Afghanistan - Ouverture de la première piscine autorisée par les taliban
le 18 mai 2001 à 00h00
Interdite aux femmes, la première piscine autorisée à Kaboul par les taliban accueille des jeunes gens qui n’ont plus guère de distractions sous le régime ultrapuritain mis en place en 1996 dans la capitale afghane par les «étudiants en théologie». Ces jeunes gens vêtus de longs maillots de bain se trouvent ainsi autour de la piscine récemment repeinte et réparée de l’Intercontinental, l’un des rares hôtels à avoir été – en partie, au moins – restaurés dans la ville ravagée par la guerre des factions qui a suivi la chute du régime communiste de Najibullah en 1992. Les jeunes Kaboulis ont accueilli l’ouverture de cette piscine avec plaisir, voulant y voir un signe que la vie reprend un cours un peu plus normal dans cette ville déprimante où la milice intégriste a imposé des restrictions sur toutes les distractions. «C’est une grande distraction dans une ville sans distraction», affirme l’étudiant Hamidullah, alors que ses congénères se baignent ou se font bronzer sur les bords de la piscine. Les femmes sont interdites à la piscine dans le cadre d’une politique terriblement discriminatoire, mise en place par les taliban qui ont interdit aux femmes l’éducation, le travail (sauf dans le secteur de la santé) ou la pratique du sport. Même les bains chauds publics de la capitale, si prisés des femmes kaboulies notamment pendant l’hiver, ont été fermés en 1997 sur ordre de la «police du vice et de la vertu». C’est cette police religieuse du régime des taliban qui a établi le réglement de la piscine. Il est strict : les jeunes gens de moins de 15 ans ne sont pas admis. Ceux qui sont autorisés à s’y baigner doivent avoir des «pantalons» de bain qui descendent au-dessous des genoux et est décrétée la fermeture de la piscine de 13h00 à 14h00 pour cause de prière. Avant la guerre civile, Kaboul, connue pour le libéralisme de sa vie sociale, avait plus d’une dizaine de piscines pour ses habitants. Mais, dès son arrivée au pouvoir, le 27 septembre 1996, le régime islamique a interdit la télévision, le cinéma, la vidéo et la musique. L’Intercontinental essaie d’ailleurs de faire sauter un de ces interdits : il a en effet demandé la permission de pouvoir diffuser deux chaînes de télévion étrangères – en l’occurrence CNN et la chaîne privée du Qatar al-Jazira – pour ses clients étrangers, qui sont principalement des journalistes. Muhebullah Garmseri, le directeur de l’hôtel, a affirmé mardi qu’il avait fait une demande en ce sens auprès du mollah Mohamed Omar, le chef suprême des taliban, et au ministère des Affaires étrangères. L’hôtel a beaucoup souffert d’avoir été pendant longtemps situé sur la ligne de front des diverses fractions qui se sont affrontées à Kaboul après la chute du régime communiste de Najibullah. Il a été partiellement reconstruit en 1997 et offre 120 chambres sur les 200 qui existaient initialement.
Interdite aux femmes, la première piscine autorisée à Kaboul par les taliban accueille des jeunes gens qui n’ont plus guère de distractions sous le régime ultrapuritain mis en place en 1996 dans la capitale afghane par les «étudiants en théologie». Ces jeunes gens vêtus de longs maillots de bain se trouvent ainsi autour de la piscine récemment repeinte et réparée de l’Intercontinental, l’un des rares hôtels à avoir été – en partie, au moins – restaurés dans la ville ravagée par la guerre des factions qui a suivi la chute du régime communiste de Najibullah en 1992. Les jeunes Kaboulis ont accueilli l’ouverture de cette piscine avec plaisir, voulant y voir un signe que la vie reprend un cours un peu plus normal dans cette ville déprimante où la milice intégriste a imposé des restrictions sur toutes les...
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