Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

La mer, une tombe pour les fuyards sud-américains vers l’eldorado US

La mer est devenue la tombe de nombreux Cubains, Haïtiens ou Dominicains qui fuient chaque année vers les États-Unis sur des embarcations précaires et sont souvent victimes de passeurs sans scrupules. «Impossible de savoir» combien de bateaux ont sombré, selon un porte-parole des gardes-côtes américains à Miami. Traverser le détroit de Floride ou le dangereux passage de Mona, entre la République dominicaine et Porto Rico, peut signifier «une condamnation à mort», affirme Norbert Gomez, membre de la patrouille frontalière de Porto Rico. Des eaux infestées de requins et agitées par des ouragans, des embarcations en mauvais état «pas même équipées de bouées de sauvetage» et pilotées par des «passeurs sans scrupules» figurent parmi les principaux risques encourus par les réfugiés de la mer. Le 15 mars, 15 personnes, pour la plupart des Dominicains et des Asiatiques, ont péri dans le naufrage d’une embarcation de neuf mètres alors qu’elles tentaient d’atteindre les Îles Vierges, porte d’entrée antillaise aux États-Unis. Fin janvier, plus de 50 Dominicains ont disparu en mer alors qu’ils essayaient de se rendre à Porto Rico. Ces tragédies sont les dernières connues mais beaucoup restent ignorées. «Souvent, des parents appellent pour dire que leur fils ou un frère est parti en mer en direction de Porto Rico et qu’ils ont perdu sa trace. Et ici nous ne savons rien», raconte Norbert Gomez. Dans le détroit de Floride, utilisé par les émigrés cubains ou haïtiens qui veulent se rendre aux États-Unis, la situation est identique. Seulement un cas a retenu l’attention mondiale : celui de dix Cubains qui ont péri dans le détroit le 22 novembre 1999 et parmi lesquels se trouvait la mère du petit rescapé Elian Gonzalez. Elian avait survécu, accroché à une chambre à air, et avait été recueilli par des membres de sa famille à Miami qui ont refusé son retour auprès de son père à Cuba, causant une bataille judiciaire de sept mois avant que l’enfant ne finisse par retourner dans son pays d’origine. Depuis le 1er octobre 1999, environ un millier de Cubains et 1 800 Haïtiens ont été interceptés ou secourus dans les eaux du détroit de Floride par les gardes-côtes. La plupart ont été renvoyés dans leur pays. Les Cubains et les Haïtiens ont de temps à autre recours aux services de passeurs mais tentent souvent le voyage par leurs propres moyens. En revanche, les émigrants qui tentent d’atteindre Porto Rico sont «à 99%» acheminés par ces passeurs, selon un agent des services de renseignements de la Patrouille frontalière de l’île, Antonio Solis. Il existe «douze ou treize» organisations de passeurs qui opèrent entre la République dominicaine et Porto Rico. «Ils touchent entre 600 et 900 dollars par personne pour le voyage en yole, des embarcations familiales fabriquées en deux ou trois jours», affirme Antonio Solis. Depuis octobre 1999, quelque 5 300 réfugiés, la plupart Dominicains, ont été interceptés à bord de yoles dans les eaux territoriales portoricaines ou sur la côte, selon les services d’immigration de l’île. Les chiffres se sont emballés au cours des derniers mois parce qu’une «fausse rumeur a circulé selon laquelle il allait y avoir aux États-Unis une amnistie en faveur des clandestins», déclare Ivan Ortiz, fonctionnaire des services d’immigration. Ces chiffres sont nécessairement incomplets, car ils ne comptabilisent pas les chanceux qui ont atteint la terre ferme sans se faire arrêter ni les malchanceux qui ont disparu pour toujours dans les eaux du détroit de Floride ou du passage de Mona. «Les États-Unis sont un aimant pour eux tous, affirme Norbert Gomez. Ils croient qu’ici les rues sont pavées d’or. Seuls ceux qui arrivent se rendent compte qu’il n’en est pas ainsi».
La mer est devenue la tombe de nombreux Cubains, Haïtiens ou Dominicains qui fuient chaque année vers les États-Unis sur des embarcations précaires et sont souvent victimes de passeurs sans scrupules. «Impossible de savoir» combien de bateaux ont sombré, selon un porte-parole des gardes-côtes américains à Miami. Traverser le détroit de Floride ou le dangereux passage de Mona, entre la République dominicaine et Porto Rico, peut signifier «une condamnation à mort», affirme Norbert Gomez, membre de la patrouille frontalière de Porto Rico. Des eaux infestées de requins et agitées par des ouragans, des embarcations en mauvais état «pas même équipées de bouées de sauvetage» et pilotées par des «passeurs sans scrupules» figurent parmi les principaux risques encourus par les réfugiés de la mer. Le 15 mars, 15...