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Actualités - Analyses

L’ampleur de la nouvelle coalition, une menace pour sa stabilité

La large coalition, de la gauche à l’extrême droite, formée par le nouveau Premier ministre israélien Ariel Sharon, devrait lui garantir une confortable assise parlementaire, mais son caractère hétéroclite est porteur d’une grande instabilité. Les menaces de dernière minute du parti ultraorthodoxe Shass de ne pas entrer dans la coalition, dont il constitue pourtant la troisième composante avec 17 députés, sont venues illustrer ce danger avant même que le gouvernement Sharon soit investi. Outre une coalition comprenant, avec le Shass, huit partis regroupant 73 députés sur 120, le gouvernement Sharon peut compter sur le soutien de quelque 18 autres députés, religieux et de droite, soit une assise parlementaire de plus de 90 élus. Mais le précédent du Premier ministre travailliste sortant Ehud Barak est là pour rappeler qu’une large coalition en début de mandat ne constitue en rien une formule magique assurant la pérennité et la stabilité d’un gouvernement. En juillet 1999, M. Barak était parvenu à former une coalition de 75 députés. Désireux de représenter tous les segments de la société israélienne, il avait réuni des partis de gauche et de droite, laïcs et religieux. Un an après, il se retrouvait avec une quarantaine d’élus, à la suite de la défection de quatre partis, dont trois qui s’opposaient aux négociations israélo-palestiniennes de Camp David, en juillet 2000. Pour former sa coalition, Ariel Sharon a tenté des mélanges contre nature qui pourraient bien faire exploser la coalition. Dans le même gouvernement, on trouvera ainsi l’artisan des accords d’Oslo et prix Nobel de la paix, le travailliste Shimon Peres, et deux dirigeants de l’extrême droite, Rehavam Zeevi et Avigdor Lieberman, dont l’un prône l’expulsion des Palestiniens et l’autre a évoqué le bombardement de Beyrouth, de Téhéran et du barrage d’Assouan, en Égypte. De plus, le Parti travailliste, qui apporte 23 députés à la coalition, n’est pas une formation homogène. Certains de ses députés se sont opposés à l’entrée dans le gouvernement Sharon et pourraient ruer dans les brancards si le gouvernement navigue trop à droite. D’autres failles sont perceptibles dans cet assemblage, la principale concernant les partis religieux, qui peuvent faire et défaire les coalitions si leurs exigences, généralement dictées par leurs propres intérêts, ne sont pas satisfaites. M. Barak en avait fait l’amère expérience l’an dernier avec le Shass. En invitant ce parti ultraorthodoxe séfarade à faire partie de sa coalition, M. Sharon a donc pris le risque de s’exposer à ses menaces, que de nombreux Israéliens assimilent à du chantage. Un risque d’autant plus important, relevait mercredi le quotidien Haaretz, que si le Shass venait à quitter la coalition, M. Sharon pourrait se retrouver sans parti de rechange. En effet, beaucoup d’alliés naturels du Likoud comme le Parti national religieux (PNR, 5 députés), le parti du Centre (5 députés) ou le Gesher de l’ancien ministre des Affaires étrangères David Lévy (3 députés) ont estimé insuffisantes les propositions de M. Sharon et refusé d’entrer dans la coalition. Enfin, M. Sharon pourrait faire face au ressentiment de députés de son propre parti, le Likoud, qui ont œuvré pour sa victoire à l’élection du 6 février et se retrouvent sans portefeuille. «Avant même son entrée en fonctions, Arik (surnom de M. Sharon) a réussi à faire ce qui avait pris cinq semaines à (l’ancien Premier ministre de droite Benjamin) Netanyahu et cinq mois à Barak : s’attirer l’antagonisme de presque tous les membres de son parti», a déclaré sous couvert d’anonymat un haut responsable du Likoud au quotidien anglophone Jerusalem Post. Sans oublier que M. Netanyahu, qui attend son heure pour reprendre la tête du parti, et a prédit la désagrégation rapide de cette coalition, pourrait bien faire jouer ses alliés au sein du Likoud pour hâter l’échéance.
La large coalition, de la gauche à l’extrême droite, formée par le nouveau Premier ministre israélien Ariel Sharon, devrait lui garantir une confortable assise parlementaire, mais son caractère hétéroclite est porteur d’une grande instabilité. Les menaces de dernière minute du parti ultraorthodoxe Shass de ne pas entrer dans la coalition, dont il constitue pourtant la troisième composante avec 17 députés, sont venues illustrer ce danger avant même que le gouvernement Sharon soit investi. Outre une coalition comprenant, avec le Shass, huit partis regroupant 73 députés sur 120, le gouvernement Sharon peut compter sur le soutien de quelque 18 autres députés, religieux et de droite, soit une assise parlementaire de plus de 90 élus. Mais le précédent du Premier ministre travailliste sortant Ehud Barak est là pour...