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Actualités - Chronologies

Otan : des alliés sceptiques, mais impuissants

Malgré leur scepticisme, les alliés des États-Unis à l’Otan n’ont guère de moyens de pression sur Washington pour l’empêcher de mener à bien son projet de bouclier antimissiles. Dès son arrivée au pouvoir, la nouvelle Administration américaine n’avait guère laissé d’alternative aux Européens : il ne s’agit pas de savoir «si» le projet sera poursuivi mais «quand et comment», leur avait dit en février le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. Mardi, le président Bush a été moins brutal en s’engageant à ne pas présenter aux alliés «des décisions unilatérales qui auraient déjà été prises», mais sa détermination à poursuivre le projet reste la même. Impuissants, les pays européens n’ont pu que se féliciter des consultations promises par Washington mais ils se sont gardé d’apporter un soutien à un projet qui reste pour l’instant assez vague. George W. Bush a dit qu’il ne savait pas quelle serait la forme définitive de son système de défense antimissiles et n’a pas avancé de calendrier précis. En mars, le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer avait eu une phrase cruelle pour les Européens : «Même si nous étions contre, si tous les autres pays étaient contre, les États-Unis pourraient en décider ainsi, en vertu de leur force et de leur potentiel». Sceptiques sur la réalité de la menace que représentent la Corée du Nord, l’Irak et l’Iran selon Washington, la plupart des Européens craignent que le projet américain ne relance la course aux armements, ne remette en cause l’équilibre stratégique, les relations avec la Russie et à plus long terme le concept de dissuasion. Mais plusieurs pays, en particulier la Grande-Bretagne et l’Allemagne, craignent aussi que leur opposition ne soit vaine et voudraient éviter d’être laissés sur le bord du chemin. Pour les convaincre, les États-Unis ont proposé que le bouclier ne soit pas limité au territoire américain, mais protège également leurs alliés et que ceux-ci participent à sa création. L’Allemagne, qui avait d’abord affiché ouvertement son hostilité au bouclier antimissiles du temps de la présidence Clinton, a sérieusement modéré son propos. Il y a quelques semaines, le chancelier Gerhard Schröder avait ainsi estimé que le bouclier, dont le coût est estimé à 60 milliards de dollars au minimum, pouvait présenter un intérêt économique pour l’Allemagne. Les investissements de recherche générés par le projet pourraient creuser encore plus l’écart technologique entre les États-Unis et l’Europe, si cette dernière refuse de coopérer. La France reste la plus opposée parmi les alliés européens, mais elle s’est faite plus discrète sur un projet qui pourrait remettre en cause la dissuasion nucléaire française. Elle attend «le détail» des propositions américaines avant de se prononcer plus précisément. La volonté du président Bush de remplacer le traité ABM destiné à limiter la prolifération des missiles et signé en 1972 avec l’ex-Union soviétique est ce qui inquiète le plus aujourd’hui les alliés de Washington. M. Bush n’a cependant pas proposé son abrogation immédiate et a offert une «coopération» avec Moscou. En attendant, beaucoup soulignent, comme pour se rassurer, que la technologie n’est pas encore prête – trois essais ont déjà eu lieu, mais seul le premier a réussi – et que d’autres projets du même genre n’ont pas abouti, comme celui de la «guerre des étoiles» de Ronald Reagan dans les années 1980.
Malgré leur scepticisme, les alliés des États-Unis à l’Otan n’ont guère de moyens de pression sur Washington pour l’empêcher de mener à bien son projet de bouclier antimissiles. Dès son arrivée au pouvoir, la nouvelle Administration américaine n’avait guère laissé d’alternative aux Européens : il ne s’agit pas de savoir «si» le projet sera poursuivi mais «quand et comment», leur avait dit en février le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. Mardi, le président Bush a été moins brutal en s’engageant à ne pas présenter aux alliés «des décisions unilatérales qui auraient déjà été prises», mais sa détermination à poursuivre le projet reste la même. Impuissants, les pays européens n’ont pu que se féliciter des consultations promises par Washington mais ils se sont gardé...