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Actualités - Chronologies

« Holbrooke n’aurait pas permis - une défaite comme celle-là »

Les États-Unis doivent leur exclusion de la Commission des droits de l’homme et du Bureau de contrôle du trafic de drogue aux Nations unies à une piètre campagne précédant le vote et à une diplomatie qui s’est mise à dos nombre de pays, estiment des diplomates. Le candidat américain à la Commission des droits de l’homme est arrivé en quatrième position pour trois sièges à pourvoir au sein du groupe occidental, faisant perdre aux États-Unis un siège qu’ils détenaient depuis la création de la commission en 1947. «Le fait que le nom du nouvel ambassadeur américain (John Negroponte) aux Nations unies n’ait pas encore été soumis au Congrès (pour confirmation) donne l’impression qu’ils (les États-Unis) n’y attachent pas grande importance», relève David Malone, président de l’Académie internationale pour la paix. «Personne n’imagine que Richard Holbrooke (le dernier ambassadeur américain à l’Onu qui a démissionné le 20 janvier au moment du départ de Bill Clinton de la Maison-Blanche) aurait permis une défaite comme celle-là», estime cet ancien numéro deux de la représentation canadienne à l’Onu. Selon M. Malone, plusieurs facteurs ont contribué à la défaite américaine. L’usage par les Américains de leur droit de veto le 28 mars pour bloquer une résolution sur les territoires palestiniens leur «a mis à dos nombre de pays». La résolution était soutenue par les pays non-alignés, qui comptent pour plus de la moitié des 54 sièges du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), qui élisent les membres de ces deux commissions. «La manière dont ils se sont retirés du protocole de Kyoto» sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre «plus que leurs idées sur le fond ont profondément offensé plusieurs gouvernements européens», a poursuivi M. Malone. Le 28 mars, M. Bush a dit qu’il ne demanderait pas au Congrès de ratifier le protocole «parce qu’il ne va pas dans le sens du meilleur intérêt économique des États-Unis. Les Américains ne peuvent prendre à la légère les opinions d’autres pays et ne pas s’attendre à en subir les conséquences», selon l’ancien diplomate canadien. En mars, un rapport du département d’État au Congrès relevait déjà des «divergences croissantes» entre les votes à l’Onu des États-Unis et des pays membres de l’Union européenne (UE). Le refus des États-Unis de ratifier la Convention des droits de l’enfant, leur position sur le conflit israélo-palestinien et leur usage de la peine de mort sont choquants pour beaucoup en Europe, selon une diplomate représentant un pays de l’Union, précisant que ses 15 membres «ne votent pas en bloc». Selon elle, le fait que les États-Unis aient perdu 14 votes sur les 43 qui leur avaient été promis par écrit révèle «non pas que les gens ont été plus perfides que d’habitude, mais que les États-Unis se sont montrés autosatisfaits. Vous négociez les accords à Genève, vous les confirmez à New York ; vous allez à des cocktails et à des dîners, et faites du lobbying jusqu’à la dernière minute» et aucun ambassadeur ne se repose sur des promesses vieilles de 15 jours, mêmes écrites, selon elle. Lors du vote du budget de l’Onu juste avant Noël, des journalistes avaient vu M. Holbrooke discuter dans les couloirs du siège des Nations unies à New York jusqu’au petit matin. Si le président américain George W. Bush s’est déclaré «déçu» par l’issue des deux votes, son porte-parole Ari Fleischer a relativisé leur importance. «Les États-Unis pourront toujours réussir. Mais la question se pose pour les Nations unies. Ce n’est pas très efficace pour ces entités d’exclure les États-Unis», a-t-il jugé.
Les États-Unis doivent leur exclusion de la Commission des droits de l’homme et du Bureau de contrôle du trafic de drogue aux Nations unies à une piètre campagne précédant le vote et à une diplomatie qui s’est mise à dos nombre de pays, estiment des diplomates. Le candidat américain à la Commission des droits de l’homme est arrivé en quatrième position pour trois sièges à pourvoir au sein du groupe occidental, faisant perdre aux États-Unis un siège qu’ils détenaient depuis la création de la commission en 1947. «Le fait que le nom du nouvel ambassadeur américain (John Negroponte) aux Nations unies n’ait pas encore été soumis au Congrès (pour confirmation) donne l’impression qu’ils (les États-Unis) n’y attachent pas grande importance», relève David Malone, président de l’Académie internationale...