L’Autorité palestinienne a dénoncé hier le retard du paiement de l’aide d’un milliard de dollars promise au sommet arabe du Caire, à la veille d’une réunion ministérielle destinée à préparer un rapport sur cette question en vue du sommet d’Amman. Le comité de suivi arabe, issu du dernier sommet (21 et 22 octobre) et qui regroupe les chefs de la diplomatie de huit États arabes et de l’Autorité palestinienne, doit mettre au point lors d’une réunion lundi soir au Caire un rapport sur l’application des décisions de ce sommet, notamment la création de deux fonds d’un milliard de dollars pour soutenir l’intifada. «En novembre, les pays arabes se sont engagés à verser 697 millions de dollars (sur l’engagement initial global d’un milliard) à ces deux fonds, dont la gestion a été confiée à la Banque islamique de développement (BID)» qui a son siège à Djeddah (ouest de l’Arabie séoudite), a affirmé hier l’ambassadeur palestinien auprès de la Ligue arabe Mohammad Sobeih. «Sur les 697 millions de dollars, 290 ont été versés à la BID mais jusqu’à présent seulement 10 millions ont été transférés à l’Autorité palestinienne et à des Organisations non gouvernementales palestiniennes», a-t-il déploré. «La BID a décidé en outre d’allouer 43 millions de dollars à d’autres projets d’aide aux Palestiniens, mais ils n’ont pas encore été versés», a-t-il affirmé. «Le mécanisme décidé pour la gestion de ces fonds est parfait pour des sociétés d’investissements mais ne convient pas du tout à un peuple en état de guerre», a déploré M. Sobeih. «Nous voulons que la BID soit mandatée pour verser une assistance financière d’urgence à l’Autorité palestinienne au moment où elle est soumise à d’énormes pressions économiques israéliennes afin de provoquer son effondrement», a-t-il ajouté. Le bouclage imposé par Israël aux territoires palestiniens peu après le début de l’intifada, le 28 septembre, prive 120 000 Palestiniens de leur travail en Israël, soit un manque à gagner d’environ 3,4 millions de dollars par jour, selon des statistiques de l’Onu. Près du tiers de la population des Territoires, soit environ un million de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, une proportion qui devrait passer à la moitié d’ici à la fin de l’année. En outre, depuis la mi-novembre, Israël retient les droits de douane et la TVA qu’il perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne. Les revenus de la TVA reversés aux Palestiniens s’élèvent annuellement à 320 millions de dollars (M USD). Selon l’Onu, les arriérés des taxes douanières dépassent 50 millions de dollars. Lors du sommet du Caire, plusieurs pays avaient refusé de fournir une aide financière directe à l’Autorité palestinienne, arguant du manque de transparence dans sa gestion des fonds. «Ce n’est pas le moment de nous demander de rendre des comptes. Nous ne voulons pas qu’une pression arabe s’ajoute à la pression israélienne et ce problème doit être soumis au prochain sommet d’Amman (le 27 mars) pour le résoudre», a déclaré M. Sobeih. Le responsable palestinien a affirmé que l’Autorité palestinienne avait en outre demandé «un prêt pour couvrir le déficit du budget de l’Autorité palestinienne afin qu’elle puisse verser les salaires des fonctionnaires». Ce déficit est chaque mois de 40 millions de dollars, a-t-il précisé. «Des contacts sont en cours avec certains pays arabes pour récolter cette somme mensuelle», a-t-il ajouté, sans autre précision.
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