L’ancien ministre de l’Intérieur de droite Charles Pasqua était interrogé depuis hier après-midi comme témoin assisté dans l’affaire du trafic d’armes vers l’Angola et des importantes commissions versées en marge de ces ventes. Accompagné de ses avocats Mes Léon Lef Forster et Gilbert Collard, il est entendu par les juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Deprez, qui l’ont mis en examen lundi pour le financement présumé illégal de la campagne européenne de 1999 de son parti le RPF, en marge de l’affaire du trafic d’armes. Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Charles Pasqua, 74 ans, nie tout lien avec ces ventes d’armes à l’Angola, pays pétrolier d’Afrique australe déchiré par la guerre civile, et affirme que les comptes du RPF sont parfaitement clairs. À l’issue de l’interrogatoire d’hier, le président du RPF pourrait toutefois de nouveau être mis en examen. Charles Pasqua est interrogé sur ses relations avec les deux personnages-clé de l’affaire, Pierre Falcone, dirigeant de la société de ventes d’armes Brenco, écroué depuis le 1er décembre, et l’homme d’affaires Arcadi Gaydamak, sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’ancien ministre doit également expliquer dans quelles conditions l’Association France-Afrique-Orient (AFAO), dont il fut un temps le vice-président, a reçu de Brenco, le 12 juillet 1996, quelque 1,5 million de francs. L’AFAO, qui était présidée par l’ancien Premier ministre gaulliste Pierre Messmer jusqu’à sa dissolution en octobre 2000, partageait ses locaux avec «Demain la France», un mouvement politique de Charles Pasqua. M. Pasqua pourrait également être interrogé sur la remise, le 14 juillet 1996, par l’ex-préfet du Var Jean-Charles Marchiani, membre de son parti, de la médaille de l’ordre national du Mérite à Arcadi Gaydamak. Cette récompense avait été délivrée par le chef de l’État Jacques Chirac. M. Gaydamak était récompensé pour son rôle dans la libération de deux pilotes français détenus en Bosnie en 1995. Les enquêteurs soulignent que M. Gaydamak, actuellement réfugié en Israël, a été décoré deux jours après le versement de Brenco à l’AFAO. Jean-Charles Marchiani est mis en examen dans l’affaire du trafic d’armes pour «recel d’abus de biens sociaux», la justice le soupçonnant d’avoir perçu de l’argent de Brenco et pour «trafic d’influence» concernant la décoration à Arcadi Gaydamak. Un autre proche de M. Pasqua, Bernard Guillet, son conseiller diplomatique, est également poursuivi pour «recel d’abus de biens sociaux» à propos du versement de Brenco à l’AFAO, dont il fut le secrétaire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien ministre de l’Intérieur de droite Charles Pasqua était interrogé depuis hier après-midi comme témoin assisté dans l’affaire du trafic d’armes vers l’Angola et des importantes commissions versées en marge de ces ventes. Accompagné de ses avocats Mes Léon Lef Forster et Gilbert Collard, il est entendu par les juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Deprez, qui l’ont mis en examen lundi pour le financement présumé illégal de la campagne européenne de 1999 de son parti le RPF, en marge de l’affaire du trafic d’armes. Candidat à l’élection présidentielle de 2002, Charles Pasqua, 74 ans, nie tout lien avec ces ventes d’armes à l’Angola, pays pétrolier d’Afrique australe déchiré par la guerre civile, et affirme que les comptes du RPF sont parfaitement clairs. À l’issue de...