Le marché des changes de Beyrouth a repris ses activités hier, au lendemain du long chômage pascal, dans un climat empreint de beaucoup d’appréhensions, dans la mesure où ces derniers jours avaient connu une grave détérioration de la situation sur le terrain après l’opération du Hezbollah contre les fermes de Chebaa et le raid israélien contre une station-radar syrienne à Dahr el-Beïdar. Pourtant, la demande du dollar, bien que toujours très sensible, ne devait pas prendre beaucoup de dimensions en raison des mesures prises par la Banque du Liban (BDL) tant sur le plan du contrôle de la liquidité du marché que sur celui de la supervision des opérations de change. Mais il n’en demeure pas moins que l’offre du dollar est demeurée excessivement rare sur le marché en dehors de la BDL, faisant de cette dernière l’unique contrepartie valable à la vente de cette monnaie au haut de sa fourchette d’intervention maintenue toujours à 1 514,00 LL ainsi que le bas de cette fourchette à 1 501,00 LL. Cela étant, le billet vert, qui a été encore une fois fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être négocié effectivement à 1 514,00 LL sur le marché interbancaire, dans un volume d’échanges dépassant quelque vingt millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL, ont indiqué les cambistes de la place qui n’ont pas relevé des signes de panique sur le marché. Reprise de l’euro après la baisse surprise des taux américains À l’étranger, l’euro s’est repris hier face au dollar, après une période d’hésitation, à la suite de la décision surprise de la Réserve fédérale américaine (Fed) d’abaisser ses deux taux directeurs d’un demi-point en pourcentage. La monnaie unique européenne s’était toutefois repliée passagèrement sous le seuil de 0,87 dollar après l’annonce de la décision de la Fed avant de repartir à la hausse ensuite sur des rachats du découvert. La Fed a pris hier tout le monde par surprise en abaissant son taux directeur interbancaire de 5,00 % à 4,50 % et son taux d’escompte de 4,50 % à 4,00 %, en soulignant notamment qu’il y avait une érosion persistante des bénéfices des entreprises américaines. La Fed a pris cette décision en dehors des réunions régulières de son comité de politique monétaire. Il s’agit de la deuxième baisse surprise depuis le début de l’année où elle avait également relâché sa politique du crédit dans cette même proportion de 6,50 % à 6,00 %, le 3 janvier dernier. C’est la quatrième fois depuis le début de l’année que la Fed baisse ses taux. Depuis début 2001, elle a ramené son taux directeur au jour le jour de 6,50 % à 4,50 %. Un tel acte risque toutefois d’être interprété de manière négative, car il laisse entendre que la santé de l’économie américaine nécessite un nouveau coup de pouce, alors que les récents indicateurs de conjoncture aux États-Unis n’étaient pas si mauvais. Le marché pourrait alors se dire, selon certains milieux cambistes, que la Fed a connaissance de données que le marché n’a pas. De plus, l’écart qui s’est creusé entre les taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique est censé privilégier l’euro sur le billet vert, fait-on remarquer dans d’autres milieux pour expliquer ce retournement de sentiment envers le dollar. Cela étant, le dollar n’a pas tardé à abandonner tous ses gains de la matinée face à l’euro pour céder ensuite du terrain contre lui, en se négociant à New York, comme suit : – 0,8850 pour un euro contre 0,8830, la veille – 1,4275 pour un sterling contre 1,4320 – 2,2100 DM contre 2,2140 – 7,4120 FF contre 7,4245 – 1,7295 FS contre 1,7290 – 2 187,90 lires contre 2 191,60 – 122,30 yens contre 123,25. Bourse de Beyrouth : marché terne À la Bourse de Beyrouth, la tendance était hier à la stabilité dans un marché terne. Les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours affichés à la veille du long chômage pascal. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 60,65 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 140,51 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un volume d’échanges très mince avec seulement 38 000 actions négociées d’une valeur globale de 171 313 dollars. Les Bourses américaines dopées par la décision de la Fed Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont été dopés par l’annonce surprise d’une baisse des taux d’intérêt par la Fed. La Bourse électronique Nasdaq s’est en effet envolée de concert avec Wall Street où les freins, qui visent à contenir les fluctuations trop fortes des cours, ont été activés immédiatement après la décision de la Fed qui a pris de court les opérateurs boursiers. Cette baisse surprise des taux est venue donc ajouter de l’huile sur le feu à la Bourse, déjà dopée dès l’ouverture hier par Intel, cotée simultanément sur le Nasdaq et à Wall Street, qui s’est envolée après avoir indiqué la veille que le pire pourrait être bientôt derrière elle. Cela d’autant que des analystes de Bank of America et Prudential Securities ont aussitôt relevé la note de cette société. Le numéro un mondial des microprocesseurs avait annoncé la veille après la clôture un recul de 82 % de son bénéfice net au premier trimestre 2001 par rapport à la période correspondante de l’an dernier, en raison du ralentissement économique, mais a indiqué que l’avenir serait meilleur, offrant ainsi un puissant signal aux marchés. Le groupe a fait part d’un bénéfice par action, hors exceptionnels, de 0,16 dollar, soit 1 cent de plus que les prévisions des analystes. «Nos activités de microprocesseurs semblent se stabiliser», a commenté le président d’Intel, Craig Barrett, mettant ainsi un baume au cœur des investisseurs qui commencent à penser que le redémarrage est à portée de main pour les entreprises américaines. Portés par l’enthousiasme, les investisseurs ignoraient l’avertissement lancé par Hewlett-Packard sur ses résultats au deuxième trimestre (clos fin avril) de son exercice et faisaient grimper le titre malgré l’annonce de la société de la suppression de 3 000 emplois en raison de la détérioration rapide des dépenses en informatique des particuliers aux États-Unis et en Europe. Compte tenu de toutes ces considérations, l’indice composite Nasdaq a fait un bond spectaculaire à 2 110 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’envolait lui aussi à plus de 10 625 points, en préclôture à 23h heure de Beyrouth. Les Bourses européennes à des plus hauts de deux mois Les Bourses européennes ont grimpé mercredi à des plus hauts de deux mois, galvanisées par une nouvelle baisse surprise des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine qui s’est ajoutée à une hausse des valeurs technologiques inspirée par Intel. À la clôture des principales places boursières européennes, l’indice paneuropéen Eurotop 300 avançait de 2,6 % et l’Euro Stoxx 50 limité aux valeurs-vedettes de la zone euro prenait 3,5 %, à son niveau le plus élevé depuis le 21 février. L’indice sectoriel des technologiques européennes faisait un blond de 11,3 %, à son niveau le plus élevé depuis le 9 mars. Les indices des télécoms et des médias s’adjugeaient chacun plus de 5 %. La Bourse de Paris a fini en hausse de 3,07 % au-dessus de la barre des 5 500 points pour la première fois depuis le 20 février. À Londres, l’indice FTSE 100 a terminé à un plus haut de six semaines en clôture en hausse de 2,2 et le TechMARK des technologiques a fait un bond de 8 % à son niveau de clôture le plus élevé depuis le 27 mars. Les grands noms de la haute technologie européenne – Nokia, Marconi, Ericsson, Philips et Alcatel – ont tous engrangé des gains à deux chiffres. Nokia a fait un bond de 17,97 % à 34 euros, Marconi s’est adjugé 14,06 % à 350,8 pence, Ericsson a avancé de 11,3 % à 64 couronnes suédoises, Philips a gagné 10,16 % à 32,10 euros et Alcatel 10,96 % à 37,25 euros. Tokyo : soutenue par l’informatique La Bourse de Tokyo a enregistré sa plus forte progression en pourcentage depuis plus de trois semaines mercredi, gagnant 4,40 % grâce à la hausse des valeurs liées à l’informatique à la suite des résultats meilleurs que prévu du géant américain Intel Corp. L’indice Nikkei 225 s’est adjugé 574,70 points, soit 4,40 %, à 13 641,79. «Je pense que désormais c’est probablement le moment de commencer à investir (dans les valeurs liées à l’informatique), mais il ne faut pas oublier que ce sera assez instable», a commenté Marc Desmidt, de Merril Lynch Investment Managers, qui gère 494,14 milliards de yens (4,01 milliards de dollars) de fonds d’investissement. L’indice TOPIX s’est octroyé 34,88 points, soit 2,71 %, à 1 320,41, favorisé par les gains réalisés par Nippon Telegraph and Telephone Corp et d’autres valeurs à forte capitalisation. Les progressions l’ont emporté sur les replis par 1 041 à 283. Advantest Corp, le fabricant d’instruments de semi-conducteurs, a sonné la charge avec une hausse de 15 %. «Le marché surveille les contrats du Nasdaq, estimant que leur fermeté se répercutera sur New York demain», a estimé Yutaka Mura, de Shinko Securities.
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