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Actualités - Chronologies

Le procès Elf reprend aujourd’hui en présence d’Alfred Sirven

Le procès des abus de biens sociaux aux dépens d’Elf, dont les débats avaient été suspendus après l’arrestation le 2 février aux Philippines de l’ex-numéro deux du groupe, Alfred Sirven, reprendra en sa présence aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Alfred Sirven, 74 ans, que le tribunal souhaite entendre longuement avant de le confronter aux autres prévenus, aura l’occasion de répondre aux accusations que ces derniers avaient formulées en son absence, le décrivant à mots plus ou moins couverts comme le responsable d’un réseau occulte au sein du groupe pétrolier. Sur le banc des prévenus reviendront en particulier l’ex-ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, sa maîtresse d’alors, Christine Deviers-Joncour, l’ancien PDG d’Elf Loïk Le Floch-Prigent, et le Monsieur Afrique du groupe, André Tarallo. Tous sont poursuivis pour abus de biens sociaux et/ou recel et complicité et risquent, en théorie, une peine de cinq ans de prison et 2,5 millions de francs d’amende. Le tribunal doit faire la lumière sur les 64,5 millions de francs (9,83 millions d’euros) versés entre 1989 et 1993 sous forme de commissions, salaires, avantages et cadeaux à Christine Deviers-Joncour. Sur cette somme, 13,5 MF (2,06 M euros) avait été reversés à l’homme d’affaires Gilbert Miara, lui aussi prévenu de ce procès. L’accusation estime que Sirven était «le principal, voire le seul interlocuteur de Christine Deviers-Joncour au sein d’Elf, et l’instigateur et le principal acteur des opérations incriminées», selon l’ordonnance de renvoi. Mais l’enquête n’a pas permis de déterminer avec certitude l’identité du ou des donneurs d’ordre des deux virements effectués par Rivunion, la filiale financière du groupe. Une brèche dans laquelle les avocats de la défense s’étaient engouffrés avec enthousiasme et dont Sirven pourrait aussi tirer profit. Le flou le plus total demeure sur l’état des forces en présence depuis le retour en France du «grand absent». Les avocats d’Alfred Sirven, qui se sont succédé à la maison d’arrêt de la Santé cette semaine pour peaufiner leur défense, n’ont rien laissé filtrer de leurs entretiens. Quant aux autres prévenus, ils abordent l’audience avec beaucoup de circonspection, tant le silence ou les déclarations de Sirven peuvent faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. «Je vois mal Sirven dire que Christine Deviers-Joncour n’a pas travaillé pour lui. Mais ce qu’il faudra qu’il explique et que je ne sais pas, c’est pourquoi il l’a payée avec l’argent de Rivunion et non avec le sien», a déclaré Me Sophie Bottai, avocate de l’ex-maîtresse de Roland Dumas. Tous les autres ont choisi le silence. Le bâtonnier Jean-René Farthouat, avocat de Roland Dumas, a évoqué sa «sérénité». «Je ne sais pas ce qu’il va dire, j’attends», a pour sa part déclaré Me Olivier Metzner, avocat de Loïk Le Floch-Prigent. Alfred Sirven dispose d’outils procéduraux grâce auxquels il pourrait gagner encore un peu de temps, notamment s’il fait des «révélations» que le tribunal pourrait souhaiter vérifier dans un supplément d’enquête. «Il peut s’amuser à nommer tel ou tel, accuser des gens de droite et de gauche, je n’en sais rien. Mais je pense qu’il ne s’estimera pas en mesure de se défendre, et donc qu’il se taira», estimait un avocat sous couvert d’anonymat.
Le procès des abus de biens sociaux aux dépens d’Elf, dont les débats avaient été suspendus après l’arrestation le 2 février aux Philippines de l’ex-numéro deux du groupe, Alfred Sirven, reprendra en sa présence aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Alfred Sirven, 74 ans, que le tribunal souhaite entendre longuement avant de le confronter aux autres prévenus, aura l’occasion de répondre aux accusations que ces derniers avaient formulées en son absence, le décrivant à mots plus ou moins couverts comme le responsable d’un réseau occulte au sein du groupe pétrolier. Sur le banc des prévenus reviendront en particulier l’ex-ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, sa maîtresse d’alors, Christine Deviers-Joncour, l’ancien PDG d’Elf Loïk Le Floch-Prigent, et le Monsieur Afrique du...