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Actualités - Chronologies

Revue hebdomadaire des marchés - Beyrouth : une autre semaine d’expectative

La semaine qui vient de s’achever sur le marché des changes de Beyrouth a été marquée, comme celle qui l’avait précédée, par un climat d’expectative dans l’attente de la concrétisation du plan international d’aide au Liban et de la poursuite des mesures gouvernementales destinées à l’assainissement des finances publiques. Cela d’autant que la réunion de l’Élysée, tenue mardi dernier, avait exprimé son soutien à la nouvelle stratégie du gouvernement de M. Hariri qui s’efforce d’adopter une politique vertueuse afin de juguler les déficits budgétaires chroniques, réduire l’endettement public et promouvoir les investissements. Bien que les résultats de cette réunion aient constitué une avancée majeure devant permettre au Liban de revitaliser son économie, selon les analystes financiers, et «un bon développement que les États-Unis soutiennent fermement» à en croire l’ambassadeur américain à Beyrouth, le marché libanais des changes ne leur a pas réservé l’accueil escompté. Les investisseurs ont continué de manifester une grande réticence à la vente du dollar encore cette semaine, estimant devoir attendre la concrétisation du plan d’assainissement des finances publiques enclenché par le gouvernement et ce à la lumière des débats parlementaires qui seront consacrés à l’examen du projet de budget 2001. Mais il n’en demeure pas moins que la demande du billet vert tendait à se contracter pour ne pas dépasser cette semaine le cadre des besoins commerciaux du pays. Cela étant, la Banque du Liban (BDL) est demeurée la principale sinon l’unique contrepartie valable à la vente du dollar en l’absence d’intérêt à l’offre en dehors d’elle. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue encore une fois à faire clôturer le dollar, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un an et demi. Pourtant, les établissements de crédit continuaient à négocier le billet vert au haut de la fourchette d’intervention de la BDL en l’absence d’autres contreparties à la vente de cette monnaie en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter qu’en raison de la contraction de la demande en devises, l’activité du marché a ralenti durant cette période, estimant le volume des échanges sur toute la semaine à quelque cinquante millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Regain de confiance de l’euro grâce à la déprime de l’économie américaine À l’étranger, l’euro s’est tracé un chemin à la hausse cette semaine, jusqu’à briser le seuil de 0,93 dollar, grâce à la déprime persistante de l’économie américaine et à la dégringolade du yen. Il s’est même hissé hier jusqu’à 0,9380 dollar avant de subir quelques ventes bénéficiaires atténuant son mouvement ascensionnel. L’euro a commencé par reprendre des forces mardi dernier, encouragé par un nouveau repli de la confiance des consommateurs américains. L’indice de confiance sur l’évolution de l’économie aux États-Unis, établi par le Conference Board, a chuté de 9 points environ le mois dernier à 106,80 points contre 115,70 points en janvier, au plus bas depuis juin 1996. De quoi inquiéter le marché alors qu’il s’agissait du cinquième mois consécutif de repli de cet indice très suivi par le marché. Les investisseurs n’ont guère été rassurés par les propos d’Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), mercredi devant la commission bancaire de la Chambre des représentants américains au Congrès. Fait rare, le patron de la Fed avait remanié le texte de son intervention, laissant craindre aux marchés une situation assombrie. «Le ralentissement n’est pas encore terminé et les risques continuent de pencher vers des performances économiques plus faibles», a-t-il affirmé, nuançant toutefois son propos en ajoutant que la faiblesse constatée en toute fin d’année dernière avait été moins sensible au cours des deux premiers mois de 2001. Greenspan a rajouté dans son discours une série de points peu réjouissants, ont jugé les analystes de PNB-Paribas dans leur note hebdomadaire publiée hier. Dans ces conditions, les experts tablent d’ores et déjà sur une nouvelle baisse des taux d’intérêt américains lors de la réunion de la Fed, le 20 mars. Les experts les plus audacieux tablent sur une baisse d’un point entier en pourcentage des taux servis sur les fonds fédéraux (Fed funds), ce qui pourrait ramener d’un coup le loyer de l’argent américain à 4,50 %. Le marché attend surtout de voir la teneur du rapport sur l’emploi et les salaires aux États-Unis le mois dernier, qui sera publié le 9 mars. D’après les prévisions de la Banque HSBC, le nombre d’emplois créés aux États-Unis en février devrait être à zéro contre 268 000 en janvier, avec un taux de chômage inchangé à 4,2 % de la population active. En Europe, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir ses taux directeurs inchangés à 4,75 % est venue soutenir l’euro depuis jeudi. Cela d’autant que les opérateurs ont été rassurés par les propos de son gouverneur, Wim Duisenberg, qui a estimé qu’il n’y avait pas de signes de répercussion significative et durable sur la zone euro du ralentissement de la croissance économique américaine. Le dollar n’a pas été le seul à être déprimé cette semaine. Au Japon, les turbulences économiques et politiques ont lourdement pesé sur le yen. Ce dernier a dégringolé contre la plupart des devises, apportant un soutien supplémentaire à l’euro pour lutter contre le billet vert. La Banque du Japon a pris par surprise les investisseurs, mercredi dernier, en abaissant ses taux directeurs, envoyant la devise nippone au plancher, au-dessus de la barre psychologique des 117 yens pour un dollar. Mais cette décision a été inefficace pour relancer l’économie japonaise dans la tourmente. Au contraire, l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo est entré dans une spirale de baisse, affichant hier un plus bas jamais connu depuis quinze ans. Cela d’autant que le déclin de la production industrielle nippone en janvier (-3,9 %), le plus important depuis six ans, est venu raviver les inquiétudes concernant l’impact du ralentissement de la demande mondiale sur l’économie japonaise. «Si l’économie japonaise n’a pas pu se redresser au cours de la période de prospérité de l’économie américaine et mondiale, il est peu probable qu’elle y arrive lors d’un sévère ralentissement de la croissance américaine», a souligné la note hebdomadaire de BNP-Paribas. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar ne tardait pas à renouer avec la baisse vis-à-vis de toutes les autres grandes monnaies, à l’exception du yen, se négociant hier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,9342 pour un euro contre 0,9180, vendredi dernier – 1,4705 pour un sterling contre 1,4550 – 2,0935 DM contre 2,1305 – 7,0215 FF contre 7,1455 – 1,6480 FS contre 1,6745 – 2 080,15 lires contre 2 109,25 – 118,90 yens contre 115,80. Semaine mitigée sur les places boursières Sur les places boursières internationales, la Bourse électronique Nasdaq a continué cette semaine sa descente aux enfers, plombée par les avertissements des grandes sociétés américaines de la haute technologie sur leurs résultats, laissant exsangues les valeurs de l’Internet et des télécommunications. De plus, les marchés américains des valeurs mobilières n’ont pas pu digérer sur la semaine une nouvelle batterie de statistiques faisant craindre une récession économique aux États-Unis. Les opérateurs boursiers ont été très sensibilisés non seulement par la baisse de 9 points de l’indice de confiance des consommateurs américains le mois dernier, mais aussi par la diminution de 6 % des commandes de biens durables et de 10,9 % des ventes de logements neufs en janvier ainsi que par la révision de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) américain au quatrième trimestre de 1,4 % à 1,1 % contre 2,2 % au troisième trimestre, confirmant le net ralentissement de l’économie. Ce développement, qui devait inciter la Fed à assouplir davantage sa politique monétaire même avant la réunion de son comité de l’open market le 20 mars, semble laisser de marbre le président de la Banque centrale américaine lors de son témoignage devant la commission bancaire de la Chambre des représentants en laissant entendre mercredi dernier qu’il ne fallait rien espérer avant la prochaine réunion de la Fed et d’ajouter que celle-ci préférait d’une manière générale prendre des décisions lors de ses réunions régulières. Pourtant, les conjectures selon lesquelles l’institut d’émission américain s’apprête d’ores et déjà à réduire le loyer de l’argent le 20 mars d’un point entier en pourcentage à 4,50 % sont venues redresser le tir des opérateurs boursiers à la fin de la semaine. Cette perspective a donc permis à l’indice composite Nasdaq de réduire ses pertes à 5,88 %, à 2 129,42 points en préclôture hier contre 2 262,51 points à la fin de la semaine dernière, et à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles à Wall Street de recouvrer une partie de son terrain perdu en s’élevant hier en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, à 10 444,22 points contre 10 441,90 points à la fin de la semaine dernière, en légère hausse de 0,02 % en moyenne d’une huitaine à l’autre. Pour ce qui est des Bourses européennes, et avant le rétablissement des marchés américains hier en préclôture, elles devaient achever la semaine dans la tourmente car déprimées par la morosité de Wall Street et du Nasdaq dans lesquels elles mettaient généralement leurs pas comme d’habitude. La décision de la BCE de laisser ses taux inchangés a été, en outre, mal accueillie par les investisseurs qui tablaient sur un assouplissement du crédit dans la zone euro. En effet, l’indice Footsie de la Bourse de Londres a dû perdre 1,43 % en affichant en clôture hier 5 858,60 points contre 5 943,70 points à la fin de la semaine dernière et l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris 0,58 % à 5 291,92 points contre 5 322,84 points, alors que l’indice Extra Dax de la Bourse de Francfort est parvenu seul à se soustraire à ces influences déprimantes, en gagnant 1,38 % à 6 159,02 points contre 6 075,34 points pendant la même période. Quant à la Bourse de Tokyo, elle a vécu une semaine noire, l’indice Nikkei tombant à ses plus bas niveaux jamais connus depuis quinze ans en raison des craintes pour la santé de l’économie japonaise et de la fragilité persistante du système financier nippon. Il a ainsi clôturé la semaine hier sur une chute de 7,43 % à 12 261,80 points contre 13 246,00 points à la fin de la semaine dernière.
La semaine qui vient de s’achever sur le marché des changes de Beyrouth a été marquée, comme celle qui l’avait précédée, par un climat d’expectative dans l’attente de la concrétisation du plan international d’aide au Liban et de la poursuite des mesures gouvernementales destinées à l’assainissement des finances publiques. Cela d’autant que la réunion de l’Élysée, tenue mardi dernier, avait exprimé son soutien à la nouvelle stratégie du gouvernement de M. Hariri qui s’efforce d’adopter une politique vertueuse afin de juguler les déficits budgétaires chroniques, réduire l’endettement public et promouvoir les investissements. Bien que les résultats de cette réunion aient constitué une avancée majeure devant permettre au Liban de revitaliser son économie, selon les analystes financiers, et «un...