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Actualités - Biographies

Femmes - Yasmina Reza : « Écrire juste, écrire simple »

Les femmes dramaturges ne sont pas légion. Parmi elles, celles qui réussissent à se creuser un chemin international et à imposer leur nom en tête d’affiche sont encore moins nombreuses. Au point où des théoriciens sexistes prétendaient que la femme n’est pas douée ou attirée particulièrement par ce genre d’écriture. Yasmina Reza est en train de démentir avec éclat ces idées fausses. Sa pièce Art compte 200000 représentations; Trois versions de la vie a été jouée à Vienne, en Autriche et ensuite à Paris, et L’homme du hasard vient de terminer, à New York, une série de représentations triomphales. Depuis le 6 février passé, cette même pièce est jouée à Paris avec Catherine Rich et Philippe Noiret. L’exemple de Yasmina Reza démontre avec panache que l’inspiration dramatique n’est pas le propre uniquement d’auteurs masculins. En 1987, Conversations après un enterrement, créée à Paris, révèle, par un succès éclatant, un auteur dramatique femme: Yasmina Reza, une jeune actrice qui, deux ans auparavant, avait été remarquée (on parlait même de découverte) dans Veilleur de nuit de Sacha Guitry. Deux pièces vont suivre: La traversée de l’hiver en 1989 et Art en 1995. «J’ai été élevée en France, raconte aujourd’hui l’auteur au cours d’un entretien de presse, en Française amoureuse de ce pays, dans une famille d’immigrés. Mon père était un homme d’origine iranienne, né à Moscou. Ma mère est une violoniste hongroise. Ajoutez la nostalgie d’une culture d’Europe centrale, où dominent l’art et la musique». Art sera jouée de Paris à New York et Saint-Pétersbourg, de Berlin à Tokyo et Johannesburg. Ce qui s’appelle une vraie carrière triomphale. «Écrire, dit-elle, c’est être associal. Toute insertion me terrifie. J’y sens de la récupération, l’allure perverse de la responsabilité sociale. Ma seule responsabilité sociale, c’est ce que j’écris». L’homme du hasard sera montée à Paris en 1995 et à l’automne 2000 au Théâtre Antoine. Yasmina Reza fait partie de la distribution dans sa pièce Trois versions de la vie jouée dans ce même théâtre. Depuis l’ascension suit sa renommée. Les pièces de Yasmina Reza sont adaptées en 35 langues. Elle a reçu quatre «Molière» en France et huit récompenses étrangères dont le Laurence Olivier Award et le Hammerklavier. Dramaturge, actrice, Yasmina Reza est aussi auteur de récits, d’un roman (Une désolation) et d’un scénario (Le pique-nique de Lulu Kreutz porté à l’écran par Didier Martiny). «La vie me gâte, conclut-elle, et les récompenses m’échoient, mais tout cela est absurde. Si être un artiste signifie être unique, comment peut-on comparer des gens incomparables? Ce que je cherche, c’est écrire juste, très simple, au cœur même de la fêlure». (1) V. Le Point n°1481 (2/2/2001).
Les femmes dramaturges ne sont pas légion. Parmi elles, celles qui réussissent à se creuser un chemin international et à imposer leur nom en tête d’affiche sont encore moins nombreuses. Au point où des théoriciens sexistes prétendaient que la femme n’est pas douée ou attirée particulièrement par ce genre d’écriture. Yasmina Reza est en train de démentir avec éclat ces idées fausses. Sa pièce Art compte 200000 représentations; Trois versions de la vie a été jouée à Vienne, en Autriche et ensuite à Paris, et L’homme du hasard vient de terminer, à New York, une série de représentations triomphales. Depuis le 6 février passé, cette même pièce est jouée à Paris avec Catherine Rich et Philippe Noiret. L’exemple de Yasmina Reza démontre avec panache que l’inspiration dramatique n’est pas le propre...