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Actualités - Chronologies

Shimon Peres, le phénix qui ne cesse de renaître de ses cendres

Tel le phénix renaissant éternellement de ses cendres, l’ancien Premier ministre travailliste Shimon Peres, le chantre de la paix au Proche-Orient, effectue à 77 ans un nouveau retour spectaculaire en prenant la direction de la diplomatie israélienne dans le gouvernement d’union nationale d’Ariel Sharon. En devenant ministre des Affaires étrangères du chef de la droite, un autre septuagénaire, M. Peres met fin à une longue traversée du désert orchestrée par l’homme qui le délogea en 1997 de la tête du Parti travailliste et fit tout ensuite pour le reléguer dans les oubliettes de l’histoire, le Premier ministre sortant Ehud Barak. Mais comme M. Sharon, 73 ans, a fini par se jouer de son jeune rival Benjamin Netanyahu au sein du Likoud, M. Peres est, lui aussi, sorti vainqueur de sa bataille avec M. Barak. Il est même parvenu à écarter pour l’instant tous les candidats à la succession de M. Barak à la tête du parti travailliste, au point de s’imposer comme l’homme fort d’une formation qui traverse la plus grave crise de son histoire. Le défi pour ce prix Nobel de la paix sera d’éviter d’être ravalé par M. Sharon au rang de simple faire-valoir cautionnant par sa présence et sa réputation une intensification de la répression de la révolte palestinienne. Il est, a priori, paradoxal de voir M. Peres – colombe par excellence et infatigable champion du «nouveau Proche-Orient», celui des accords d’Oslo et de la coopération entre Israël et le monde arabe – à la tête de la diplomatie israélienne sous l’autorité d’un Premier ministre élu avant tout pour rétablir la sécurité des Israéliens et mater l’intifada. C’est justement pour cela que M. Sharon tenait tant à sa présence aux Affaires étrangères, et plus généralement à la participation des travaillistes à son gouvernement. M. Peres a averti, dans une interview publiée vendredi par le quotidien Maariv, qu’il aurait une forme de «droit de veto» sur les décisions de M. Sharon, dans la mesure où il n’hésitera pas à démissionner si le nouveau Premier ministre annule les accords d’Oslo de 1993 ou réoccupe les territoires transférés aux Palestiniens. Le retour de M. Peres est d’autant plus spectaculaire qu’il était considéré comme politiquement fini il y a seulement quelques mois après sa défaite humiliante face à un député de droite totalement inconnu à l’étranger, Moshé Katsav, pour l’élection au poste de chef de l’État. Les sondages avant l’élection au poste de Premier ministre du 6 février avaient toutefois commencé à le relancer, en lui donnant une bien meilleure chance que M. Barak face à M. Sharon. M. Barak avait refusé de se désister à son profit, préférant se faire écraser de 25 points par le chef de la droite. La carrière politique de M. Peres a débuté à 25 ans, le jour où, en faisant de l’auto-stop, il rencontra le «vieux lion» David Ben Gourion, qui devint aussitôt son mentor et lui confia les achats secrets d’armes à l’étranger. Intellectuel brillant, faucon dans sa jeunesse, il a été l’artisan de la force militaire d’Israël, particulièrement dans le domaine nucléaire, mais aussi l’architecte des accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne. Ces accords lui ont valu en 1994 le prix Nobel de la paix, décerné également au Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin et au président palestinien Yasser Arafat. Né à Vishneva (Pologne) en 1923, M. Peres est arrivé en Palestine à l’âge de 11 ans. En 1984, il prend la tête d’un gouvernement d’union nationale avec le Likoud, dont il devient en 1986 vice-Premier ministre, poste qu’il occupera jusqu’en 1990. En 1992, il redevient chef de la diplomatie de M. Rabin, auquel il succède après son assassinat par un extrémiste juif le 4 novembre 1995. M. Peres, qui n’a jamais remporté la moindre élection, conforte ensuite sa réputation d’éternel «loser» en perdant de justesse les élections de mai 1996 face au candidat du Likoud Benjamin Netanyahu. L’année suivante, il est évincé de la direction du Parti travailliste par M. Barak et celui-ci, après sa victoire électorale de mai 1999, créée spécialement pour lui le poste de ministre de la Coopération régionale, sans aucun poids politique, dans le but de le neutraliser. En vain.
Tel le phénix renaissant éternellement de ses cendres, l’ancien Premier ministre travailliste Shimon Peres, le chantre de la paix au Proche-Orient, effectue à 77 ans un nouveau retour spectaculaire en prenant la direction de la diplomatie israélienne dans le gouvernement d’union nationale d’Ariel Sharon. En devenant ministre des Affaires étrangères du chef de la droite, un autre septuagénaire, M. Peres met fin à une longue traversée du désert orchestrée par l’homme qui le délogea en 1997 de la tête du Parti travailliste et fit tout ensuite pour le reléguer dans les oubliettes de l’histoire, le Premier ministre sortant Ehud Barak. Mais comme M. Sharon, 73 ans, a fini par se jouer de son jeune rival Benjamin Netanyahu au sein du Likoud, M. Peres est, lui aussi, sorti vainqueur de sa bataille avec M. Barak. Il est...