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Actualités - Chronologies

Revue hebdomadaire des marchés - Beyrouth : dollar toujours recherché

Les marchés financiers au Liban et à l’étranger, à l’exception des places asiatiques, étaient fermés hier en raison du chômage officiel pour le vendredi saint. Sur la semaine, le dollar a continué à être activement recherché à Beyrouth dans un marché toujours très réticent à l’offre sur des craintes liées au niveau très élevé de l’endettement public et à l’aggravation des dissensions politiques intérieures. Dans ce contexte, les détenteurs de fonds ont estimé devoir se prémunir en dollar par précaution, s’abstenant de le vendre d’un côté, et cherchant à convertir leurs avoirs en cette monnaie d’un autre côté. De ce fait, la Banque du Liban (BDL) est restée la seule contrepartie valable à satisfaire les besoins du marché en billet vert dans le cadre de sa politique de stabilité monétaire. En se déclarant toujours prête à céder le dollar à 1514,- LL et à l’acheter, quoique théoriquement, à 1501,- LL, la BDL est parvenue encore une fois cette semaine à le maintenir invariablement, de lundi à jeudi, au même taux moyen indicatif de 1507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, en raison de la réticence de l’offre en dehors de la BDL, les établissements de crédit de la place ont été amenés encore une fois à s’approvisionner en billet vert auprès de celle-ci et au haut de sa fourchette d’intervention, dans un marché actif, sur lequel quelque 75 millions de dollars auraient été vendus par celle-ci à 1514,- LL. Semaine morose pour l’euro À l’étranger, la semaine a été plutôt morose pour l’euro, dont le sort est resté suspendu à la décision, mercredi dernier, de la Banque centrale européenne (BCE) de ne pas relâcher la pression sur le loyer de l’argent, alors que le marché espérait une détente monétaire en Europe. L’horizon s’était un peu débouché en début de semaine, avec un euro plus ferme, s’échangeant à plus de 0,90 dollar, grâce aux espoirs d’une baisse des taux de la BCE. Cependant, des commentaires, mardi dernier, du président de la Bundesbank, Ernst Welteke, laissant entendre que celle-ci était en faveur d’un nouveau statu quo monétaire, ont de nouveau pesé sur l’euro. Le lendemain, la monnaie unique dégringolait davantage à l’annonce du maintien à 4,75 % du taux directeur de la BCE, preuve que l’institut d’émission européen a dédaigné les espoirs des marchés et les intenses pressions politiques qui s’étaient multipliées dans les jours précédant sa réunion. Selon les opérateurs, le ralentissement visible de la croissance européenne plaide en faveur d’une baisse imminente des taux d’intérêt. D’autant plus que la BCE est désormais la seule banque centrale occidentale à ne pas avoir diminué ses taux. La Réserve fédérale américaine (FED) a déjà abaissé son taux directeur de 1,5 point en pourcentage depuis le début de l’année, le ramenant à 5 %. La Banque d’Angleterre a diminué son loyer de l’argent d’un demi-point en pourcentage depuis janvier à 5,5 %. L’entêtement de la BCE commence à inquiéter les opérateurs. «Mais qu’attend exactement la BCE pour assouplir son étreinte monétaire ?», s’interroge l’économiste de Natexis Banques Populaires. «Que la croissance eurolandaise atteigne 2 % ? À l’évidence, il sera trop tard pour enrayer le ralentissement économique», prévient-il dans sa note hebdomadaire. Un point de vue que partage également l’analyste de la banque Standard & Poor’s MMS, pour qui «les responsables européens semblent vouloir attendre d’être vraiment en difficulté avant d’agir» . Les motivations sur lesquelles s’accroche la BCE sont toujours les mêmes : l’inflation n’est pas totalement maîtrisée, avec un risque persistant de dérapage des salaires à ses yeux, et la zone euro encaisse plutôt bien le choc du ralentissement conjoncturel américain. «Les risques inflationnistes ont diminué au cours des trois derniers mois mais pas disparu» , s’est justifié son président, Wim Duisenberg, mercredi dernier lors d’une conférence de presse. Mais, de l’avis de plusieurs analystes financiers, il s’agit d’une position à risque, car «un euro faible accroît les tensions sur les prix importés et, in fine, augmente l’inflation de la zone euro. La BCE est donc bien en train de perdre simultanément sur trois tableaux : l’inflation, la croissance et la crédibilité. Seul réconfort : ce sera difficile de faire pire» , selon ces milieux. En fin de semaine toutefois, l’euro a regagné quelques points contre le billet vert, se hissant au-dessus du seuil de 0,89 dollar, soutenu par une nouvelle série d’indicateurs moroses sur la conjoncture américaine, dont notamment la baisse de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université de Michigan en avril et celui des ventes de détail en mars. C’est dans ce contexte que le dollar est parvenu à achever la semaine jeudi dernier, à New York, par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,8920 pour un euro contre 0,9045, vendredi dernier – 1,4375 pour un sterling contre 1,4395 – 2,1925 DM contre 2,1625 – 7,3540 FF contre 7,2530 – 1,7080 FS contre 1,6910 – 2170,70 lires contre 2140,95 – 124,20 yens contre 123,80. Semaine courte mais bonne pour les Bourses américaines Les marchés boursiers américains ont connu une semaine écourtée mais brillante, qui s’est traduite sur quatre séances par une progression de 14,01 % de l’indice composite du Nasdaq, de 3,43 % du Dow Jones industrial average et de 4,88 % du Standard and Poor’s 500. Le DJIA a terminé la semaine au-dessus des 10 000 points pour la première fois depuis plus d’un mois à 10 126,94 points alors que le Nasdaq s’est rapproché des 2 000 points à 1 961,42 points. Le Standard and Poor’s a terminé à 1 183,50 points. Les valeurs technologiques ont connu un net regain avec quatre séances consécutives de hausse pour la Bourse électronique Nasdaq, ce qui ne s’était plus vu depuis août dernier. Les investisseurs ont dû attendre jeudi pour avoir des nouvelles données sur l’état de l’économie américaine. Celles-ci ont montré une économie toujours affaiblie mais encore loin de la récession. «Les consommateurs ont permis de maintenir l’économie américaine à flot au 1er trimestre. Même si les ventes de détail ont baissé en mars, elles sont en gros inchangées par rapport à janvier et les dépenses de consommation ont augmenté de 3,5 % au premier trimestre», a indiqué Gerald Cohen, économiste de Merrill Lynch. L’inflation reste dormante. L’indice des prix à la production a baissé de 0,1 % en mars par rapport à février tandis que l’indice de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,1 %, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 0,1 % des deux indices. «L’inflation n’est pas un problème et ne devrait pas apparaître sur l’écran radar de la Fed», a jugé Gerald Cohen. Le chômage pourrait toutefois continuer à monter. Les chiffres publiés jeudi ont montré une progression des nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage de 9 000 dossiers à 392 000 demandes pour la semaine close le 7 avril. L’envolée du Nasdaq s’explique notamment par le retour en grâce des valeurs des équipementiers pour télécommunications et de l’Internet. Ciena a progressé sur les quatre séances de 63,4 %, JDS Uniphase de 51 % et Cisco de 32 %. Motorola a terminé la semaine sur un gain de 15,3 % en dépit de l’annonce mardi d’une perte nette hors éléments exceptionnels de 206 millions de dollars au premier trimestre 2001, contre un bénéfice de 481 M USD sur la même période de l’année dernière. Les Bourses européennes soutenues par Wall Street Dopées par le rebondissement des marchés financiers américains, les Bourses européennes ont repris des couleurs cette semaine écourtée en raison du vendredi saint. Francfort, Londres, Paris… ont donc suivi une nouvelle fois les traces de la toute puissante Bourse de Wall Street, dont les principaux indices naviguaient dans le vert après les soubresauts de la semaine précédente. Outre l’influence américaine, les investisseurs européens ont également anticipé une éventuelle baisse des taux de la BCE. Mais leurs espoirs ont été douchés par l’inflexibilité de l’institut d’émission européen. Cette déception s’est soldée par des prises de bénéfices, mais pas suffisantes pour inverser la tendance haussière des indices. De plus, les marchés européens ont été peu influencés par la révision à la baisse des prévisions de croissance dans la zone euro. Partout, les valeurs technologiques ont tiré les autres secteurs vers le haut, grâce à la bonne tenue de l’indice technologique américain, le Nasdaq. En effet, l’indice Dax des 30 valeurs vedettes de la Bourse de Francfort a terminé la semaine jeudi à 6 002,30 points, en hausse de 5,3 % par rapport aux 5 698,88 points de vendredi dernier. Il en est de même de l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a progressé de 4,53 % à 5 372,71 points contre 5 139,71 points, et de l’indice Footsie de la Bourse de Londres qui a regagné 2,94 % à 5 766,60 points contre 5 601,50 points pendant la même période. Enfin, la Bourse de Tokyo s’est un peu démarquée des autres places, poursuivant sa stabilisation cette semaine, malgré l’environnement peu clair des investissements au Japon. C’est ainsi que l’indice Nikkei a clôturé hier en légère amélioration de 0,01 % à 13 385,72 points contre 13 383,76 points vendredi dernier.
Les marchés financiers au Liban et à l’étranger, à l’exception des places asiatiques, étaient fermés hier en raison du chômage officiel pour le vendredi saint. Sur la semaine, le dollar a continué à être activement recherché à Beyrouth dans un marché toujours très réticent à l’offre sur des craintes liées au niveau très élevé de l’endettement public et à l’aggravation des dissensions politiques intérieures. Dans ce contexte, les détenteurs de fonds ont estimé devoir se prémunir en dollar par précaution, s’abstenant de le vendre d’un côté, et cherchant à convertir leurs avoirs en cette monnaie d’un autre côté. De ce fait, la Banque du Liban (BDL) est restée la seule contrepartie valable à satisfaire les besoins du marché en billet vert dans le cadre de sa politique de stabilité...