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Actualités - Chronologies

États-Unis - Polémique sur la peine capitale - après l’exécution de McVeigh

Après l’exécution de Timothy McVeigh, l’Amérique, qui s’est longuement interrogée au cours de ces derniers mois sur la peine de mort, semble encore loin d’être prête à l’abolir. Car, fondamentalement, estiment des spécialistes, les justifications pour son application vont être encore vivaces pendant de longues années. Le président George W. Bush a donné le ton peu après l’annonce de la mort par injection de l’auteur de l’attentat d’Oklahoma City, qui avait fait 168 morts en 1995, affirmant que les victimes de l’attentat «n’ont pas obtenu vengeance, mais justice». «Qui sait ce que justice veut dire ?», s’interroge avec scepticisme Ira Robbins, professeur de droit à l’American University, à Washington. Il considère pourtant que le cas McVeigh pourrait aider à «long terme» les abolitionnistes. «Le gouvernement a gravement fauté» dans cette affaire, dit-il en référence aux milliers de documents relatifs à l’enquête autour de l’attentat, qui n’ont été remis aux avocats de McVeigh qu’à la mi-mai, quatre ans après le procès. «Le monde entier a vu ce qui s’est passé. Il faut maintenant imaginer toutes les erreurs faites, volontairement ou non, par les autorités pour des cas dont presque personne ne se soucie», poursuit le professeur Robbins. Mais le chant du cygne des «pro-death» est encore lointain. «L’opinion publique américaine commence très doucement à se poser des questions sur la moralité de la peine de mort», confie Elizabeth Semel, de l’Association du barreau américain (ABA). Un État peut-il prendre la vie ? La peine de mort est-elle juste ? Répond-elle à un désir de vengeance ? Des erreurs judiciaires sont-elles commises ? Le racisme est-il un facteur aggravant ? Ces questions ont été largement posées durant des dizaines de débats télévisés et radiophoniques, bon nombre d’intervenants ne cachant pas qu’ils avaient changé d’opinion et se rangeaient désormais dans le camp des abolitionnistes. «Ce n’est pas McVeigh qui a suscité ces interrogations, mais de nombreux autres dossiers», relève Richard Dieter, directeur du Centre d’information sur la peine de mort (DIPC). Le refus de McVeigh d’exprimer des remords après son acte et ses aveux publics avait en effet incité la quasi-totalité des Américains à souhaiter sa mort. Ce qui ne va pas empêcher, estime Richard Dieter, l’opinion de «virer de bord». «Cela ne prendra pas un an ou deux. Mais les Américains avancent dans cette direction», affirme-t-il. Toutes les conditions sont, selon lui, réunies pour provoquer une réflexion débouchant sur l’abolition de la peine de mort aux États-Unis. Selon le DIPC, 95 détenus dans le couloir de la mort ont été innocentés depuis 1977. Des projets de loi réclamant des moratoires sur les exécutions ou des révisions de la législation ont été introduits dans 37 des 38 États appliquant la peine de mort. Au regard de cette question, les États-Unis apparaissent de plus en plus isolés sur la scène internationale et sont désormais associés dans leur refus d’abolir la peine capitale au Nigeria, à l’Iran, à l’Arabie séoudite et au Yémen. L’Union européenne, qui accueille depuis mardi le président Bush, ne ménage pas ses critiques à l’encontre de Washington. Le pape Jean-Paul II a plus d’une fois appelé les États-Unis à renoncer à la peine de mort. Les sondages démontrent le déclin des partisans de l’application de la peine capitale. Selon une récente étude, en Californie, qui a le couloir de la mort le plus important aux États-Unis, moins de 50 % de la population est favorable à la sentence de mort. Un sondage Gallup a fixé à moins de 70 % la proportion des partisans de la peine de mort, soit la plus basse depuis 13 ans.
Après l’exécution de Timothy McVeigh, l’Amérique, qui s’est longuement interrogée au cours de ces derniers mois sur la peine de mort, semble encore loin d’être prête à l’abolir. Car, fondamentalement, estiment des spécialistes, les justifications pour son application vont être encore vivaces pendant de longues années. Le président George W. Bush a donné le ton peu après l’annonce de la mort par injection de l’auteur de l’attentat d’Oklahoma City, qui avait fait 168 morts en 1995, affirmant que les victimes de l’attentat «n’ont pas obtenu vengeance, mais justice». «Qui sait ce que justice veut dire ?», s’interroge avec scepticisme Ira Robbins, professeur de droit à l’American University, à Washington. Il considère pourtant que le cas McVeigh pourrait aider à «long terme» les...