Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Revue hebdomadaire des marchés - Beyrouth : une autre semaine d’expectative

La semaine qui vient de s’achever hier sur le marché des changes de Beyrouth a été marquée, comme celle qui l’avait précédée, par une prudente expectative en attendant la concrétisation des résultats de la récente tournée du chef du gouvernement Rafic Hariri dans les centres de décision internationaux. Cette tournée, ayant pour but d’assurer des aides au Liban afin de remédier au problème de sa dette publique, n’a débouché jusqu’à présent que sur un engagement vague de Washington, d’Ottawa et de Paris à soutenir les efforts en vue de consolider l’entreprise du gouvernement sur le plan de redressement économique dans le cadre d’une deuxième réunion des «partenaires du Liban» avant ou après les vacances d’été. Dans ce contexte et compte tenu aussi des conjectures ayant entouré la décision du patriarche maronite de ne pas se rendre à Damas à l’occasion de la visite du pape Jean-Paul II en Syrie, les opérateurs ont estimé encore une fois devoir rester sur la défensive, s’abstenant à prendre la moindre initiative en faveur des placements en livre libanaise. Plusieurs d’entre eux ont continué à privilégier toujours le dollar par précaution malgré les assurances réitérées des autorités financières et monétaires au sujet de leur attachement à la politique de stabilité des taux de change. Il en a donc résulté un surcroît d’offres de livres libanaises en provenance de l’échéance hebdomadaire de certaines émissions en bons du Trésor accompagné d’un regain d’intérêt pour le billet vert dont la rareté sur le marché interbancaire a fait de la Banque du Liban (BDL) la principale contrepartie à la vente pour satisfaire les besoins de la demande en cette monnaie. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue encore une fois à maintenir le dollar pendant toute cette période au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, eu égard à la pénurie d’offres en cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à s’approvisionner en dollar auprès de la BDL et au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Il s’est donc négocié toute la semaine dans une marge très étroite entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL auquel la BDL le vendait à chaque fois que la demande l’emporte sur le potentiel de l’offre privée, d’ailleurs excessivement limitée, selon ces mêmes milieux. Et d’ajouter que le volume des échanges aurait dépassé au terme de cette semaine, écourtée d’une journée ouvrable en raison de la fête du Travail, soixante millions de dollars en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Une semaine placée sous le signe de la conjoncture américaine sur les marchés des changes À l’étranger, la semaine a été riche en données économiques qui ont suscité des interrogations, puis des inquiétudes au sujet de la conjoncture américaine, en pesant sur le billet vert au profit de l’euro qui a été dopé par la détérioration du marché de l’emploi aux États-Unis. Pourtant, l’euro avait démarré la semaine sur un mauvais pied, fragilisé par la hausse inattendue de la masse monétaire européenne, témoignant de l’ampleur des pressions inflationnistes qui est de nature à réduire la rentabilité réelle de la monnaie unique. N’ayant par ailleurs guère obtenu de soutien lors de la réunion du Groupe des sept (pays occidentaux les plus industrialisés) au cours du week-end, l’euro s’était replié sous le seuil de 0,89 dollar. Cependant, le vent a tourné en milieu de semaine, avec la publication d’une série d’indices économiques soulignant une dégradation de la conjoncture américaine. L’inquiétude du marché a été déclenchée par la publication d’un indicateur des directeurs d’achats aux États-Unis moins élevé qu’attendu, soit à 43,2 points en avril contre 43,1 points en mars, suivi par la hausse du nombre des demandes d’allocation chômage de 9 000 personnes à 421 000 personnes la semaine dernière. Hier, la pression est montée d’un cran avec l’annonce d’une hausse du chômage américain au mois d’avril, la plus forte depuis février 1991. De quoi inquiéter le marché, mais également la Maison-Blanche, qui a prévenu que les pronostics de croissance économique américaine au premier trimestre, estimés à 2 %, pourraient être revus en baisse. De fait, après l’annonce hier par le département du Travail d’une forte remontée du taux de chômage de 4,3 % en mars à 4,5 % en avril et surtout la perte de 223 000 emplois nets, le président George W. Bush reste inquiet de la situation économique, a expliqué Ari Fleischer, porte-parole de la Maison-Blanche. L’euro a profité de cette situation, sans toutefois réussir à repasser le seuil psychologique de 0,90 dollar. Cela est dû au fait que les investisseurs s’interrogent toujours sur la vigueur de l’économie européenne après la diminution de l’indice d’activité du secteur manufacturier de la zone euro et la baisse de l’indicateur des directeurs d’achats ainsi que de l’indice du climat d’affaires dans cette zone, qui soulignent une contraction de l’économie européenne. Bien que les analystes financiers estiment que tout ce qui est mauvais pour les États-Unis le sera également pour la zone euro, les craintes d’une baisse probable des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed), lors de la réunion se son comité de politique monétaire le 15 mai, devaient peser sur le dollar, d’autant qu’on exclut toujours un geste pareil de la part de la Banque centrale européenne (BCE). Ce sentiment a été renforcé hier par une déclaration faite par le président de la Bundesbank, Ernst Welteke, qui a indiqué que la BCE continuait à observer une politique de «wait and see» sur les taux. Cela étant, et dans l’attente d’autres indicateurs sur l’économie américaine devant être publiés la semaine prochaine, notamment les chiffres sur les ventes de détail et les prix à la production pour le mois d’avril aux États-Unis, le dollar s’est montré hier moins unanime à la baisse comme à la hausse, sauf face au yen, se négociant à New York comme suit : – 0,8945 pour un euro contre 0,8915 à la fin de la semaine dernière – 1,4385 pour un sterling contre 1,4345 – 2,1865 DM contre 2,1940 – 7,3335 FF contre 7,3580 – 1,7275 FS contre 1,7260 – 2 164,65 lires contre 2 171,95 – 121,30 yens contre 124,05. Les perspectives de baisse des taux américains ont dopé les Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés des valeurs mobilières étaient partagés cette semaine des deux côtés de l’Atlantique, après la forte aggravation du chômage en avril aux États-Unis ainsi que d’autres indicateurs de conjonctures américains et européens, pavant la voie à de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Fed alors que la BCE reste toujours préoccupée par la poussée inflationniste dans la zone euro. Submergées par une batterie d’indices économiques et de résultats de sociétés, les Bourses américaines et européennes ont fini la semaine en demi-teinte, l’humeur des investisseurs restant au pessimisme. Bien que Wall Street et la Bourse électronique Nasdaq aient connu une semaine relativement bonne, il n’en demeure pas moins qu’il y a une certaine conviction que la reprise de l’économie américaine prendra plus de temps que l’on croyait. Selon les analystes, l’économie est faible mais elle ne se contracte pas. Et d’ajouter que de nombreuses données conjoncturelles ne cessent de réveiller l’enthousiasme des milieux d’affaires que les chiffres du chômage américain ont relancé les espoirs de nouvelles baisses des taux d’intérêt par la Fed pour soutenir la croissance de l’économie. Cela étant, il semble que les marchés aient réussi à relativiser les perspectives peu enthousiastes en provenance aussi bien de l’économie que des résultats de certaines sociétés, comme en témoigne la résistance des prix des actions à l’annonce de mauvais indicateurs économiques, de résultats décevants ou de prévisions pessimistes. En fait, les marchés sont en train de dire aux investisseurs que plus c’est mauvais aujourd’hui, plus on aura une réaction de la politique monétaire et fiscale pour stimuler l’économie américaine demain. À cet égard, toute nouvelle baisse des taux de la Fed est censée réduire le coût du crédit et relancer la consommation des ménages ainsi que les investissements des entreprises financés par des emprunts à un moment où le président George W. Bush s’apprête à engager une réduction des impôts de 1 350 milliards de dollars sur onze ans, avec laquelle il espère donner un coup de pouce à la croissance en stimulant aussi les dépenses des ménages. C’est dans cette perspective que l’indice composite Nasdaq est parvenu à prendre plus de 5,45 % en affichant hier en mi-séance 2189 points environ contre 2 075,70 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a progressé de 1,20 % à 10 940,72 points en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, contre 10 810,05 points pendant la même période. Pour ce qui est des Bourses européennes, elles ont dû consolider leurs gains cette semaine dans des marchés atones qui n’arrivaient pas à résister aux influences baissières, en dépit des résultats, globalement bons, de plusieurs sociétés du Vieux continent au premier trimestre. Elles ont été emportées par les mauvais chiffres du chômage américain d’un côté et par les pressions inflationnistes dans la zone euro écartant toute perspective d’assouplissement de la politique monétaire de la BCE, de l’autre. C’est ainsi que l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort a dû abandonner 0,60 % à 6 138,28 points à la fin de cette semaine contre 6 175,24 points à la fin de la semaine dernière. Il en est de même de l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a perdu 2,16 % à 5 455,55 points contre 5 575,97 points et de l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui a cédé 1,36 % à 5 870,30 points contre 5 951,40 points pendant la même période. Pour ce qui est de la Bourse de Tokyo, elle a continué de placer tous ses espoirs sur le nouveau Premier ministre Junichiro Koizumi. En attendant donc le discours d’intention que M. Koisumi prononcera après-demain au terme d’une semaine de deux jours ouvrables à l’occasion de la «Golden Week» au Japon, l’indice Nikkei a terminé mercredi dernier en hausse de 3,50 % à 14 421,64 points contre 13 934,32 points à la fin de la semaine dernière.
La semaine qui vient de s’achever hier sur le marché des changes de Beyrouth a été marquée, comme celle qui l’avait précédée, par une prudente expectative en attendant la concrétisation des résultats de la récente tournée du chef du gouvernement Rafic Hariri dans les centres de décision internationaux. Cette tournée, ayant pour but d’assurer des aides au Liban afin de remédier au problème de sa dette publique, n’a débouché jusqu’à présent que sur un engagement vague de Washington, d’Ottawa et de Paris à soutenir les efforts en vue de consolider l’entreprise du gouvernement sur le plan de redressement économique dans le cadre d’une deuxième réunion des «partenaires du Liban» avant ou après les vacances d’été. Dans ce contexte et compte tenu aussi des conjectures ayant entouré la décision du...