Le dollar est demeuré recherché à Beyrouth en attendant la concrétisation du plan international d’aide au Liban et la poursuite des mesures gouvernementales destinées à assainir les finances publiques. Toutefois, l’absence d’intérêts à l’offre du billet vert en dehors de la Banque du Liban (BDL) est venue faire de celle-ci l’unique contrepartie à la vente de cette monnaie au haut de sa fourchette d’intervention, maintenu à 1 514,00 LL ainsi que le bas de celle-ci à 1 501,00 LL. Cela étant, le dollar, qui a dû clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, continuait à être négocié dans les transactions interbancaires à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume des échanges n’aurait pas dépassé sur toute la journée d’hier quelque dix millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à ce prix. L’euro soutenu par la faiblesse du dollar À l’étranger, l’euro a brisé le seuil de 0,93 dollar hier, pour la première fois depuis trois semaines, soutenu par la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de laisser ses taux directeurs inchangés à 4,75 % et par les inquiétudes persistantes des investisseurs concernant la croissance américaine. La monnaie européenne a été, en outre, encouragée par les propos de Wim Duisenberg, gouverneur de la BCE, sur la situation de l’économie européenne lors d’une conférence de presse qui a apporté un peu de baume au cœur de l’euro. M. Duisenberg a estimé hier qu’il n’y avait pas de signes de répercussion significative et durable sur la zone euro du ralentissement de la croissance américaine. Ces commentaires, excluant aussi la présence de pressions inflationnistes dans cette zone, ont aidé la monnaie européenne qui a profité de la faiblesse générale du billet vert. De fait, l’euro a vraiment décollé hier après la publication d’une nouvelle série de mauvais indicateurs américains qui ont pesé sur le dollar, notamment les chiffres sur l’emploi aux États-Unis. À cet égard, les investisseurs ont été très sensibilisés par l’annonce du département américain de Travail que les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont augmenté de 39 000 pour totaliser 372 000 unités la semaine dernière, témoignant de l’ampleur des suppressions d’emplois non agricoles en raison de la faiblesse persistante de l’économie américaine. D’autre part, l’indice d’activité des directeurs d’achat des groupes manufacturiers américains (NAPM), également publié hier, s’est établi à seulement 41,90 points le mois dernier contre 41,20 points en janvier, donc toujours sous la barre des 50 points qui marque une récession du secteur manufacturier. Selon les experts, un indice sous les 42,7 points marque aussi une contraction de l’économie en général compte tenu du poids dans celle-ci du secteur manufacturier. Cela étant, les opérateurs sont restés très indifférents hier à la hausse de 0,7 % des dépenses à la consommation aux États-Unis en janvier, dans une proportion plus grande que la hausse de 0,6 % des revenus personnels des Américains pendant la même période, ainsi qu’à l’augmentation de 1,5 % des dépenses à la construction. Cela d’autant que Wall Street et le Nasdaq s’enfonçaient davantage hier après l’ouverture. Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi de la fermeté du sterling après l’enquête de la Confédération de l’industrie britannique (CBI) faisant état d’une croissance «robuste» pour les ventes de détail en Grande-Bretagne le mois dernier, le dollar s’est négocié à New York sur un ton vulnérable comme suit : – 0,9317 pour un euro contre 0,9240, la veille – 1,4575 pour un sterling contre 1,4445 – 2,0992 DM contre 2,1167 – 7,0404 FF contre 7,0990 – 1,6500 FS contre 1,6690 – 2078,21 lires contre 2095,55 – 117,30 yens contre 117,35. Bourse de Beyrouth : hausse dans un marché creux À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été soutenue hier par la hausse des actions B de Solidere de 6 1/8 à 6 1/2 dollars, dans une proportion plus grande que la baisse des actions A de la même société de 6,00 à 5 7/8 dollars, le restant de la cote étant stationnaire. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a gagné 0,36 % à 61,04 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 141,52 points. Ce mouvement s’est toutefois produit dans un marché creux avec seulement 8 381 actions négociées d’une valeur de 20 864 dollars. Les Bourses américaines dans la déprime Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont évolué en net repli hier, les investisseurs restant déprimés par les sombres perspectives de l’économie aux États-Unis et les prévisions de résultats de sociétés moins bons qu’attendu parmi les technologiques. Selon les analystes boursiers, la cote américaine a été tirée vers le bas hier par les mauvaises performances des sociétés technologiques, après les avertissements sur les résultats de Gateway et 3Com. La première a chuté de 8,55 % après avoir abaissé ses prévisions de bénéfice, et la deuxième a lâché 21,23 %, après avoir annoncé qu’elle s’attendait à un chiffre d’affaires et un résultat nettement inférieurs à ses dernières prévisions pour le troisième trimestre de son exercice 2000/2001. Des licenciements potentiels chez WorldCom et Corning ont renforcé les craintes des investisseurs à propos de l’impact du ralentissement économique américain sur le secteur des télécoms et la baisse des commandes sur ce marché. Enfin, la dégradation par Merrill Lynch et Salomon Smith Barney de la note de BroadCom, spécialisée dans les circuits intégrés pour systèmes de télécoms par bande rouge, a confirmé la mauvaise santé du secteur. Cela étant et compte tenu aussi du fléchissement des actions bancaires et aériennes, l’indice composite Nasdaq a dû perdre largement du terrain (à 2 095 points) ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a oscillé entre un plus haut à 10 493,25 points et un plus bas à 10 302,89 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 353,07 points, en baisse de 142,21 points sur la veille. Les Bourses européennes à un plus bas depuis 16 mois Les marchés boursiers européens inscrivaient un plus bas depuis 16 mois en fin de journée jeudi, affectés pour le deuxième jour consécutif par les lourdes pertes des valeurs high techs et des télécoms, les déclarations du président de la Fed Alan Greenspan ayant déçu ceux qui espéraient une réduction imminente des taux. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 perdait 13,25 points, soit 0,93 %, à 1 415,30, après avoir inscrit un plus bas de 1 406,58, et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro 36,27 points, soit 0,84 %, à 4 282,61. Mercredi, les investisseurs ont attendu en vain que Greenspan laisse entrevoir une baisse des taux avant la prochaine réunion de la Fed, le 20 mars, afin d’enrayer le mauvais effet du flot de révisions en baisse des résultats et de mises en garde imputables au ralentissement économique. Les perspectives de réduction des taux avant le 20 mars semblent désormais minces et les investisseurs n’ont rien d’autre à se mettre sous la dent que le ralentissement économique américain et les mises en garde sur résultats. Comme prévu, la Banque centrale européenne (BCE) n’a pas modifié ses taux d’intérêt lors de sa réunion de jeudi. Le DJ Stoxx European des valeurs de la technologie a cédé 3,10 %. En raison de la baisse des valeurs de la technologie, des télécommunications, des financières et de la distribution, certaines liquidités ont été investies dans celles du bâtiment, de la chimie, des services publics et de la santé. Dans ce dernier compartiment, AstraZeneca et GlaxoSmithKline se sont mis en évidence avec des hausses respectives de 1,60 et de 0,50 %. Le fabricant britannique d’ordinateurs portables Psion est venu s’ajouter à la liste des high techs dressant de sombres perspectives en annonçant des suppressions d’emploi et en renonçant au projet de nouvelle gamme de «téléphones intelligents». Le titre a abandonné 25 %, après avoir inscrit un plus bas depuis deux ans. Tokyo : au plus bas depuis 15 ans La réduction inattendue des taux d’intérêt annoncée mercredi par la Banque du Japon a dopé jeudi le compartiment bancaire, mais cela n’a pas suffi à soutenir le marché boursier dans son ensemble, le principal indice s’inscrivant à son plus bas en clôture de ces 15 dernières années. Le Nikkei a terminé sur une baisse de 201,88 points, soit 1,57 %, à 12 681,66, ayant maintenant abandonné la totalité des gains qu’il avait enregistrés au cours de la période d’inflation des actifs de la fin des années 80 jusqu’à un plus haut à 38 915,87 en décembre 1989. La séance de jeudi a été marquée par de forts dégagements sur les grandes valeurs technologiques, notamment Furukawa Electric Co Ltd, les boursiers ayant considéré qu’à elle seule, la détente du crédit par la Banque du Japon ne suffirait pas à détourner l’attention de la baisse de ce type de valeurs sur les marchés américains. L’indice pondéré Topix a quant à lui abandonné 14,21 points, soit 1,14 %, à 1 227,27. On a dénombré sur la première section de la cote 827 valeurs en baisse pour 496 en hausse après l’échange de 885 millions d’actions contre 907 millions mercredi.
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