L’activité s’est nettement ralentie hier sur le marché des changes de Beyrouth en raison de la contraction de la demande du dollar, dont l’offre devenait de plus en plus rare. Dans ces conditions, la Banque du Liban (BDL) continuait à satisfaire les besoins des opérateurs en cette monnaie dans le cadre de sa fourchette d’intervention, maintenue en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Le billet vert, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis plus d’un an et demi, devait être négocié entre les établissements de crédit et la BDL au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci, en l’absence d’un marché interbancaire selon les cambistes. Pourtant, le volume des échanges est demeuré très mince pour ne pas dépasser au total quelque cinq millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Vulnérabilité de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a fléchi hier vers la barre de 0,88 dollar sur des prises de bénéfices, avant de se stabiliser, les marchés des changes ayant digéré la récente baisse des taux d’intérêt américains. De ce côté, le yen a repris de la hauteur dans le sillage du marché des actions au Japon. L’euro a été fragilisé face au billet vert, les investisseurs ayant profité de son rebond de la veille pour prendre des bénéfices. «L’euro a enregistré un pic hier et les opérateurs en ont profité pour prendre leurs gains», après des ordres d’achats de banques commerciales, a relevé une note publiée hier par la banque ING Barings. Cependant, certains analystes ont estimé que l’euro a peut-être atteint un plancher. «On est sans doute à un tournant», a souligné une analyse de Bear Stearn. Et d’ajouter que «les récentes statistiques dans la zone euro étaient plutôt mauvaises, mais l’euro ne s’est pas trop déprécié, ce qui suggère que le marché est peut-être prêt à lui accorder un peu plus le bénéfice du doute». D’autant que, dans l’ensemble, les investisseurs manquent de direction concernant la conjoncture américaine et les effets des baisses successives des taux aux États-Unis. «Le marché se demande si la Banque centrale américaine a baissé ses taux suffisamment, trop ou pas assez», a fait savoir cette analyse qui a estimé que la Fed diminuera le loyer de l’argent jusqu’à 3,00 % cette année. La plupart des analystes tablent d’ores et déjà sur une nouvelle ouverture de la manne monétaire aux États-Unis, en juin prochain, après la baisse d’un demi point en pourcentage du principal taux directeur de la Fed mardi. De son côté, le yen a regagné du terrain contre le dollar, aidé par le redressement des marchés boursiers au Japon. Cela étant, et compte tenu de l’annonce hier d’une hausse de 0,1 % de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine le mois dernier contre une baisse de 0,2 % en mars et de la nouvelle diminution du nombre des demandeurs d’allocations-chômage aux États-Unis de 8 000 personnes la semaine dernière, le dollar s’est montré mieux entouré que la veille face aux monnaies européennes, se négociant à New York comme suit : – 0,8825 pour un euro contre 0,8835, la veille – 1,4305 pour un sterling contre 1,4295 – 2,2160 DM contre 2,2135 – 7,4330 FF contre 7,4245 – 1,7395 FS contre 1,7350 – 2 194,10 lires contre 2 191,60 – 122,55 yens contre 123,60. Bourse de Beyrouth : sous le signe de la hausse de la Byblos Bank À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été déterminée hier par les actions C de la Byblos Bank qui ont progressé de 1 5/16 à 1 7/16 dollar dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,18 % à 60,13 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires, de 0,29 % à 138,28 points. Pour ce qui est de l’activité du marché, elle a encore ralenti hier avec au total 22 295 actions négociées d’une valeur de 109 288 dollars. Les marchés américains toujours soutenus Sur les places boursières internationales, un certain goût de l’effervescence de la veille a subsisté hier à Wall Street et à la Bourse électronique Nasdaq, mais les gains sont restés relativement modérés. Pour expliquer cette effervescence soudaine, les analystes ont évoqué l’impact différé de la nouvelle baisse des taux d’intérêt décidée mardi par la Fed pour relancer l’économie américaine. Et d’ajouter que de nouveaux chiffres positifs pour cette économie ont conforté cet optimisme ambiant, même s’ils rendent moins probables de nouvelles fortes baisses des taux par la Fed. Ainsi, la Fed de Philadelphie a annoncé dans son enquête de mai que les attentes des industriels pour les six prochains mois continueraient à s’améliorer. Cela d’autant qu’on apprenait du Conference Board que l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine (le leading indicator), qui est censé préfigurer l’orientation de la conjoncture pour les six prochains mois, a augmenté de 0,1 % le mois dernier contre une baisse de 0,2 % en mars. Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé de 8 000 dossiers pour la deuxième semaine consécutive aux États-Unis, revenant à leur plus bas niveau depuis deux mois à 380 000 dossiers. L’optimisme est également venu de l’annonce par l’équipementier télécoms américain Ciena de résultats supérieurs aux attentes, assortis de commentaires favorables du groupe sur la capacité à résister au ralentissement économique en raison de la forte demande pour sa prochaine génération de réseaux optiques. De plus, les fabricants de piles à combustibles décollaient après la présentation par le président George W. Bush de son programme énergétique. Pour développer les énergies nouvelles, le chef de la Maison-Blanche prévoit notamment d’allouer des crédits d’impôts de plus de 10 milliards de dollars sur dix ans pour l’achat des véhicules hybrides (fonctionnant à la fois à l’essence et à l’électricité) et avec des piles à combustibles. Cela étant, les pertes des secteurs de banque et de la grande consommation ont été compensées par les bonnes performances des grands magasins. En effet, l’indice composite Nasdaq a continué de progresser pour frôler le seuil des 2 200 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 11 181,91 points et un plus haut à 11 328,27 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 11 261,49 points, en nouvelle hausse de 45,54 points sur la veille. Les Bourses européennes en hausse derrière Wall Street Les marchés d’actions européens ont terminé en hausse jeudi dans le sillage des marchés américains, les investisseurs tablant sur les conséquences positives des cinq baisses de taux d’intérêt initiées par la Réserve fédérale des États-Unis depuis le début de l’année. À la clôture, alors que la plupart des marchés étaient clos, l’indice FTSE Eurotop 300, paneuropéen, gagnait 0,9 %, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, limité à la zone euro, s’adjugeait 1,2 %. Londres s’est appréciée de 0,4 % ainsi que Francfort, alors que Paris a gagné 1,27 %. Les technologiques ont été particulièrement recherchées, leur indice gagnant 3,9 %, grâce notamment à un bond du numéro un mondial des équipements de télécoms, Nokia. Le groupe finlandais a terminé en hausse de 6,3 % à 37,20 euros, tandis que son concurrent suédois Ericsson s’adjugeait 3,2 % à 64,50 couronnes. À Paris, Alcatel a gagné 0,8 % à 36 euros. En revanche à Londres, Marconi a cédé 2,60 % à 375 pence après avoir annoncé une hausse modeste de son résultat imposable annuel. Les producteurs de métaux de base étaient également bien orientés avec un gain de 3 % de l’indice. Billiton s’est adjugé près de 3,0 %, au plus haut depuis 17 mois, après le feu vert donné par les autorités de la concurrence australienne à son projet de reprise de BHP Ltd. Son concurrent Anglo American s’est adjugé 0,9 %, les investisseurs tablant sur l’approbation par les actionnaires de De Beers vendredi de l’offre de rachat de sa maison-mère. Tokyo : rebondissement de la cote La Bourse de Tokyo a clôturé sur un rebond de 1,6 % jeudi dans le sillage de la forte progression des marchés américains la veille, mais les gains ont été limités par des prises de bénéfices. L’indice de référence Nikkei-225 a repris 216,40 points à 13 910,67, après avoir perdu plus de 350 points, soit 2,6 %, la veille. L’indice élargi Topix a progressé de 1,47 %, soit 19,91 points à 1 376,94, dans un volume de 723 millions de titres échangés, contre 692,8 millions mercredi. «Les technologiques ont été en tête des hausses après le rebond du Nasdaq. Mais le marché a buté sur les 14 000 points», a estimé Kazuyuki Naito, courtier de Sanwa Securities. Le Nasdaq a progressé de 3,9 % à 2 166,44 points et le Dow Jones de 3,2 % à 11 215,92 points. «Nous sommes au plus fort de la saison des résultats. Les investisseurs auront plus de facilité pour acheter ou vendre après cette vague», a-t-il ajouté. Certains attendent aussi les changements dans la composition des indices MSCI (Morgan Stanley Capital International) samedi, qui sont très utilisés par les gérants de fonds, a indiqué le courtier. Le secteur des semi-conducteurs a enregistré un regain d’activité, notait de son côté Kazumasa Fukushima, stratège de Tokyo Securities. «Dans une certaine mesure, le marché a déjà inscrit dans les cours la baisse des commandes des fabricants de matériel électronique et l’on entre dans une phase où ce sont les performances de chaque entreprise que l’on surveille», a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’activité s’est nettement ralentie hier sur le marché des changes de Beyrouth en raison de la contraction de la demande du dollar, dont l’offre devenait de plus en plus rare. Dans ces conditions, la Banque du Liban (BDL) continuait à satisfaire les besoins des opérateurs en cette monnaie dans le cadre de sa fourchette d’intervention, maintenue en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. Le billet vert, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis plus d’un an et demi, devait être négocié entre les établissements de crédit et la BDL au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci, en l’absence d’un marché interbancaire selon les cambistes. Pourtant, le volume des échanges est demeuré très mince pour ne pas dépasser au total quelque cinq millions de...