Sept fiancées, un yacht avec lequel il fait un tour d’Europe, bon pied, bon œil à 75 ans, Hugh Hefner, le fondateur de Playboy, l’homme qui prend le plaisir au sérieux, n’a aucune raison de s’en faire, ce dont témoigne à l’envi le sourire qu’il arbore au lendemain de sa deuxième «montée des marches» à Cannes. C’est la troisième fois de sa vie que l’enfant de Chicago – où il est né le 19 avril 1926 – fait halte sur la Croisette. «J’y suis venu la première fois en 1959 parce que je voulais absolument rencontrer Brigitte Bardot», déclare le septuagénaire dans un entretien avec l’AFP. «BB a fait faux bond, je me suis consolé en consacrant un numéro de Playboy aux sosies de l’actrice, dénudées bien sûr». Contrairement à la légende, Hugh Hefner ne reçoit pas dans ses fameux pyjamas de soie, mais comme n’importe quel plaisancier moyen, en pantalon blanc, chaussures-bateau aux pieds, chemise façon hawaiienne. À la différence que sur celle-ci, les paysages idylliques ont laissé la place à la reproduction d’une myriade de couvertures miniatures de Playboy. Car même s’il a passé la main au milieu des années 80 à sa fille Christie, 49 ans, pour la gestion quotidienne de son empire du plaisir, Hugh continue à vivre, dormir et respirer Playboy. L’homme confesse n’avoir nulle angoisse face au temps qui passe : «D’abord, je fais plus jeune que je ne suis et puis je fais toujours ce que j’aime». Un régime particulier ? «Rien de tout cela, je vais danser deux fois par semaine et la dernière fois deux de mes fiancées ont laissé tomber parce qu’elles étaient trop fatiguées, les pauvres». Une légère fixité dans le menton trahit néanmoins un vraisemblable recours à un soupçon de chirurgie maxillo-faciale. Le cas Larry Flynt Sept «fiancées», mais pas polygame pour autant : «Monogame avec chacune», nuance-t-il. La mention du nom de Larry Flynt, un de ces entrepreneurs de l’industrie du porno (l’empereur du X sera le parrain des Hot d’Or dans quelques jours), qui ont donné un coup de vieux à Playboy, ne saurait troubler la sérénité de Hefner. «Flynt n’a jamais rien fait d’intéressant de sa vie, à l’exception du film qui lui est consacré ; le problème, c’est qu’il est signé Milos Forman, ce qui n’est pas tout à fait la même catégorie». En ce qui concerne l’ingrédient de base de sa réussite, le sexe, Hefner ne fait pas partie de ceux qui, au soir de leur vie, sont tentés de renier ce qui a été leur raison de vivre en échange d’une hypothétique place au paradis : «Le sexe est la raison pour laquelle nous sommes sur terre, c’est le premier lien entre les individus, il n’y a rien de plus naturel». Et il se garde de la même façon d’entrer dans le débat entre érotisme et pornographie : «On est toujours le pornographe de l’autre», estime celui que ne révoltent que «l’hypocrisie et la violence». Le film préféré de Hefner est Casablanca. Ses goûts en matière de septième art le portent vers «les comédies musicales et les vieux films d’horreur».
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