Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, tant au niveau de la demande du dollar, toujours en retrait, qu’au niveau de l’offre en cette monnaie, de plus en plus rare dans le circuit interbancaire. Cela étant, la Banque du Liban (BDL) est demeurée la principale contrepartie pour satisfaire les besoins des opérateurs dans le cadre de sa politique d’intervention. En se déclarant ainsi prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL simultanément, la BDL est parvenue à le faire clôturer encore une fois au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant que les établissements de crédit le négociaient au haut de cette fourchette, ont indiqué les cambistes. Mais, compte tenu de la contraction de la demande, le volume des échanges ne devait guère dépasser hier quelque sept millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. Nouvel accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, l’euro s’est hissé confortablement au-dessus de la barre de 0,88 dollar sur les marchés des changes internationaux hier, profitant de la nouvelle baisse des taux d’intérêt américains et de rumeurs sur une vente massive d’actions en dollar selon les cambistes. Pourtant, l’évolution de la monnaie unique européenne a été mouvementée en début de journée, fait-on remarquer dans ces mêmes milieux en indiquant que l’euro avait été d’abord soutenu par des mouvements d’achat de banques commerciales allemandes et françaises. D’après eux, le marché avait d’abord cru que ces mouvements étaient liés à des informations selon lesquelles les groupes Deutsche Telekom et France Télécom s’apprêteraient à vendre leurs parts dans l’américain Sprint, comme ils l’avaient annoncé précédemment. Mais, par la suite, ces informations se sont avérées infondées, alors qu’un responsable de France Télécom faisait savoir qu’il n’avait pas encore reçu de feu vert pour conclure cette opération. Par ailleurs, le marché continuait à digérer la baisse des taux d’intérêt américains intervenue la veille, anticipant une nouvelle détente monétaire le mois prochain, après les commentaires relativement alarmants de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur la conjoncture aux États-Unis. Malgré que la consommation et les dépenses de logements se maintenaient raisonnablement bien, un tassement de l’activité a été récemment constaté, a ainsi expliqué la Fed hier dans son communiqué. C’est la cinquième fois en moins de cinq mois que la Banque centrale américaine a réduit d’un demi-point en pourcentage son principal taux directeur le ramenant à 4,00 %. Depuis le début de l’année, la Fed a baissé ses taux de 2,50 points en pourcentage. Dans ce contexte, l’euro s’est montré privilégié sous le rapport de la rentabilité, d’autant qu’on apprenait hier du département américain du Travail que les prix à la consommation auraient progressé de 0,3 % le mois dernier contre 0,1 % en mars, laissant craindre une relance de l’inflation qui compromettrait davantage la rentabilité du dollar. Compte tenu de toutes ces considérations, les opérateurs ont passé outre à la nette reprise des Bourses américaines et ont continué à se débarrasser du dollar contre les monnaies européennes, le faisant négocier à New York comme suit : – 0,8845 pour un euro contre 0,8785, la veille – 1,4305 pour un sterling contre 1,4245 – 2,2110 DM contre 2,2265 – 7,4160 FF contre 7,4670 – 1,7325 FS contre 1,7445 – 2 189,10 lires contre 2 204,05 – 123,43 yens contre 123,45. Bourse de Beyrouth : tendance mitigée À la Bourse de Beyrouth, la tendance était partagée hier au gré de la hausse des actions B de Solidere de 5,00 à 5 1/2 dollars et de celles de l’Uniceramic au porteur de 2 5/32 à 2 3/16 dollars d’un côté, et de la baisse des actions C de la Byblos Bank de 1 3/8 à 1 5/16 dollar d’un autre côté. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,69 % à 60,02 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs abandonnait 0,15 % à 137,87 points. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un volume d’échanges très modéré avec 60 502 actions négociées d’une valeur globale de 292 272 dollars. Flambée des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières sont repartis à la hausse hier en fin de matinée, accroissant leurs gains au fil des cotations. Selon les analystes de marchés, les investisseurs ont été encouragés par l’indice des prix à la consommation en avril qui a montré que l’inflation n’est pas une menace sérieuse, laissant donc le champ libre à la Fed pour poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire. Plus tôt dans la matinée, les intervenants avaient poussé le marché à la baisse au lendemain de la réduction d’un demi-point en pourcentage du principal taux directeur de la Fed, la cinquième depuis le début de l’année. Cette action avait été largement anticipée par les marchés, les opérateurs attendant plutôt une confirmation d’une reprise de l’économie. Dans les salles de marché on imagine déjà deux scénarios possibles dans le paysage économique américain d’ici à quelques mois, quoique tous les deux noirs. Dans le premier, les consommateurs arrêtent de dépenser et plongent l’économie dans une récession. Dans l’autre, ils continuent à dépenser mais la conjoncture reste également au ralenti en raison de la faiblesse des investissements et des dépenses en capital. Mais il n’en demeure pas moins que l’ensemble des secteurs sont finalement repartis à la hausse, notamment les banques, les pharmaceutiques et la grande distribution. Les semi-conducteurs ont fait exception, souffrant d’un abaissement de la note de leurs fabricants par la maison de courtage Goldman Sachs. En effet, l’indice composite Nasdaq a franchi à la hausse le seuil psychologique des 2 150 points, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 814,31 points et un plus haut 11 184,36 points avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 11 177,46 points, en hausse de 304,49 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes Encore en repli mercredi en milieu d’après-midi, avec les TMT, les marchés boursiers européens se sont ensuite repris à la faveur des gains enregistrés à New York après une baisse initiale, et ils ont pu ainsi terminer sur une note étroitement irrégulière. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300, après avoir effacé ses pertes, a affiché une très légère avance de 0,03 %, à 1 443,88, tandis que le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro accusait encore un repli de 0,35 %, à 4 438,55. C’est le compartiment des technologiques qui, avec un repli de 0,9 %, est le plus nettement dans le négatif, certains craignant de recevoir encore de mauvaises nouvelles de sociétés de part et d’autre de l’Atlantique. Le compartiment des médias a cédé encore 0,8 % en fin d’après-midi et celui des technologiques 0,23 %. Bien que les marchés aient effacé tout ou partie de leurs pertes en fin d’après-midi, les investisseurs restent préoccupés par le ralentissement de l’activité économique au lendemain de la décision de la Réserve fédérale sur les taux américains. En annonçant, comme l’on s’y attendait, une baisse de taux d’un demi-point, elle a aussi insisté sur le fait que la faiblesse excessive de l’économie restait actuellement le principal danger aux États-Unis. «Il faudra attendre plusieurs jours, plutôt que quelques heures, pour voir comment le message aura été ressenti sur le marché», a observé Ian McNeil, gestionnaire de fonds chez Morley Fund Management. Parmi les plus fortes baisses dans les rangs des technologiques, le néerlandais Philips a perdu 2,6 % et le français Alcatel 3,9 %. Tokyo : en baisse de 2,6 % La Bourse de Tokyo a clôturé sur une chute de 2,6 % mercredi, les investisseurs prenant leurs distances du marché avant l’annonce d’une série d’importants résultats et ne réagissant guère à la nouvelle baisse des taux américains, qui était attendue. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 359,76 points à 13 694,27. L’indice Topix élargi a reculé de 21,81 points à 1 357,03 points. Le volume des échanges était estimé à 692 millions d’actions contre 705,4 millions la veille. Le nombre de baisses (923) a largement dépassé celui des hausses (388) tandis que 144 titres sont restés inchangés. «Les investisseurs ont adopté une attitude prudente avant les résultats de grandes compagnies japonaises», a expliqué Hiroichi Nishi de Nikko Securities. «Les cours ont reculé alors que nombre d’investisseurs sont restés en marge en raison de l’incertitude sur les résultats à venir», a ajouté Shunsuke Nishino de Daiwa Securities. Le principal constructeur automobile, Toyota, et le numéro un mondial des enveloppes de céramiques pour circuits intégrés, Kyocera, ont affiché leurs résultats 2000/01 après la clôture du marché. Toyota a annoncé un bénéfice et un chiffre d’affaires records, respectivement à 471,3 milliards de yens (4,4 mds EUR, +15,9 %) et 13 424,4 milliards de yens (+4,2 %), mais son action a quand même perdu 1 % à 4 030 yens. Kyocera, qui a multiplié par quatre son bénéfice net à 219,5 mds yens (2 mds EUR) et vu ses ventes passer un an plus tôt que prévu la barre des mille milliards de yens, a chuté de 8,8 % à 10 850 yens. Le marché a également été «déçu par le peu de réaction de Wall Street» à la baisse d’un demi-point des taux d’intérêt américains (à 4 %), a observé M. Nishi. «Le marché avait complètement intégré cette baisse de 50 points de base avant l’annonce, au point que cette information n’influence même plus les décisions d’achat ou de vente», a noté Hideyuki Suzuki de World Nichiei Securities.
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