Vintage, pop art, Op style, Punk Look... La mode a la mémoire tenace et la vision répétitive. Pour ces premiers pas du siècle, elle tourne la tête en arrière et n’offre que des variations sur thèmes archiconnus... L’été 2001 s’inspire des années pop, vintage, Op art et autres reliques. Pour bien s’habiller, il faut fréquenter les archives et exhumer les vieux albums de famille... Rien de plus branché que les vieilles nippes... Paris, Londres, New York, villes-phares de la création d’habits, patrouillent avec fièvre dans les vieilles hordes pour découvrir une inspiration visiblement importante. Résultat, on s’habille de réminiscences... Le «prêt-à-porter» n’est plus que du «déjà-porté». Il paraît qu’au festival de Cannes, Sandrine Bonnaire a fait mourir de jalousie les plus élégantes des stars en arrivant à la séance de clôture dans une robe-manteau qu’avait portée Coco Chanel. Faut-il s’en étonner? Les pantalons de l’été 2001 sont la réplique de ceux de 1970, les T-shirts en coton sont les jumeaux de ceux des «Beautiful People». Les grands magasins parisiens, dont «Au bon marché», installent des stands spécialisés proposant des pièces «vintage» usagées mais rafraîchies et remises à neuf. Il paraît que toute une série de trenchs a été happée en deux jours... Une chaussure basket, vieux modèle d’Adidas des années 70, la superstar récemment rééditée, a éclipsé tous les autres succès récents ou passés de la marque. Nostalgie des années de jeunesse, passéisme exaspéré, esprit d’indépendance face aux diktats intéressés des gourous de la mode? Ou alors serait-il, de la part des jeunes générations, une tentative de s’approprier ces épopées du XXe siècle qu’ils n’ont pas connues? Les analystes se penchent sur ce passéisme sans arriver à trouver «la» réponse. S’agit-il d’un snobisme qui, comme tant d’autres lubies, ne tardera pas à lasser même les plus fanatiques de ses adeptes? Seul le temps le dira. «On n’invente pas, on cherche» Pour le géant Levi’s, le roi du denim, il ne s’agit nullement d’une vogue passagère. Fort de sa propre expérience avec les jeans, commencée en 1853, il s’est mis à piocher dans son propre passé. «On ne réinvente pas, on cherche dans le déjà existant», proclame-t-il. Une équipe d’archivistes et d’historiens, basée à San Francisco, repasse en revue et au peigne fin tous les modèles créés depuis bientôt un siècle et demi pour sélectionner ceux qui vont renaître de leurs cendres. Le premier lauréat est le First Blue Jean, un vêtement vieux de cent vingt-cinq ans: un pantalon sur lequel les jeunes se sont déjà rués comme des fous. À Paris, dans une boutique, «Chez Nim», certains effets rénovés atteignent les 40000 Fr la pièce. En l’espace d’un an, les cinquante boutiques qui avaient l’exclusivité de ces lignes vintage ont vu leurs ventes doubler. Pour l’instant, le maelström rétro épargne le Liban. Mais il suffit que quelques fashion victimes lancent la vogue pour que les branchés se transforment en pionniers de l’Ouest américain ou en Beautiful People des années soixante. D’ici-là réjouissons-nous de pouvoir encore nous habiller «contemporain». Et neuf!
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vintage, pop art, Op style, Punk Look... La mode a la mémoire tenace et la vision répétitive. Pour ces premiers pas du siècle, elle tourne la tête en arrière et n’offre que des variations sur thèmes archiconnus... L’été 2001 s’inspire des années pop, vintage, Op art et autres reliques. Pour bien s’habiller, il faut fréquenter les archives et exhumer les vieux albums de famille... Rien de plus branché que les vieilles nippes... Paris, Londres, New York, villes-phares de la création d’habits, patrouillent avec fièvre dans les vieilles hordes pour découvrir une inspiration visiblement importante. Résultat, on s’habille de réminiscences... Le «prêt-à-porter» n’est plus que du «déjà-porté». Il paraît qu’au festival de Cannes, Sandrine Bonnaire a fait mourir de jalousie les plus élégantes des stars...