Des habitants de la bande de Gaza se plaignaient toujours hier des conditions de vie très difficiles, accusant Israël de maintenir des restrictions sévères en dépit de l’annonce d’un allégement du bouclage. Les blocs en béton et les chars israéliens entravant depuis lundi le trafic sur le principal axe routier qui traverse la région du nord au sud n’ont pas été dégagés. «J’ai été contraint de dormir cinq nuits à Gaza», raconte Mohammed Abdel Razek, un fonctionnaire qui travaille à Gaza et vit dans le camp de réfugiés de Khan Younès (sud). «J’essaie de rentrer chez moi, mais c’est impossible. Le bouclage n’a pas été levé», ajoute-t-il. Du haut de la tourelle d’un char en position au carrefour de la colonie juive de Netzarim, un soldat israélien dirige le trafic sur l’autoroute Salaheddine, refoulant certaines voitures et autorisant d’autres à passer au rythme d’une poignée par heure. «Ces chars doivent partir», dit Mohammed Abdel Razek. En outre, seule une voie peut être empruntée entre les blocs de béton qui gênent le passage, et la file des véhicules s’allonge au poste de contrôle israélien. L’armée israélienne a annoncé l’allégement des mesures de restrictions à la circulation dans la bande de Gaza qu’elle avait tronçonnée en trois secteurs mardi après une vaste opération de 24 heures dans des secteurs autonomes du territoire consécutive à des tirs d’obus de mortier contre Israël. Elle avait imposé des mesures punitives similaires à plusieurs reprises pour réprimer l’intifada palestinienne déclenchée fin septembre, empêchant ainsi des centaines de Palestiniens de rejoindre leurs employeurs dans la ville de Gaza, à l’instar d’Abdel Razek. «La guerre continue contre notre peuple (...) La route est toujours fermée et le blocus maintenu», affirme Abou Abed, un habitant de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Le ministre palestinien des Collectivités locales, Saëb Erakat, a soutenu que l’annonce de l’allégement du bouclage faisait partie d’une campagne visant à redorer l’image d’Israël, affirmant que la bande de Gaza était restée coupée en trois parties. «Nous exigeons que les routes soient rouvertes totalement et non de façon sélective», a-t-il dit, accusant les Israéliens de se «servir de cela pour une opération de relations publiques». Jeudi, un convoi humanitaire de l’Onu conduit par le patron de l’Office des Nations unies pour l’aide aux réfugiés de Palestine (Unrwa), Peter Hansen, est resté bloqué deux heures durant non loin d’un camp de réfugiés palestiniens de la région. M. Hansen a rencontré hier le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres pour discuter des restrictions imposées par Israël dans les déplacements du personnel de l’Onu en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Pour un porte-parole de l’Onu, «l’allégement décidé par Israël est une bonne chose, mais ce n’est pas la première fois qu’un bouclage est levé ou imposé». Selon lui, «d’autres restrictions aux déplacements du personnel de l’Onu nous préoccupent, et le problème reste posé». L’armée a souvent isolé la bande de Gaza du territoire israélien et de la Cisjordanie, notamment en lui coupant le courant électrique, en fermant son aéroport, sa frontière avec l’Égypte, ou encore en interdisant la pêche dans ses eaux territoriales.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des habitants de la bande de Gaza se plaignaient toujours hier des conditions de vie très difficiles, accusant Israël de maintenir des restrictions sévères en dépit de l’annonce d’un allégement du bouclage. Les blocs en béton et les chars israéliens entravant depuis lundi le trafic sur le principal axe routier qui traverse la région du nord au sud n’ont pas été dégagés. «J’ai été contraint de dormir cinq nuits à Gaza», raconte Mohammed Abdel Razek, un fonctionnaire qui travaille à Gaza et vit dans le camp de réfugiés de Khan Younès (sud). «J’essaie de rentrer chez moi, mais c’est impossible. Le bouclage n’a pas été levé», ajoute-t-il. Du haut de la tourelle d’un char en position au carrefour de la colonie juive de Netzarim, un soldat israélien dirige le trafic sur l’autoroute Salaheddine,...