C’est le calme plat qui a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth dont l’activité a nettement diminué de volume suite à la contraction de la demande du dollar. Cela étant et en raison aussi de l’absence d’offre en cette monnaie dans les circuits interbancaires, l’action de la Banque du Liban (BDL) continuait à déterminer la tendance du marché. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais compte tenu du faible potentiel de la demande, le volume des échanges ne devait pas dépasser quelque sept millions de dollars hier, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. L’euro toujours faible en attendant la décision de la BCE sur les taux À l’étranger, l’euro est resté affaibli face au billet vert sur les marchés des changes internationaux, fragilisé par la baisse plus importante que prévu de la production industrielle en Allemagne au mois de mars, augmentant la probabilité de baisse des taux d’intérêt aujourd’hui par la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de la réunion de son conseil de gouverneurs. Les chiffres allemands ont été très décevants comparés aux attentes du marché qui n’anticipait pas d’ailleurs des chiffres très positifs mais pas à de telles statistiques non plus, fait-on remarquer dans les milieux financiers. La production industrielle en Allemagne a enregistré une baisse de 3,7 % en mars contre une hausse de 0,6 % en février, en données corrigées des variations saisonnières (CVS), en raison du ralentissement de la conjoncture, selon des chiffres provisoires publiés hier par le ministère allemand des Finances. Cette baisse, due essentiellement au secteur du bâtiment, est largement supérieure aux attentes des analystes qui tablaient sur un recul de 1,1 % en moyenne. Auparavant, les chiffres sur la baisse des commandes avaient déjà signalé le refroidissement de la demande adressée à l’industrie allemande, confirmant également l’impact du ralentissement mondial sur l’économie de la zone euro. Toutefois, les opérateurs craignent que ces statistiques modifient la position de la BCE en l’incitant à abaisser ses taux lors de la réunion bimensuelle aujourd’hui de son conseil de gouverneurs. «Nous avons déjà eu des chiffres faibles sur les commandes de l’industrie manufacturière en Allemagne lundi. Maintenant, les données sur la production sont aussi mauvais, ce qui risque d’influencer la BCE auparavant concentrée sur l’inflation», a fait savoir une analyse de l’agence financière IdealGlobal.com. De plus, les opérateurs tablent aussi sur une baisse des taux de la Banque d’Angleterre, à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire qui s’achève également aujourd’hui. À cet égard, les marchés parient sur une baisse d’un quart de point en pourcentage du principal taux directeur britannique de 5,50 % à 5,25 %, au regard de l’affaiblissement des indicateurs économiques au Royaume-Uni. Cela d’autant que lors de leur précédente réunion, le 4 avril dernier, les membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre avaient laissé entendre qu’il aurait de nouvelles baisses des taux britanniques. En outre, le dollar a trouvé appui également dans l’affaiblissement du yen après l’annonce hier d’une forte chute de l’indicateur avancé de la conjoncture de 42,9 points en février à 25 points en mars, qui est censé préfigurer l’évolution de l’activité économique au Japon sur les trois à six prochains mois. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar est parvenu à se soustraire aux influences néfastes en provenance de la baisse des valeurs boursières américaines, se négociant à New York sur un ton résistant comme suit : – 0,8852 pour un euro contre 0,8850, la veille – 1,4217 pour un sterling contre 1,4255 – 2,2095 DM contre 2,2100 – 7,4105 FF contre 7,4120 – 1,7420 FS contre 1,7425 – 2 187,40 lires contre 2 187,85 – 122,20 yens contre 121,25. Bourse de Beyrouth : toujours le statu quo À la Bourse de Beyrouth, c’est toujours le statu quo où toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions hier devaient reproduire leurs derniers cours du début de la semaine, comme la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 58,96 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 138,07 points. Ce mouvement s’est produit toutefois dans un volume d’échanges minces avec seulement 59 985 actions négociées d’une valeur globale de 124 724 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont continué de présenter des signes de faiblesse malgré quelques tentatives de reprise leur permettant de réduire leurs pertes initiales par endroits. À cela aurait contribué l’annonce la veille, après la clôture, de mauvais résultats trimestriels de la star de la nouvelle économie Cisco Systems qui a, de plus, averti que son chiffre d’affaires devrait continuer de stagner jusqu’à 10 % au quatrième trimestre de son exercice fiscal, invoquant une «visibilité plus réduite que jamais». Ces perspectives décourageantes du numéro un mondial des équipements de réseaux inquiétaient aussi bien les investisseurs que les analystes financiers qui ont reproché au PDG de Cisco John Chambers de n’avoir pas su détecter à temps le ralentissement économique des États-Unis. De plus, les opérateurs ont été déçus aussi par les résultats d’autres sociétés, dont 3Com, ainsi que par la contre-offre de Grummann sur l’offre de General Dynamics sur Newport News Shipbuilding. Cela étant, et compte tenu aussi de l’irrégularité des pharmaceutiques et des pétrolières, l’indice composite Nasdaq, affecté par l’accès de faiblesse des technologiques, est revenu à moins de 2 165 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de Wall Street fluctuait entre un plus haut à 10 914,01 points et un plus bas à 10 800,94 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 857,19 points, en légère baisse de 26,32 points sur la veille, et ce dans un marché très volatil. Baisse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens restent orientés à la baisse mercredi en fin d’après-midi sous le coup des dégagements opérés sur les technologiques, les médias et les télécoms, au lendemain des prévisions peu encourageantes avancées par le numéro un mondial des équipements de réseaux Internet, Cisco. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a cédé 0,46 %, à 1 433,25 points, tandis que le DJ Stoxx 50 des seules valeurs vedettes de la zone euro a marqué un repli de 0,52 %, à 4 418,96. La plupart des Bourses européennes ont terminé toutefois au-dessus de leurs plus bas du jour, le Nasdaq étant parvenu lui-même à réduire ses pertes initiales malgré le recul de quelque 5 % de Cisco. Londres a fait exception à la tendance générale des grandes Bourses européennes, le FTSE 100 affichant en clôture un léger gain de 0,12 %, conséquence des hausses de quelque trois pour cent enregistrées par trois des grosses valeurs de l’indice, BP, Shell et Royal Bank of Scotland. C’est le compartiment des technologiques qui a accusé le recul le plus sensible, de 2,4 %, suivi par les médias, en baisse de 1,3 %, et les télécoms, qui sont parvenues à ramener leurs pertes à 0,6 %, grâce notamment au gain de 1,02 % enregistré par le géant britannique Vodafone. Deutsche Telekom a accusé en fin d’après-midi un recul d’un pour cent, en réaction à l’annonce par Dresdner Kleinwort Wasserstein du placement de 10 millions d’actions de l’opérateur au prix unitaire de 26 euros pour le compte de clients. Ces titres, qui représentent 0,33 % du capital en circulation de DT, se sont arrachés en quelques minutes. Tokyo : rechute de la cote La Bourse de Tokyo s’est repliée pour la seconde séance consécutive mercredi, l’optimisme suscité par les projets de réforme du Premier ministre Junichiro Koizumi laissant place à la prudence. L’indice Nikkei 225 a perdu 204,20 points, soit 1,43 %, à 14 084,85, et le TOPIX, 18,43 points, soit 1,31 %, à 1 392,33. Les investisseurs ne voient rien de nouveau dans les propos de Koizumi qui a réaffirmé devant le Parlement qu’il engagera des réformes. Le marché a continué de craindre que la création proposée d’un fonds de rachat d’actions n’intervienne plus tard que prévu. «Sur le fond, Mr Koizumi s’est répété aujourd’hui et il n’y a guère de surprises», a commenté Koji Hayakawa, de Ichiyoshi Securities. «Il n’est que naturel que les valeurs de “l’ancien Japon” subissent des ventes après avoir été recherchées dans l’espoir que le fonds de rachat d’actions atténuera les effets négatifs de la liquidation des participations des banques», a-t-il estimé. La tendance a également été affectée par la forte baisse du contrat juin du Nasdaq sur Globex, à la suite de la publication, après la clôture, des résultats de l’équipementier Internet Cisco Systems Inc. Parmi les valeurs industrielles traditionnelles, le sidérurgiste Kobe Steel Ltd a cédé 2,40 %. Le fabricant de puces informatiques et d’ordinateurs NEC Corp a abandonné 3,80 % et celui de microprocesseurs de spécialités Rohm Co Ltd, 2,40 %.
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