L’Administration américaine devra affronter trois défis critiques dans les mois à venir: mieux définir ses positions vis-à-vis de ses alliés européens, de la Chine et des conflits au Proche-Orient, selon le rapport annuel de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) publié aujourd’hui à Londres. Le rapport note en premier lieu que «la persistance du scepticisme américain sur la politique européenne de défense grèverait les relations avec les partenaires de l’Otan/UE. En particulier vis-à-vis de la France, Washington sera gênée si elle veut à la fois remettre en cause une force de réaction rapide européenne opérationnellement forte et réduire le fardeau de l’Otan dans les Balkans», poursuit le rapport. En deuxième lieu, «la politique (de George W. Bush) à l’égard de la Chine reste à formuler» : cette stratégie devra à la fois, selon l’IISS, «contenir la Chine, ménager des relations de travail sino-américaines et satisfaire des alliés comme le Japon, la Corée du Sud et Taïwan». En troisième lieu, «il sera extrêmement difficile à Washington de réénergiser la coalition pour contenir l’Irak sans adopter un rôle plus actif dans le processus de paix arabo-israélien». La promesse du président George W. Bush «de présenter au monde un visage plus “humble” de l’Amérique ne signifie pas que les États-Unis seront plus avenants dans les domaines perçus comme de leur intérêt national», souligne encore le rapport, qui estime que leur «diplomatie sera moins hyperactive» que ne l’était celle de Bill Clinton, notamment dans le conflit israélo-palestinien. Cette étude a été manifestement rédigée avant la crise de l’avion-espion avec la Chine, en avril, et la dénonciation unilatérale du protocole de Kyoto sur le réchauffement planétaire, en mars, qui a ulcéré les Européens. L’IISS estime encore que M. Bush pourrait imposer au Pentagone la réduction d’armements lourds et vulnérables (chars, porte-avions etc.) en mettant davantage l’accent sur l’Asie, le développement de nouveaux missiles et bombardiers, avec plus de sous-marins et de «navires arsenaux» (plates-formes côtières pour missiles). D’après ce rapport, la nouvelle Administration devra aussi surmonter les divergences entre les «pragmatiques», comme le secrétaire d’État Colin Powell, et les «durs», comme le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, lequel «compense le prestige politique de Powell par son expérience et son savoir-faire bureaucratique». Des divergences entre le Pentagone et le département d’État se sont notamment exprimées à propos des accords de désarmement, comme le traité ABM, menacé par le système antimissile (MD) que veut développer le président Bush, note encore l’IISS.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Administration américaine devra affronter trois défis critiques dans les mois à venir: mieux définir ses positions vis-à-vis de ses alliés européens, de la Chine et des conflits au Proche-Orient, selon le rapport annuel de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) publié aujourd’hui à Londres. Le rapport note en premier lieu que «la persistance du scepticisme américain sur la politique européenne de défense grèverait les relations avec les partenaires de l’Otan/UE. En particulier vis-à-vis de la France, Washington sera gênée si elle veut à la fois remettre en cause une force de réaction rapide européenne opérationnellement forte et réduire le fardeau de l’Otan dans les Balkans», poursuit le rapport. En deuxième lieu, «la politique (de George W. Bush) à l’égard de la Chine reste à...