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Actualités - Chronologies

Le président syrien entame en Espagne sa première visite en Europe

Le président syrien Bachar el-Assad est arrivé mercredi à Madrid pour une visite de trois jours en Espagne au cours de laquelle il rencontrera les dirigeants espagnols et inaugurera une exposition sur l’art omeyyade de Cordoue. Le chef de l’État, accompagné de son épouse Asma, a été accueilli par le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Piqué et des ambassadeurs arabes. Les honneurs militaires lui ont ensuite été rendus. En souhaitant la bienvenue au président syrien «pour sa première visite en Europe», le ministre espagnol a brièvement déclaré que «la paix au Proche-Orient n’est pas possible sans la Syrie». «Dans toute négociation, il faut tenir compte des aspirations de la Syrie pour parvenir à une paix juste et globale», a-t-il dit. Au cours de son séjour en Espagne, qui s’achèvera vendredi après-midi, le président Assad logera au palais du Prado, résidence officielle des chefs d’État en visite en Espagne. Le roi Juan Carlos a offert hier soir un dîner en l’honneur du président syrien au palais de la Zarzuela. Aujoud’hui, le président syrien recevra les ambassadeurs arabes accrédités à Madrid avant de rencontrer le président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar. En fin d’après-midi, le roi d’Espagne et le président syrien inaugureront à Cordoue (sud) l’exposition «la splendeur des Omeyyades de Cordoue» qui présente 300 œuvres d’art venues d’une quinzaine de pays, réunies pour la première fois depuis mille ans sur les lieux mêmes où elles trouvèrent leur raison d’être, quand l’art omeyyade d’Espagne fut à son apogée (VIIIe-XIe siècle). Le président Assad aura encore quelques entretiens vendredi matin à Madrid, avant de regagner Damas en début d’après-midi. La venue du président syrien, à sept mois de la présidence espagnole de l’Union européenne, revêt un double symbole : la civilisation musulmane qui s’est développée en Espagne a été l’une des plus brillantes que l’Europe ait jamais connues, et elle venait de Damas. En outre, Bachar el-Assad vient en Espagne dix ans après la conférence organisée en octobre 1991 dans la capitale espagnole, qui a lancé le processus de paix israélo-arabe aujourd’hui bien mal en point. Le gouvernement espagnol suit avec un intérêt qui ne faiblit pas la situation au Proche-Orient. José Maria Aznar s’est rendu en février au Proche-Orient et en est revenu «préoccupé» par la gravité de la situation. Le ministre des Affaires étrangères Josep Piqué vient, à son tour, de rendre visite, il y a quelques jours, à tous les protagonistes du conflit avec lesquels l’Espagne entretient d’ailleurs des relations constantes. À cette occasion, le président syrien, qui se rendra en juin en France, a estimé que «l’Union européenne peut jouer un rôle efficace» dans le conflit israélo-arabe. Josep Piqué et son homologue syrien Farouk el-Chareh ont affirmé que «le rôle exclusif» que jouent les États-Unis auprès des parties en conflit «est une grande erreur». Ils ont appelé à un rôle européen «plus actif», ce que l’Europe n’est encore jamais parvenue à mettre en œuvre concrètement. La diplomatie espagnole rencontre cependant actuellement deux difficultés. Tout d’abord, l’élection d’Ariel Sharon à la tête du gouvernement israélien a privé Madrid d’un interlocuteur amical et attentif comme le fut l’ancien chef du gouvernement Ehud Barak. Ce dernier s’est appuyé à plusieurs reprises sur l’influence de l’Espagne auprès de Yasser Arafat pour faire passer des messages. La situation n’est plus la même avec l’arrivée d’Ariel Sharon. En second lieu, le gouvernement espagnol espérait marquer le dixième anniversaire de la Conférence de paix de Madrid par une nouvelle rencontre dans la capitale espagnole qui aurait relancé la recherche de la paix. Cette idée passe difficilement au Proche-Orient, notamment au Caire. Le président Hosni Moubarak a exprimé clairement, sinon brutalement, son refus en février dernier en déclarant au chef du gouvernement espagnol qu’une «conférence Madrid-2 serait une perte de temps». Le ministre égyptien des Affaires étrangères Amr Moussa vient de réitérer ce point de vue, il y a quelques jours à Josep Piqué en affirmant que «Madrid-2 ne serait pas utile. Madrid-1 a déjà préparé la scène, fixé les principes et lancé le processus», a-t-il dit. Madrid ne désespère cependant pas de pouvoir marquer d’une façon ou d’une autre le dixième anniversaire de la Conférence de 1991, qui interviendra quelques semaines avant le début de la présidence espagnole de l’UE, mais cela dépendra pour une bonne part de l’évolution de la situation sur le terrain. Josep Piqué vient de rappeler que «l’Espagne est prête à fournir toute l’aide nécessaire pour une reprise des négociations entre Israël et les Palestiniens». Sur le fond, l’Espagne, comme l’Union européenne, demande à Ariel Sharon la levée du blocus économique des territoires palestiniens, l’arrêt effectif de la colonisation, une réduction draconienne du niveau d’intervention de l’armée israélienne et la recherche d’un accord de paix définitif, et non pas temporaire à durée indéfinie, avec les Palestiniens. Josep Piqué a estimé dimanche que les thèses d’Ariel Sharon «sont incompatibles avec la continuité du processus de paix».
Le président syrien Bachar el-Assad est arrivé mercredi à Madrid pour une visite de trois jours en Espagne au cours de laquelle il rencontrera les dirigeants espagnols et inaugurera une exposition sur l’art omeyyade de Cordoue. Le chef de l’État, accompagné de son épouse Asma, a été accueilli par le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Piqué et des ambassadeurs arabes. Les honneurs militaires lui ont ensuite été rendus. En souhaitant la bienvenue au président syrien «pour sa première visite en Europe», le ministre espagnol a brièvement déclaré que «la paix au Proche-Orient n’est pas possible sans la Syrie». «Dans toute négociation, il faut tenir compte des aspirations de la Syrie pour parvenir à une paix juste et globale», a-t-il dit. Au cours de son séjour en Espagne, qui s’achèvera...