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Actualités - Chronologies

La BoJ brise deux tabous : assouplissement quantitatif et objectif d’inflation

La Banque du Japon a brisé deux tabous lundi en acceptant l’idée d’un assouplissement quantitatif de sa politique monétaire pour faire repartir la deuxième économie mondiale et en se fixant pour la première fois un objectif en matière d’inflation. À l’issue de son comité de politique monétaire, la BoJ a décidé le retour à la politique de taux très faible – taux au jour le jour proche du zéro absolu – menée de février 1999 à août 2000, une décision acquise depuis la semaine dernière. La Banque centrale a en revanche surpris tout le monde en annonçant que cette politique allait être maintenue «jusqu’à ce que l’indice des prix à la consommation hors produits périssables soit de manière stable à 0 % ou augmente en glissement annuel». Cela revient à estimer que l’inflation est souhaitable, une déclaration non orthodoxe pour une Banque centrale, même si les économistes ont souligné que la BoJ a adopté une attitude «passive face à l’inflation», sans chercher à la créer artificiellement, ni à se fixer un délai pour atteindre le but cherché. Outre l’introduction de facto d’un objectif d’inflation, la Banque du Japon a indiqué qu’elle ne se basera plus sur le taux au jour le jour pour mener sa politique monétaire mais sur l’excédent de liquidités maintenu quotidiennement sur le marché, qu’elle a immédiatement porté de 4 000 à 5 000 mds (41 mds USD, 45,4 mds EUR). Elle est en outre disposée à «accroître ses prises en pension d’obligations gouvernementales à long terme au-delà du niveau actuel de 400 milliards de yens par mois, au cas où cela serait jugé nécessaire». «Dans le contexte de la politique de la BoJ ces dix dernières années, même si la Banque ne fait qu’allusion à un assouplissement quantitatif, il s’agit d’une volte-face historique. Maintenant que le tabou est brisé, d’autres mouvements dans cette direction sont probables», a averti Ronald Bevacqua, chef économiste chez Commerzbank à Tokyo. Pour cet analyste et d’autres, la Banque du Japon a certes capitulé face aux pressions de la classe politique et des industriels mais elle a en même temps renvoyé la balle dans le camp du gouvernement, en l’appelant à faire sa part du travail pour relancer l’économie et assainir le système financier. Dans son communiqué, la BoJ a effectivement souhaité des «progrès dans les réformes structurelles en particulier dans le système financier face au problème des crédits performants». Elle a rappelé que les réformes structurelles «risquent d’être accompagnées d’ajustements douloureux» mais a souligné que «sans ces ajustements, aucune amélioration dans la productivité ou dans la croissance ne peut être obtenue». En dépit des efforts d’assainissement qui ont fait suite au sauvetage in extremis du système financier en 1998/1999, les banques japonaises croulent encore sous une montagne de créances douteuses, évaluées à environ 64 000 mds de yens. Pour s’en débarrasser, il faudrait qu’elles provisionnent ces crédits à risque tout en poussant leurs débiteurs insolvables – surtout des petites et moyennes entreprises – à fermer boutique, ce qui risque de provoquer licenciements et restructurations massifs. «Maintenant, il faut voir si le gouvernement aura la volonté nécessaire pour se lancer dans les réformes structurelles, sans lesquelles l’économie réelle ne peut pas s’améliorer», a estimé Susumu Takahashi, chef économiste au Japan Research Institute.
La Banque du Japon a brisé deux tabous lundi en acceptant l’idée d’un assouplissement quantitatif de sa politique monétaire pour faire repartir la deuxième économie mondiale et en se fixant pour la première fois un objectif en matière d’inflation. À l’issue de son comité de politique monétaire, la BoJ a décidé le retour à la politique de taux très faible – taux au jour le jour proche du zéro absolu – menée de février 1999 à août 2000, une décision acquise depuis la semaine dernière. La Banque centrale a en revanche surpris tout le monde en annonçant que cette politique allait être maintenue «jusqu’à ce que l’indice des prix à la consommation hors produits périssables soit de manière stable à 0 % ou augmente en glissement annuel». Cela revient à estimer que l’inflation est souhaitable, une...