceux-ci, Jim Kirkland, paléontologue de la société de recherche géologique de l’Utah pour la contrée Zuni, ainsi que Doug Wolfe, directeur du projet, ont présenté leur découverte lors du visionnage de Quand les dinosaures parcouraient l’Amérique, un nouveau documentaire de la chaîne Discovery.
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