Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Les courtiers en ligne découvrent les vaches maigres

Les courtiers en ligne américains, un des grands succès de la nouvelle économie à la fin des années 90, sont frappés de plein fouet par l’effondrement de Wall Street et les réticences des américains à boursicoter en période d’incertitudes économiques. Le numéro un du secteur, Charles Schwab, a donné la mesure jeudi en annonçant la suppression de 2 750 à 3 400 emplois cette année, soit 11 à 13 % de ses effectifs, une décision largement anticipée depuis plusieurs jours. Avant lui, deux autres grands courtiers en ligne, Ameritrade et CSFBDirect, avaient dû se résoudre à la même extrémité, après plusieurs années de croissance vertigineuse. Premier signe avant-coureur, les publicités les plus farfelues qui avaient envahi le petit écran en 2000 en promettant des poches débordantes de dollars aux nouveaux boursicoteurs du Net s’étaient déjà faites très discrètes ces derniers mois. «Avec le ralentissement de l’économie et la dégradation des résultats d’entreprise, nos clients sont confrontés aux pires conditions de marché depuis des années», souligne le président de Schwab, David Pottruck. Les investisseurs s’arrachaient déjà les cheveux depuis plusieurs mois devant la déroute du Nasdaq, le marché des valeurs technologiques, qui a perdu 65 % en un an, après s’être envolé de 85 % en 1999. Ceux qui avaient préféré prendre moins de risques en se reportant sur des actions de «père de famille» (industrie et services), déchantent à leur tour jour après jour : l’indice vedette de Wall Street, en chute libre, a fondu de 15 % depuis le début de l’année et de 22 % depuis son record de janvier 2000. Dans ce contexte, nombre d’investisseurs, petits et grands, qui avaient pris l’habitude de placer l’essentiel de leurs économies en bourse, ont cessé d’acheter des actions ou fortement refréné leur enthousiasme en attendant des jours meilleurs. «Ils ont réduit de moitié leur activité par rapport au début 2000. L’argent s’est déplacé vers les fonds mutuels et les marchés monétaires», relève un analyste de la maison de titres Putnam Levell, Richard Repetto. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chez Charles Schwab, le nombre de transactions a baissé de 13 % en février par rapport à janvier et de 31 % par rapport à février 2000, avec 244 600 opérations effectuées en moyenne par jour. Le recul est similaire chez Ameritrade, un des sites les plus populaires auprès des petits porteurs, et plus accentué encore chez Datek Online, où le volume de transactions a chuté de 22 % à 91 500 par jour en février par rapport à janvier. Les investisseurs boudent tout aussi bien les sites en ligne que les grandes maisons de titres traditionnelles, comme Merrill Lynch et Morgan Stanley, qui prélèvent des commissions plus élevées sur les transactions mais jouent mieux de leur prestige en cas de crise. «Au total, les courtiers en ligne continuent même d’ouvrir plus de nouveaux comptes que leurs concurrents, même si le rythme des ouvertures s’est ralenti», relève Eric Wasserstrom, analyste chez UBS Warburg. Même si leur avenir n’est pas menacé, les e-courtiers doivent s’adapter toutefois rapidement à court terme, à coup de suppressions d’emplois et de coupes sombres dans leurs budgets publicitaires. CSFBDirect et e*Trade, autres grands du secteur, commencent en outre à ouvrir des bureaux afin d’avoir pignon sur rue dans les grandes villes et de séduire une clientèle plus sensible au contact personnalisé. «Les agences permettent de développer une relation de confiance. C’est un bon vecteur de promotion, qui multiplie les chances de gagner des clients», relève le directeur général de TD Waterhouse, Franck Petrilli, dont le site s’appuie, comme Schwab, sur un réseau de plusieurs centaines d’agences en Amérique du Nord. Le secteur s’attend aussi à une vague de concentrations. «Tous ceux qui ne sont parmi les dix premiers seront bientôt du passé», prédit Franck Petrilli, qui envisage lui-même des acquisitions. «Des acquisitions se font plus probables alors que la valeur des sites a chuté en Bourse et que le besoin d’économies d’échelle se fait sentir», renchérit Richard Repetto.
Les courtiers en ligne américains, un des grands succès de la nouvelle économie à la fin des années 90, sont frappés de plein fouet par l’effondrement de Wall Street et les réticences des américains à boursicoter en période d’incertitudes économiques. Le numéro un du secteur, Charles Schwab, a donné la mesure jeudi en annonçant la suppression de 2 750 à 3 400 emplois cette année, soit 11 à 13 % de ses effectifs, une décision largement anticipée depuis plusieurs jours. Avant lui, deux autres grands courtiers en ligne, Ameritrade et CSFBDirect, avaient dû se résoudre à la même extrémité, après plusieurs années de croissance vertigineuse. Premier signe avant-coureur, les publicités les plus farfelues qui avaient envahi le petit écran en 2000 en promettant des poches débordantes de dollars aux nouveaux...