La demande du dollar continuait à l’emporter largement sur l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL) hier à Beyrouth, faisant d’elle la principale source d’approvisionnement du marché en cette monnaie. En se déclarant ainsi prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 501,00 LL, dans le cadre de sa politique de stabilité monétaire, la BDL est parvenue à le faire clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, pendant que les établissements de crédit continuaient à le négocier invariablement à 1 514,00 LL, et très rarement en dehors d’elle. Ce mouvement s’est encore une fois produit dans un volume d’échanges modérément étoffé en raison du niveau élevé de «dollarisation» du marché. Il n’aurait pas dépassé ainsi quelque quinze millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1514,- LL, indique-t-on de sources cambistes. L’euro soutenu par les incertitudes économiques américaines À l’étranger, les marchés des changes internationaux continuaient hier à digérer la baisse surprise des taux d’intérêt américains de la veille, permettant à l’euro de reprendre de la hauteur et de regagner un peu de confiance alors que l’horizon économique européen paraît moins sombre que celui des États-Unis en cette période. Selon certains analystes de marché, même si le geste de la Réserve fédérale américaine (Fed) a provoqué des réactions mitigées auprès des opérateurs, l’euro ne s’est globalement pas trop mal sorti de la tourmente, alors que d’autres estimaient que la monnaie unique pourrait désormais bénéficier d’un réel retournement de tendance. Pour étayer cette thèse, ces derniers ont souligné notamment que, contrairement aux États-Unis, les perspectives de croissance dans la zone euro restent relativement robustes et que les taux d’intérêt y sont désormais supérieurs. Pour la première fois depuis 1994, le différentiel de taux d’intérêt joue en faveur de l’euro, ce qui devrait attirer les capitaux en quête de la meilleure rémunération vers cette monnaie. Le taux interbancaire de la zone euro s’élève actuellement à 4,75 % contre 4,50 % aux États-Unis et 5,50 % en Grande-Bretagne, fait-on remarquer dans ces mêmes milieux. Et d’ajouter que la zone euro bénéficie d’une situation inflationniste plus favorable aux investisseurs que de l’autre côté de l’Atlantique. L’inflation en Europe était, selon Eurostat, à 2,6 % en glissement annuel le mois dernier contre 2,9 % aux États-Unis. De manière générale, les perspectives sont plus positives en Europe qu’aux États-Unis où les grandes entreprises multiplient les avertissements sur résultats. De ce fait, l’euro commence à tirer parti de cette situation, mais le processus s’avère long avant d’assister à un complet retournement de tendance, car certains analystes sont moins pessimistes sur l’état de santé de l’économie américaine. Pour Natexis Banque Populaire, la Fed a choisi d’abaisser son étreinte, dans la mesure où, d’ici la réunion de son comité de politique monétaire du 15 mai, de nouvelles statistiques favorables devraient être publiées outre-Atlantique, a-t-elle indiqué dans une note publiée hier. En outre, cette note a souligné que pour les chiffres de la croissance américaine qui doivent être annoncés dans une semaine, le consensus de marché fait état d’une croissance du produit intérieur brut (PIB) américain de 0,9 % au premier trimestre 2001, alors que le même marché américain pariait il y a peu sur une décélération de la croissance. Pour l’heure, la monnaie européenne reste surtout handicapée par la position de la BCE qui refuse de céder à la pression des marchés et de relâcher la pression sur les taux. Pourtant, le dollar devait éprouver du mal à se reprendre, se négociant à New York, comme suit : – 0,8935 pour un euro contre 0,8845, la veille – 1,4435 pour un sterling contre 1,4265 – 2,1890 DM contre 2,2115 – 7,3415 FF contre 7,4160 – 1,7105 FS contre 1,7325 – 2 167,05 lires contre 2 189,10 – 121,65 yens contre 122,35. Bourse de Beyrouth : toujours le statu quo À la Bourse de Beyrouth, c’est toujours le statu quo où les quelques rares valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs cours de la semaine dernière. De ce fait, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées et l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se sont maintenus invariablement à 60,65 points et 140,51 points respectivement. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un volume d’échanges très mince portant sur 14 378 actions d’une valeur globale de 30 068 dollars. Volatilité des Bourses américaines Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont diversement évolué hier, le Nasdaq bénéficiant de bons résultats des fabricants d’ordinateurs Apple et IBM et Wall Street souffrant de prises de bénéfices après l’envolée de la veille avant de bénéficier de rachats du découvert. Pourtant, l’atmosphère entourant les marchés boursiers américains au lendemain de la décision surprise de la Fed d’abaisser son taux directeur interbancaire de 5,00 % à 4,50 %, était en faveur des placements aux États-Unis. Et abstraction faite des prises de bénéfices qui ont pesé sur la tendance par endroit et par moment, cette décision continuait à nourrir l’optimisme des opérateurs, fait-on remarquer dans les salles de marché. En plus des perspectives de reprise de l’économie consécutivement à l’assouplissement du crédit, les milieux d’affaires ont apprécié aussi les résultats publiés par Apple et IBM. Le géant informatique américain IBM a fait état d’un solide premier trimestre et s’est déclaré confiant pour l’ensemble de l’année 2001, malgré les incertitudes économiques actuelles. Il en est de même d’Apple qui a annoncé un bénéfice par action (BPA) de 12 cents pour son premier trimestre, un chiffre considérablement supérieur aux attentes des analystes qui tablaient sur un BPA de seulement 1 cent. De son côté, le numéro deux mondial des microprocesseurs, Advanced Micro Devices, s’est également apprécié après avoir enregistré un premier trimestre meilleur que prévu, se déclarant optimiste pour l’ensemble de l’exercice 2001. En revanche, Wall Street était fragilisée par le recul de la pharmacie, de certains groupes électroniques comme United Technologies et Raytheon, et de l’automobile. En effet, l’indice composite Nasdaq est remonté jusqu’à 2 160 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 670,04 points et un plus bas à 10 562,15 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 650,72 points, en hausse de 34,89 points sur la veille. Effritement des Bourses européennes Les Bourses européennes ont senti le besoin de marquer une pause jeudi après la flambée des cours qui avait accueilli la veille la baisse surprise des taux de la Fed. Les investisseurs reviennent encore une fois sur les perspectives de résultats des grandes entreprises, notamment les «high techs» et attendent maintenant ceux de Microsoft et Nokia. À la clôture l’indice Eurotop-300 a abandonné 0,25 % à 1 433,66 et l’EuroStoxx-50 a reculé de 0,55 % à 4 417,18. Les affaires étaient moyennement étoffées. Londres a reculé de 0,32 % et Paris de 0,45 % alors que Francfort s’est adjugée 0,28 % à 6 181,91. Les résultats de Nokia et d’Ericsson sont attendus tôt aujourd’hui. Le premier a pris 0,85 euro à 33,70 et le second cinq couronnes à 68,50. Le fabricant suédois de téléphones mobiles a ouvert des discussions d’alliance avec le japonais Sony. La SSII anglo-néerlandaise CMG a ébranlé le marché en annonçant que sa perte semestrielle serait de 30 millions de livres sterling. Le titre a chuté de 18,74 % à 366,82 pence. Dans la foulée le développeur de logiciels de messagerie Logica a perdu 5,79 % à 882,15 pence. Le fabricant franco-italien de semiconducteurs STMicroelectronics a baissé de 1,39 % à 43,39 euros. Il a revu en baisse ses prévisions de résultats et les perspectives mondiales de son mraché. Son concurrent allemand Infineon abandonne 3,32 % à 48,10 euros. Le premier assureur britannique CGNU, dont le revenu des primes et contrats de retraite a progressé de 23 % au 1er trimestre, a monté de 3,01 % à 990,2 pence. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a encore fait preuve d’une très bonne orientation jeudi, la décision surprise de la Réserve fédérale américaine de réduire ses taux ayant déclenché une vague d’achats sur NEC Corp et d’autres grandes valeurs technologiques les plus susceptibles de bénéficier d’une reprise de l’économie des États-Unis. «La baisse décidée par Greenspan est une chose formidable. Elle a redonné aux investisseurs à Tokyo confiance dans l’économie américaine et les marchés vont se reprendre», a dit Nobuaki Kurisu, premier gestionnaire de fonds de Sumisei Global Investment Trust Management, qui gère pour 216,94 milliards de yens ($ 1,78 milliard) d’investissements. «C’est particulièrement important pour le secteur technologique et les grandes sociétés exportatrices», a-t-il ajouté. L’indice Nikkei, largement influencé par les technologiques, a terminé sur une hausse de 226,49 points, soit 1,66 %, à 13 868,28, grâce notamment à une envolée de 5,9 %, à 2 155 yens, du fabricant d’ordinateurs et de semi-conducteurs NEC Corp. L’indice pondéré Topix, à plus large base de calcul, a affiché quant à lui un gain de 17,51 points, soit 1,33 %, à 1 337,92.
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