La presse internationale, à l’exception notable de journaux russes, appelait lundi au jugement de Slobodan Milosevic par le Tribunal pénal international de La Haye, estimant que son arrestation et un éventuel procès en Serbie n’étaient qu’une première étape. Le quotidien allemand de centre-gauche Sueddeutsche Zeitung considère ainsi que «le tournant de Belgrade reste incomplet» : «C’est seulement après l’extradition de Milosevic à La Haye qu’un nouveau début sera crédible». «Chaque gouvernement élu démocratiquement a le droit de faire comparaître devant ses tribunaux un ancien président pour des crimes contre son propre État», relève, pour sa part, la Frankfurter Rundschau (gauche), estimant que «l’idéal serait : d’abord, Slobodan Milosevic comparaît devant un tribunal serbe pour crime contre son État. Puis le TPI le fait comparaître selon ses règles pour génocide et crime contre l’humanité, et cela à Belgrade. Ainsi ce ne serait pas une “justice de vainqueurs”, lointaine, abstraite et facile à ignorer». L’arrestation de Milosevic représente «un tournant important», selon le quotidien italien Corriere della Sera, qui relève cependant «le problème politique» se posant aux autorités yougoslaves avec la demande du TPI de juger à La Haye l’ancien président yougoslave accusé de crimes de guerre par ce tribunal. Pour La Repubblica, «cela a été une fin quasi exemplaire sinon heureuse. Milosevic est en prison, la jeune démocratie serbe respire mieux, les Américains et les Occidentaux en général sont satisfaits et disent en chœur : à La Haye, à La Haye». «Il semble peu probable que Milosevic puisse éviter son rendez-vous avec La Haye», notait, de son côté, le quotidien madrilène El Pais (proche des socialistes) en estimant que «la Yougoslavie prédémocratique, ruinée, contrainte à l’amputation du Kosovo et la scission imminente du Monténégro, déstabilisée sur son flanc sud par l’extrémisme armé albanais, ne peut pas se permettre, au nom d’un cadavre politique, un affrontement avec la communauté internationale dont elle a désespérément besoin pour revivre». À en croire le quotidien libéral El Mundo, «il ne paraît pas impossible que le gouvernement de Belgrade accepte de le remettre dans quelques mois en échange de la promesse d’une rapide intégration au sein de l’UE». «L’arrestation et l’organisation d’un procès à Belgrade ne peuvent cependant être qu’une première étape dans ce processus. L’Occident ne peut pas abandonner la demande d’extradition de Milosevic pour le traduire devant le TPI», résume le quotidien polonais Rzeczpospolita. Et ce bien que le journal français Le Figaro (droite) estime que «pour l’avenir des Balkans, la prise de conscience des Serbes et de leurs voisins est bien plus importante que la nôtre. Alors, pourquoi ne pas commencer à juger Milosevic à Belgrade ?» «Arrêté pour corruption, l’ex-président serbe ne semble toutefois pas près d’être jugé par le Tribunal international de la Haye», tranche, à cet égard, Libération (gauche). La presse russe se distingue des grands journaux européens, à l’instar du quotidien Izvestia, proche du Kremlin, qui écrit que si Belgrade cède à «l’ultimatum» de Washington et livre l’ancien président yougoslave au TPI, «il s’agira d’un aveu que l’Otan a eu raison de bombarder la Yougoslavie» en juin 1999. Quant au quotidien koweïtien al-Siyassah, il élargit le débat en considérant que «Milosevic est le clone européen de Saddam Hussein. Ces tyrans sont de vrais jumeaux possédant la même mentalité criminelle».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse internationale, à l’exception notable de journaux russes, appelait lundi au jugement de Slobodan Milosevic par le Tribunal pénal international de La Haye, estimant que son arrestation et un éventuel procès en Serbie n’étaient qu’une première étape. Le quotidien allemand de centre-gauche Sueddeutsche Zeitung considère ainsi que «le tournant de Belgrade reste incomplet» : «C’est seulement après l’extradition de Milosevic à La Haye qu’un nouveau début sera crédible». «Chaque gouvernement élu démocratiquement a le droit de faire comparaître devant ses tribunaux un ancien président pour des crimes contre son propre État», relève, pour sa part, la Frankfurter Rundschau (gauche), estimant que «l’idéal serait : d’abord, Slobodan Milosevic comparaît devant un tribunal serbe pour crime contre...