Les États-Unis se sont déclarés prêts à travailler avec le gouvernement de coalition conduit par Ariel Sharon sur le dossier israélo-palestinien, un sujet glissant comme le prouve la polémique sur les propos du secrétaire d’État Colin Powell sur Jérusalem. Le nouveau Premier ministre israélien sera à Washington le 20 mars pour une première prise de contact directe avec le président américain George W. Bush, qui a promis de maintenir la «longue relation stratégique» des États-Unis avec l’État hébreu. «Notre relation bilatérale est toujours aussi solide, comme l’est l’engagement des États-Unis envers la sécurité d’Israël», a déclaré un responsable américain. Les États-Unis considèrent Israël comme leur premier allié au Proche-Orient, lui apportant quelque 3 milliards de dollars en assistance chaque année, dont près de 2 milliards d’aide militaire. Washington, a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat, est également soucieux «d’aider Israéliens et Palestiniens à parvenir à une paix durable», tout en soulignant «qu’il revient aux deux parties de prendre les décisions critiques». L’arrivée au pouvoir de M. Sharon, un «faucon» qui a toutefois placé des «colombes», comme le travailliste Shimon Peres, ministre des Affaires étrangères, à des postes-clés, survient alors que l’Administration Bush est en pleine réflexion sur sa politique proche-orientale. La présence de nouveaux gouvernements, tous deux à la recherche de leurs marques, en Israël comme aux États-Unis, pourrait aider à tourner la page après de deux ans de relations très étroites entre le président Bill Clinton et l’ancien Premier ministre Ehud Barak. L’Administration Bush a envoyé dernièrement des signaux montrant qu’elle ne chercherait pas à gêner M. Sharon, déclarant par exemple qu’elle n’était plus liée par les dernières propositions de paix de M. Clinton. Le secrétaire d’État Colin Powell, qui a effectué sa première tournée à l’étranger au Proche-Orient fin février, a indiqué que les États-Unis ne voulaient pas être impliqués au jour le jour dans les affaires israélo-palestiniennes, comme cela a été reproché au président Clinton. Malgré sa volonté de ne pas se laisser engluer par le conflit israélo-palestinien, M. Powell a pu une nouvelle fois mesurer les passions qui entourent ce dossier après de brèves déclarations ambigues sur Jérusalem. M. Powell, qui s’exprimait devant une commission du Congrès, a affirmé que M. Bush restait «résolu à transférer notre ambassade à Jérusalem» qu’il a qualifiée de «capitale d’Israël», tout en affirmant que le moment n’était pas venu, a suscité satisfaction en Israël et indignation dans le monde arabe. Visiblement peu à l’aise, M. Powell a également répété un lapsus à quelques secondes d’intervalle sur ce sujet, parlant à deux reprises de «transférer la capitale» d’Israël, avant de se corriger et préciser qu’il parlait du transfert de l’ambassade. Le département d’État était vendredi à la peine pour expliquer que la position américaine n’avait pas changé sur ce sujet, et que Washington, compte tenu des tensions autour du futur statut de la ville, n’était toujours pas pressé d’y installer son ambassade. Le porte-parole du département d’État, Richard Boucher, a indiqué que M. Powell n’avait fait que «décrire la situation pratique sur le terrain», et que Washington continue de penser que le statut de la Ville sainte «est un sujet sur lequel les deux parties (Israéliens et Palestiniens) se sont engagées à négocier».
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