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Actualités - Chronologies

Immigration clandestine : les Quinze menacés de psychose

La psychose suscitée en Europe par les émigrants fantômes du cargo Elpa témoigne de l’inquiétude grandissante des pays européens en matière d’immigration clandestine, qui répondent par un durcissement des politiques nationales et une coopération encore très timide. Soupçonné de transporter de la drogue ou des candidats à l’exil, sur la base d’informations qui auraient été recueillies par les douanes françaises ou des services de renseignements européens, le cargo panaméen Elpa a mis en alerte de vendredi à samedi les autorités françaises, belges puis néerlandaises. Encore sous le choc de l’échouage le 17 février du vraquier cambodgien East Sea sur le littoral français de la Côte d’Azur avec 910 immigrants kurdes à bord, les autorités maritimes françaises avaient informé Bruxelles et La Haye de leurs soupçons sur l’Elpa. La Belgique a mis en place une large cellule gouvernementale de crise, les maires de la côte belge devaient informer Bruxelles de tout mouvement suspect. Mais après 24 heures, la rumeur s’est dégonflée : le capitaine de l’Elpa, qui se rendait à Amsterdam où il devait charger du charbon, a accepté l’inspection de la maréchaussée néerlandaise qui n’a révélé aucune présence illicite à bord. Après le drame de Douvres, port britannique où 58 clandestins chinois sont morts en juin 2000 asphyxiés dans un camion néerlandais qui venait de traverser la mer du Nord depuis la Belgique, puis l’échouage de l’East Sea, l’épisode des émigrants fantômes de l’Elpa révèle à nouveau le délicat équilibre que les pays européens doivent trouver dans leur politique relative à l’immigration clandestine. Arrivés illégalement ou non, 390 000 migrants ont déposé une demande d’asile en 2000 dans l’Union européenne (dont 97 860 au Royaume-Uni, 78 000 en Allemagne, 43 900 aux Pays-Bas, 42 690 en Belgique et 38 590 en France), auxquels se sont ajoutés, selon Europol, 500 000 nouveaux clandestins. États de droit, les pays européens sont tenus d’offrir un hébergement temporaire, de lutter contre les trafics d’êtres humains et d’accorder normalement l’asile aux victimes de persécutions dans leur pays d’origine. Mais ils se fixent aussi comme objectif la maîtrise des flux migratoires, surtout en période électorale, ce qui explique le durcissement récent de certaines politiques nationales. Le Royaume-Uni a proposé début février une révision restrictive du droit d’asile à l’échelon européen. La Belgique a supprimé en janvier l’aide financière aux candidats-réfugiés. Les Pays-Bas ont voté une loi plus restrictive sur l’asile qui doit entrer en vigueur le 1er avril. L’Espagne vient d’adopter une loi qui rétablit la procédure d’urgence pour les expulsions. Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, et le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, ont dénoncé récemment ce durcissement de l’Europe. Les progrès des Quinze vers une politique commune d’asile et d’immigration sont également ralentis par cette tendance au repli et par les divergences entre États, comme l’ont admis les 8 et 9 février à Stockholm les ministres de la Justice et de l’Intérieur de l’Union européenne. Une harmonisation est pourtant nécessaire afin que les réseaux de trafiquants d’êtres humains n’exploitent plus les différences de législations nationales, si bien que les Quinze ont convenu à Stockholm «d’accélérer» la mise en place d’un régime européen de l’asile. En attendant, la coopération progresse surtout en matière répressive et de façon bilatérale, comme l’illustrent l’accord franco-britannique du 9 février sur le renforcement des contrôles sur la voie ferrée trans-Manche, ainsi que la signature le 5 mars prochain d’un accord franco-belge de coopération policière.
La psychose suscitée en Europe par les émigrants fantômes du cargo Elpa témoigne de l’inquiétude grandissante des pays européens en matière d’immigration clandestine, qui répondent par un durcissement des politiques nationales et une coopération encore très timide. Soupçonné de transporter de la drogue ou des candidats à l’exil, sur la base d’informations qui auraient été recueillies par les douanes françaises ou des services de renseignements européens, le cargo panaméen Elpa a mis en alerte de vendredi à samedi les autorités françaises, belges puis néerlandaises. Encore sous le choc de l’échouage le 17 février du vraquier cambodgien East Sea sur le littoral français de la Côte d’Azur avec 910 immigrants kurdes à bord, les autorités maritimes françaises avaient informé Bruxelles et La Haye de...