La grande vadrouille, entamée il y a 82 ans par Gérard Oury, passe par la Croisette où «L’as des as» du box-office français a reçu lundi le Trophée du Festival, en présence de sa compagne depuis quarante ans, Michèle Morgan, et de sa fille et héritière cinématographique Danièle Thompson. Pour le réalisateur de quelques-uns des plus grands succès populaires du cinéma français, La Grande vadrouille, La Folie des grandeurs et Les Aventures de rabbi Jacob, projeté en sa présence à Cannes, c’est la consécration, après son entrée en février à l’académie des Beaux-Arts. C’est aussi une reconnaissance qui lui manquait. «En France, le pays de Feydeau, de Courteline et du dieu Molière, dans ce pays qui adore rire, il y a tout un courant, dont Molière se gaussait déjà à l’époque des “Précieuses Ridicules”, qui méprise un peu la comédie», dit-il dans une interview à l’AFP. Et ce roi de la comédie, qui a fait rire en France plus de 50 millions de spectateurs et plus de 200 millions de téléspectateurs, publie en même temps Ma grande vadrouille (Plon). Douze ans après ses Mémoires d’éléphant, Gérard Oury égrène souvenirs, réflexions et anecdotes dans cet abécédaire qui va de «A» comme avarice à «W» comme «Marie Waleska». « Merle moqueur » Il y rend un hommage ému à l’un de ses acteurs fétiches, Bourvil, mort «criblé de dettes» parce qu’il avançait de l’argent «à des gens qu’il connaissait à peine mais qu’il savait en difficulté». Il évoque avec le sourire Coluche chez qui on trouvait du «shit à volonté». «Michèle Morgan, mon innocente beauté, tellement loin de ces plaisirs interdits, humant avec délice l’odeur de l’herbe qui emplissait les lieux, s’exclama : “Que ça sent bon l’eucalyptus”». À «M» comme «Moi», Gérard Oury évoque la cécité qui frappe son œil droit, «un écran noir», et l’œil gauche guère plus vaillant. «Certains se droguent, d’autres sombrent dans l’alcool, moi je sombre dans le sommeil. Volontairement». «Dieu merci, il y a mes femmes. Leurs voix me regonflent (...) me donnent le courage de prendre la plume pour écrire cette confession, imaginer le film que je ne ferai pas et revivre par la pensée ce que fut la grande vadrouille de ma vie». Encore à «M», comme «Mort», le cinéaste évoque sa «trouille épouvantable» de la réincarnation. Il ne se voit «ni en girafe, ni en crocodile, ni en zèbre. Le mieux serait évidemment d’être un merle moqueur, ce qui me semble plus dans ma nature».
La grande vadrouille, entamée il y a 82 ans par Gérard Oury, passe par la Croisette où «L’as des as» du box-office français a reçu lundi le Trophée du Festival, en présence de sa compagne depuis quarante ans, Michèle Morgan, et de sa fille et héritière cinématographique Danièle Thompson. Pour le réalisateur de quelques-uns des plus grands succès populaires du cinéma français, La Grande vadrouille, La Folie des grandeurs et Les Aventures de rabbi Jacob, projeté en sa présence à Cannes, c’est la consécration, après son entrée en février à l’académie des Beaux-Arts. C’est aussi une reconnaissance qui lui manquait. «En France, le pays de Feydeau, de Courteline et du dieu Molière, dans ce pays qui adore rire, il y a tout un courant, dont Molière se gaussait déjà à l’époque des “Précieuses...
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