Washington a accéléré ces derniers mois son rapprochement avec New Delhi, mais cette nouvelle relation n’est «pas dirigée contre la Chine», a déclaré le secrétaire d’État adjoint américain Richard Armitage. «Si elle était dirigée contre la Chine, personne en Inde ne serait convaincu qu’elle durerait», a dit M. Armitage dans une interview publiée lundi par le quotidien The Hindu. Le responsable américain a confirmé que le rapprochement avec New Delhi, opéré sous le président Bill Clinton, s’était accéléré depuis l’arrivée au pouvoir de George W. Bush. «Il leur a fallu sept ans (à l’Administration Clinton) pour arriver au point où M. Bush est parvenu en deux mois environ», a-t-il dit en parlant de l’Inde non pas comme d’un «ami potentiel» mais comme d’un «ami». Pendant quatre décennies, entre les années 50 et les années 80, Washington a considéré l’Inde avec méfiance en raison de ses rapports étroits avec Moscou. «Pendant des années, nous avons eu une politique déséquilibrée en Asie du Sud (...). Les gens la voyaient de manière superficielle et disaient que nous avions une grande relation avec le Pakistan mais, d’une certaine manière, c’était une relation fausse parce qu’au départ, elle avait été construite contre l’axe Inde-Urss et ensuite contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan». «Nous n’avions pas de politique pour le Pakistan, nous avions une politique avec le Pakistan dirigée contre quelque chose d’autre», a expliqué M. Armitage, en soulignant la volonté de Washington de développer aujourd’hui une nouvelle relation, pour la première fois, «pour le Pakistan». Évoquant le projet de bouclier antimissile (NMD) défendu par Washington, M. Armitage s’est réjoui du «bon degré d’intérêt» suscité par ce plan à New Delhi, en particulier après les explications sur «le concept de contre-prolifération». Le responsable américain avait fait une visite en Inde, le mois dernier, en liaison avec ce projet. Il a dit que les États-Unis, sous l’Administration Bush, allaient approfondir leurs relations avec l’Inde et que ce rapprochement allait encore s’accélérer. Mais Washington poursuivra la même approche avec Islamabad et essaiera d’aboutir à une meilleure relation sur le plan qualitatif avec le Pakistan. M. Armitage a enfin salué le projet de rencontre au sommet prévu le mois prochain entre le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee et le chef de la junte pakistanaise, le général Pervez Musharraf, qui peut représenter «le début d’une solution». Cependant, a-t-il insisté, aucune solution «ne sera imposée de l’extérieur» et «les États-Unis ne se retrouveront pas au milieu» de l’imbroglio. Depuis 1947, trois guerres ont opposé l’Inde au Pakistan qui disposent désormais de l’arme nucléaire.
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