Le calme a régné encore hier sur le marché des changes de Beyrouth où la demande du dollar s’est limitée aux besoins commerciaux courants des opérateurs en l’absence d’intérêts à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Dans ces conditions, les établissements de crédit devaient s’approvisionner en billet vert pour le compte de leurs clients auprès de la BDL qui a maintenu sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente. En effet, la monnaie américaine, qui a clôturé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être négociée dans les transactions interbancaires au point supérieur d’intervention de la BDL, en l’absence d’autres contreparties valables à la vente en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume des échanges n’a pas dépassé quelque neuf millions de dollars entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Le dollar, une « monnaie refuge » À l’étranger, l’euro s’est doucement orienté au-dessous du seuil de 0,90 dollar hier sur les marchés des changes internationaux, le billet vert servant de monnaie refuge en cette période agitée sur les marchés financiers, alors que le yen continuait sa descente aux enfers. L’euro, qui s’était affaibli face au billet vert dans la matinée, sous la barre de 0,91 dollar, n’a pas pu se redresser ensuite, malgré la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir son principal taux directeur inchangé à 4,75 %, à l’issue de la réunion bimensuelle de son conseil de gouverneurs. Le marché s’attendait à ce que la BCE change un peu sa politique monétaire en l’assouplissant pour ne pas rester à la traîne des événements financiers de par le monde. Mais l’euro n’a guère profité hier de cette décision, surtout que le dollar continue de bénéficier d’un regain d’intérêt depuis la chute récente des marchés boursiers. Selon les analystes de marché, on assiste en ce moment à des achats de dollars comme monnaie refuge, pour limiter les risques, phénomène qui pèse sur l’euro. D’autres analystes estiment que l’euro commence peut-être à montrer les premiers stigmates des probables répercussions de l’épizootie de fièvre aphteuse sur l’économie européenne. Cela d’autant que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse qui resserre le cordon sanitaire autour de l’Union européenne, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix et empêcher la BCE d’assouplir sa politique de crédit alors que l’aggravation de la situation économique rendra nécessaire une baisse des taux européens. De plus, le dollar a été davantage soutenu par le nouvel accès de faiblesse du yen, surtout que les marchés sont désormais certains que la Banque du Japon va revenir à un taux d’intérêt zéro lundi prochain lors de la réunion de son comité de politique monétaire. Enfin, la hausse des Bourses américaines est venue redonner de l’actualité aux placements en dollar qui s’est négocié à New York sur un ton ferme face à toutes les autres grandes monnaies, comme suit : – 0,9010 pour un euro contre 0,9115, la veille – 1,4395 pour un sterling contre 1,4450 – 2,1710 DM contre 2,1460 – 7,2805 FF contre 7,1965 – 1,7070 FS contre 1,6880 – 2 149,05 lires contre 2 124,25 – 122,35 yens contre 121,00. Bourse de Beyrouth : stabilité de la cote À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier, toutes les valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours de la veille. Cela étant, l’indice général Lispi de toutes les valeurs cotées s’est maintenu à 60,82 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 141,52 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’échanges relativement étoffé avec 24 251 actions négociées d’une valeur globale de 397 601 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont respiré hier, mais les analystes faisaient preuve de prudence sur la tendance boursière à terme, une reprise en douceur ou une culbute plus sérieuse, ce qui a rendu la tendance très volatile. Certes, les investisseurs paraissaient ballottés depuis déjà une semaine entre fortes chutes et légères reprises, sans vraiment de perspectives encourageantes. Le moral des opérateurs boursiers souffrait également de l’arrivée d’une nouvelle série d’avertissements sur les résultats des sociétés cotées, ainsi que des interrogations persistantes sur l’ampleur de la réduction des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed), mardi prochain. Pourtant, l’atmosphère de crise qui prévalait la veille s’est un peu dissipée pour le moment, les milieux d’affaires se montrant rassurés par la meilleure tenue des Bourses tant japonaise qu’européennes. Cela d’autant que des considérations techniques commençaient à prendre le dessus à la veille de l’expiration trimestrielle d’options sur des indices et des actions aujourd’hui, pendant que les marchés hésitaient après un bon départ grâce à une chasse aux bonnes affaires. De plus, les opérateurs boursiers américains ont retrouvé un peu d’optimisme avec les déclarations de l’ex-secrétaire au Trésor américain et nouveau président de l’Université d’Harvard, Lawrence Summers, qui a estimé, dans une interview à la chaîne américaine CNBC, que l’économie aux États-Unis allait renouer avec son cycle d’expansion dans la seconde moitié de cette année. Les titres de la téléphonie mobile ont mené hier la progression de la Bourse électronique Nasdaq, après l’annonce par l’équipementier finlandais Nokia d’un bénéfice supérieur aux prévisions antérieures et une progression de sa part de marché dans le secteur au-delà des 32 %. Les équipementiers de réseau étaient en progression aussi après les fortes pertes subies au cours de derniers jours. Il en est de même des titres des compagnies aériennes en dépit de l’avertissement de United Airlines (UAL) sur ses résultats au premier trimestre 2001. Pourtant, l’indice composite Nasdaq n’a pas pu se maintenir au-dessus du seuil des 2 000 points (à 1 970,96 points en préclôture) pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 9 982,51 points et un plus haut à 10 097,73 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h, heure de Beyrouth) 10 011,57 points, en hausse de 38,11 points sur la veille. Fragile reprise des Bourses européennes Les principales Bourses européennes ont redressé la barre jeudi, après avoir touché des plus bas les jours précédents, grâce à quelques signaux positifs, et à l’impulsion donnée par les marchés américains en cours de séance. Les indices vedettes des principales places financières européennes ont enfin pu terminer dans le vert jeudi soir, au terme de séances calmes. Ils s’extirpaient ainsi momentanément d’une spirale baissière qui, après quatre à cinq séances consécutives de repli, leur avait fait toucher des niveaux plancher. L’indice vedette parisien CAC 40, tombé sous les 5 000 points la veille, a fini en hausse de 1,22 % à 5 177,66 points, tandis que le Footsie britannique, revenu à ses niveaux de décembre 1998, rebondissait de 1,84 % à 5 729,2 points. En fin de journée à Francfort, le Dax (qui clôturé à 19h00 GMT) avançait de 0,96 % à 5 849,7 points, après avoir affiché la veille un plus bas depuis 15 mois, et le Neuer Merkt, le nouveau marché allemand, où l’indice NEMAX 50 avait atteint mercredi un plus bas historique, gagnait 0,98 % 1 717,33 points. Milan, a gagné 0,8 %, Madrid 0,89 %, Amsterdam 0,18 % et la Bourse suisse 0,75 %. Bruxelles en revanche s’est encore inscrit dans le rouge, en perdant 1,11 %. De son côté, l’indice Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro avançait de 1,12 % en fin de journée. En Europe, les investisseurs, à l’affût de bonnes affaires, se sont livrés à un «stock picking» (sélection fine de valeurs) parmi les titres technologiques, encouragés par les nouvelles relativement rassurantes données par le constructeur de téléphones portables Nokia, et par la bonne tenue des marchés américains. Nokia a confirmé s’attendre à enregistrer une croissance de 20 % au premier trimestre 2001 ce qui a apaisé les marchés qui anticipaient un nouvel avertissement sur résultats. À Francfort, le poids lourd du DAX, l’opérateur Deutsche Telekom a ainsi mené la reprise, en s’octroyant 5,42 % à 26,46 euros, et à Paris, son homologue France Télécom a pris 4,59 % à 65 euros, et l’équipementier Alcatel 1,18 % à 40,40 EUR. L’indice Euro STOXX des télécoms avançait de 1,61 % vers 17h00 GMT. Les opérateurs soulignaient toutefois la fragilité de cette reprise technique, et rappelaient combien l’alerte avait été chaude les jours précédents. Tokyo : clôture en hausse au-dessus des 12 000 points La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse de 2,6 % jeudi, l’indice de référence Nikkei 225 repassant au-dessus des 12 000 points, un rebond significatif causé par l’espoir de nouvelles mesures de stimulation du marché boursier. Le Nikkei 225 a clôturé sur un gain de 2,6 % ou 309,24 points, pour terminer à 12 152,83 alors qu’il avait chuté dans la matinée jusqu’à 11 433,38, son plus bas niveau depuis décembre 1984. C’est une remarque du ministre des Finances Kiichi Miyazawa pendant une réunion d’urgence sur la mise en place de mesures économiques destinées à rassurer le marché boursier qui a donné le signal de la reprise. M. Miyazawa aurait accepté de financer un organisme chargé de racheter les participations croisées des banques et entreprises, une initiative qui devrait faire remonter les marchés boursiers. Selon le ministre des Finances et des Affaires économiques Hakuo Yanagisawa qui assistait aussi à cette réunion, «M. Miyazawa a assuré que le ministère des Finances prendra en charge des pertes éventuelles apparaissant lors du transfert par les institutions financières et les entreprises de leurs participations croisées à l’organisme de recouvrance». «La reprise a coïncidé avec cette remarque», a constaté Masatoshi Sato de chez Mizuho Investors Securities. «Certains opérateurs parmi les plus optimistes ont même déclaré que le Nikkei avait atteint son point le plus bas». M. Miyazawa déclarait plus tard sans donner de détails que ses remarques avaient été mal interprétées.
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