Gérard Houllier, c’est l’alchimiste de Liverpool, capable de préparer tranquillement le dosage subtil du cocktail ayant explosé samedi au visage des joueurs d’Arsenal, en finale de la Cup (2-1), et amoureux fou de l’ancienne capitale du football anglais, où il est revenu en 1998. Une anecdote résume à elle seule la passion d’Houllier pour le football. La semaine dernière, Michael Owen arbore fièrement, sur le terrain d’entraînement de Melwood, de nouvelles chaussures envoyées spécialement, pour la finale de la Cup. «Tu ne peux pas mettre ces chaussures-là pour la finale, tu dois garder celles qui t’ont permis de marquer tous tes buts», lui dit Houllier. «Mais je me sens très bien dedans, mieux que dans les vieilles», lui répond Owen. «Au début, je pensais qu’il plaisantait, mais comme j’ai vu qu’il insistait, j’ai décidé de garder les vieilles. On a gagné la Coupe, c’est donc qu’il avait raison. Après le match, la première chose qu’il m’a dit c’est : je te l’avais bien dit, ces chaussures te portent bonheur», a raconté Owen dimanche sur le site Internet du club (www.liverpoolfc.tv). Houllier est peut-être superstitieux, mais il a surtout le souci du détail, et ne laisse rien au hasard pour réussir l’amalgame entre joueurs anglais et étrangers, connus et inconnus, jeunes et moins jeunes. Et quand l’un d’eux se plaint d’être trop souvent remplaçant, comme l’Allemand Christian Ziege, il sait être ferme, et lui demande de se taire. Les Reds comme les Bleus Le sujet le plus sensible, le plus crucial pour l’équilibre et l’efficacité du groupe, c’est la rotation des trois attaquants, tous internationaux anglais : Owen l’indispensable buteur-miracle, Robbie Fowler, le vice-capitaine adoré par le kop d’Anfield, et Emile Heskey, devenu cette saison, dans son rôle de pivot, l’élément central du dispositif d’attaque des Reds. Pour montrer à tout le monde que sa gestion est rationnelle, Houllier sort les chiffres : Heskey, 54 matches et 22 buts ; Owen, 44 matches et 23 buts ; Fowler, 46 matches et 14 buts. Total : 59 buts à eux trois, soit exactement la moitié des 118 buts marqués par Liverpool en 61 matches, série en cours. Et s’il faut réconforter Fowler quand toute la presse le donne partant, Houllier assure que Robbie aura encore un rôle crucial cette semaine, contre Alavés en finale de la Coupe de l’UEFA, ou devant Charlton dans le dernier match de championnat. «Tout le monde a joué un rôle dans ce que nous avons déjà réussi. Les attaquants sont très importants, il faut qu’ils soient frais. On n’aurait pas pu faire une telle saison avec seulement 11 joueurs», répète l’ancien directeur technique national du football français, jusqu’au Mondial 98. «On n’est jamais sûrs de gagner quand on est tous ensemble, mais on n’a aucune chance si l’on ne pense qu’à soi», insiste l’ancien professeur d’anglais. Chez les Reds de Liverpool, c’est comme chez les Bleus de France : l’intérêt de l’équipe passe avant tout le reste.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Gérard Houllier, c’est l’alchimiste de Liverpool, capable de préparer tranquillement le dosage subtil du cocktail ayant explosé samedi au visage des joueurs d’Arsenal, en finale de la Cup (2-1), et amoureux fou de l’ancienne capitale du football anglais, où il est revenu en 1998. Une anecdote résume à elle seule la passion d’Houllier pour le football. La semaine dernière, Michael Owen arbore fièrement, sur le terrain d’entraînement de Melwood, de nouvelles chaussures envoyées spécialement, pour la finale de la Cup. «Tu ne peux pas mettre ces chaussures-là pour la finale, tu dois garder celles qui t’ont permis de marquer tous tes buts», lui dit Houllier. «Mais je me sens très bien dedans, mieux que dans les vieilles», lui répond Owen. «Au début, je pensais qu’il plaisantait, mais comme j’ai vu qu’il...