ITALIE - Constituer le gouvernement s’avère plus ardu que prévu pour Berlusconi
le 21 mai 2001 à 00h00
Prochain président du Conseil, Silvio Berlusconi aura à sa disposition au Parlement une majorité «jamais vue» dans l’histoire de la République italienne, et pourtant la formation du futur gouvernement s’avère plus difficile que prévu. Le succès de Forza Italia (FI, droite), le propre parti de M. Berlusconi qui a «cannibalisé» ses alliés lors des élections générales de dimanche dernier, est une des raisons de cette difficulté imprévue. FI a recueilli 29,4 % des voix à la Chambre des députés, soit plus que tous ses alliés de la Maison des libertés (CdL) réunis. Les élus de FI seront de loin les plus nombreux à la Chambre avec 189 représentants (sur 630) et au Sénat où il compteront 82 sièges (sur 315). «Comme ni Pier Ferdinando Casini (chef du CCD, chrétien-démocrate), ni Rocco Buttiglione (chef du CDU, chrétien-démocrate), ni Umberto Bossi (chef de la Ligue du Nord) n’ont atteint la barre des 4 % et que même Alliance nationale (AN, postfasciste) n’a obtenu qu’un score modeste, ces leaders sont en droit de réclamer la plus grande visibilité possible», a commenté dimanche le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Le plus virulent aura été l’imprévisible Bossi qui a réclamé pour l’un des siens le poste de président de la Chambre des députés ou le ministère de l’Intérieur. Le chef de la Ligue du Nord a même menacé de ne soutenir le gouvernement que de façon conditionnelle si ses exigences n’étaient pas respectées. Avec seulement 3,9 % des suffrages, la Ligue du Nord est sortie humiliée du scrutin de dimanche. Elle ne comptera que 30 députés et 17 sénateurs dans le prochain Parlement, un nombre insuffisant pour espérer peser sur les choix du gouvernement. «Nous avons fait des sacrifices pour faire gagner la CdL. Sans nous, la droite n’aurait pas obtenu tant de parlementaires dans le Nord. Il est donc juste d’avoir une reconnaissance politique», a affirmé M. Bossi. «Nous voulons surveiller la situation, une petite place où l’on voit bien ce qui se passe», a-t-il expliqué. Laminée dimanche dernier, la composante démocrate-chrétienne CCD-CDU de la Maison des libertés qui n’a obtenu que 3,2 % des voix a besoin également d’«être vue» pour exister. Le chef du CCD, M. Casini, revendique désormais un poste de vice-président du Conseil ou le prestigieux ministère des Affaires étrangères. Donné par certains comme prochain ministre de l’Éducation avant les élections, M. Buttiglione, patron du CDU, est désormais en compétition avec d’autres prétendants. Les démocrates-chrétiens de la CdL devront également faire face à la concurrence inattendue de Démocratie européenne (DE), le mouvement d’inspiration catholique créé récemment par le syndicaliste Sergio D’Antoni et l’ancien président du Conseil Giulio Andreotti.
Prochain président du Conseil, Silvio Berlusconi aura à sa disposition au Parlement une majorité «jamais vue» dans l’histoire de la République italienne, et pourtant la formation du futur gouvernement s’avère plus difficile que prévu. Le succès de Forza Italia (FI, droite), le propre parti de M. Berlusconi qui a «cannibalisé» ses alliés lors des élections générales de dimanche dernier, est une des raisons de cette difficulté imprévue. FI a recueilli 29,4 % des voix à la Chambre des députés, soit plus que tous ses alliés de la Maison des libertés (CdL) réunis. Les élus de FI seront de loin les plus nombreux à la Chambre avec 189 représentants (sur 630) et au Sénat où il compteront 82 sièges (sur 315). «Comme ni Pier Ferdinando Casini (chef du CCD, chrétien-démocrate), ni Rocco Buttiglione (chef du CDU,...
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