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Actualités - Chronologies

Les colons de Hébron s’entêtent : - chaque attaque nous renforce

Rivka Zerbib regarde de la terrasse de sa maison du quartier juif d’Hébron la colline d’Abou Sneinah, juste en face, d’où un Palestinien a tué il y a quelques jours sa petite fille de dix mois, Shalhevet. «Nous nous renforçons après chaque attaque. Ils ne nous empêcheront pas de continuer à vivre ici», dit-elle à propos des Palestiniens. La maison du quartier d’Avraham Avinou est en désordre et remplie de gens, non seulement parce que Pessah (la Pâque juive) commence samedi et qu’il faut se préparer, mais surtout parce que la famille Zerbib observe depuis dimanche, date des obsèques de l’enfant, la Shiva (deuil), qui dure sept jours. Comme le veut la tradition juive, les parents du bébé, Yitzhak Pass, 24 ans, et Oriya, 21 ans, la fille des Zerbib, sont assis sur des coussins à même le sol. Tradition oblige, ils portent encore les mêmes vêtements déchirés que le jour des funérailles. Les fenêtres du salon, qui sont équipées de barreaux, donnent directement sur les premières maisons des quartiers palestiniens, distantes d’un simple jet de pierres. Quelque 120 000 Palestiniens vivent à Hébron, où la coexistence avec les 400 à 500 colons juifs extrémistes retranchés dans le centre-ville sous la protection de l’armée israélienne est explosive, surtout depuis le début de l’intifada. L’histoire des Zerbib, Rivka et son mari Avraham, tous deux nés en Algérie en 1953, et de leurs 11 enfants illustre cette situation de confrontation permanente. Le 26 mars, Shalhevet Pass, leur petite-fille, était tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle se trouvait en compagnie de sa mère et de son père, celui-ci étant blessé à la jambe. Les obsèques ont eu lieu dimanche, la famille ayant d’abord affirmé qu’elle ne l’enterrerait pas tant que l’armée n’aurait pas repris la colline d’Abou Sneinah – rebaptisée par les colons «la colline de Shalhevet» –, contrôlée par les Palestiniens en vertu des accords d’autonomie. Mais la famille Zerbib avait déjà échappé de peu à la tragédie à deux reprises. En novembre 1993, Avraham Zerbib était attaqué par trois Palestiniens armés de hache. Gravement blessé, il parvenait malgré tout à dégainer son arme et à mettre en fuite ses assaillants, tuant l’un d’entre eux. «Mon mari a eu la mâchoire fracassée, il a dû subir des soins pendant sept ans», affirme Mme Zerbib, la tête couverte d’un foulard, qui est arrivée en Israël de Nevers (centre de la France) en 1970. Deux ans plus tard, c’est leur fille Orital, alors âgée de 14 ans, qui est poignardée dans le dos. Le couteau glisse sur l’omoplate. Pourquoi, dans ces conditions, continuer à vivre à Hébron ? «La vie à Hébron est plus facile qu’en ville», explique-t-elle dans un français où percent parfois des mots d’hébreu. «Nous nous sentons en famille, tout le monde s’entraide. Et puis, nous n’avons pas de souci d’éducation, car nous vivons entourés de pureté dans un monde d’amour de la Torah», poursuit-elle. Mme Zerbib est comptable de profession. Son mari, qu’elle appelle encore Gérard, un homme grand à la longue barbe qui arbore la kippa des juifs religieux, gagne sa vie en écrivant des textes bibliques sur des parchemins. Les premiers colons juifs ont commencé à se réinstaller à Hébron en 1968, 39 ans après les pogroms qui les avaient forcés à fuir. Pour leur part, les Zerbib vivent à Hébron depuis 15 ans. À côté de Mme Zerbib, Oriya, la mère de Shalhevet, est prostrée. Le père, lui, est au contraire prolixe, affirmant à tous les visiteurs qu’Israël doit reprendre «la colline Shalhevet». «Il faut revenir le plus vite possible à la routine», déclare Mme Zerbib. «C’est un grand principe de la vie juive. Nous sommes plus forts que nous le pensons».
Rivka Zerbib regarde de la terrasse de sa maison du quartier juif d’Hébron la colline d’Abou Sneinah, juste en face, d’où un Palestinien a tué il y a quelques jours sa petite fille de dix mois, Shalhevet. «Nous nous renforçons après chaque attaque. Ils ne nous empêcheront pas de continuer à vivre ici», dit-elle à propos des Palestiniens. La maison du quartier d’Avraham Avinou est en désordre et remplie de gens, non seulement parce que Pessah (la Pâque juive) commence samedi et qu’il faut se préparer, mais surtout parce que la famille Zerbib observe depuis dimanche, date des obsèques de l’enfant, la Shiva (deuil), qui dure sept jours. Comme le veut la tradition juive, les parents du bébé, Yitzhak Pass, 24 ans, et Oriya, 21 ans, la fille des Zerbib, sont assis sur des coussins à même le sol. Tradition oblige,...