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Actualités - Chronologies

ALLEMAGNE - Le doute s’installe sur la vigueur de la croissance

Le gouvernement allemand a beau s’accrocher à des prévisions de croissance optimistes pour l’année en cours, un nombre croissant d’experts redoute, au vu des dernières données, que la performance finale de la première économie de la zone euro ne soit pas au niveau des attentes. La croissance demeure «forte», à un «niveau extraordinairement» élevé, a martelé jeudi le ministre allemand des Finances Hans Eichel devant les députés du Bundestag, concédant toutefois que «personne ne conteste» un «affaiblissement» de cette croissance. La veille, le chancelier Gerhard Schröder avait maintenu les prévisions de croissance gouvernementales à 2,7 ou 2,8 %, comptant sur une amélioration de la situation économique intérieure au deuxième semestre grâce aux baisses d’impôts prévues. Pourtant, lui aussi a assorti cet optimisme d’un bémol : à condition «que d’autres facteurs négatifs, notamment au Japon, ne viennent pas gâcher nos efforts». Mais ces promesses au plus haut niveau ne suffisent plus à dissiper les doutes sur la vitalité de l’activité allemande. Ils ont été renforcés cette semaine par l’annonce d’une augmentation du nombre de chômeurs en février, pour le deuxième mois consécutif, et d’un recul des entrées de commandes industrielles en janvier. Deux évolutions qui trahissent les effets du fléchissement américain sur l’économie du pays. L’ambiance a également été refroidie par la publication, la semaine dernière, des données sur la croissance du PIB au second semestre 2000 : les chiffres du troisième trimestre ont connu une révision surprise à +0,3 %, contre une première estimation de +0,6 %. De plus, le quatrième trimestre affiche la plus mauvaise performance de l’année, avec une progression de seulement 0,2 % par rapport au précédent. «Si j’étais dans l’opposition, je demanderais au gouvernement comment il se fait qu’il ne révise pas ses prévisions», critique Hans-Jürgen Meltzer, analyste de la Deutsche Bank. Pour lui, les chiffres avancés par Berlin «ne sont plus réalistes». Il prévoit désormais seulement 2 % de croissance, même s’il juge qu’il serait «absurde de céder à la panique». «D’un point de vue purement comptable, la révision des chiffres de l’an dernier a des répercussions sur les prévisions pour cette année», confirme son collègue Uwe Angenendt, chef économiste de la BHF Bank, qui ne table que sur 1,8 % de croissance. L’un des instituts de conjoncture les plus influents du pays, l’IfW de Kiel (nord), qui avait revu une première fois sa prévision de croissance à 2,4 % début février, l’a abaissée à nouveau, cette fois à environ 2,1-2,2 %, selon l’un de ses dirigeants. Ce dernier a d’ailleurs prévenu que cela pourrait provoquer un «trou» budgétaire de quelque 9 milliards d’euros. «Pour l’instant, le ralentissement allemand n’est dû qu’aux effets de la hausse des prix de l’énergie et de la hausse des taux d’intérêt (de la Banque centrale européenne). Le ralentissement américain ne se fait pas encore sentir», estime M. Angenendt. Or, le prix du pétrole demeure élevé, tandis que la demande en provenance de l’étranger ne devrait guère fournir d’impulsions positives cette année. «On a peu de chances de parvenir à 2 %», conclut-il. Les analystes ne s’attendent cependant pas à ce que le gouvernement revoie sa copie avant le mois de mai, lors de la prochaine présentation du rapport des 5 Sages, et lorsque sera finalement connu le montant des rentrées fiscales. Il n’a nullement intérêt à le faire avant : «Il a des échéances électorales très bientôt», rappelle M. Angenendt, en référence aux élections régionales prévues en mars dans deux Länder allemands.
Le gouvernement allemand a beau s’accrocher à des prévisions de croissance optimistes pour l’année en cours, un nombre croissant d’experts redoute, au vu des dernières données, que la performance finale de la première économie de la zone euro ne soit pas au niveau des attentes. La croissance demeure «forte», à un «niveau extraordinairement» élevé, a martelé jeudi le ministre allemand des Finances Hans Eichel devant les députés du Bundestag, concédant toutefois que «personne ne conteste» un «affaiblissement» de cette croissance. La veille, le chancelier Gerhard Schröder avait maintenu les prévisions de croissance gouvernementales à 2,7 ou 2,8 %, comptant sur une amélioration de la situation économique intérieure au deuxième semestre grâce aux baisses d’impôts prévues. Pourtant, lui aussi a assorti...