Le Koweït a dépensé sans compter pour s’armer, mais, dix ans après sa libération de l’occupation irakienne, il continue à dépendre du parapluie militaire américain pour se protéger du régime de Saddam Hussein. Le riche émirat pétrolier a dépensé la plus grande partie d’une enveloppe de 12 milliards de dollars qu’il a consacrée en 1992 à la reconstruction de son armée, mise à mal par l’occupation irakienne d’août 1990 à février 1991. Cette enveloppe est distincte des dépenses ordinaires de l’armée et de la police, qui absorbent plus de 30 % des 13 mds USD alloués annuellement au budget de l’État, ce qui place le Koweït au premier rang mondial pour les dépenses en matière de défense par tête d’habitant. L’armée koweïtienne compte 25 000 hommes, y compris les réservistes, et l’émirat dépend pour sa sécurité des principaux partenaires de la coalition anti-irakienne de la guerre du Golfe en 1991, en l’occurence les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, selon des analystes. «Le Koweït et les autres États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) auront toujours besoin (de l’aide) de troupes étrangères aussi longtemps que la mentalité irakienne n’aura pas changé», a estimé le président d’un centre koweïtien indépendant d’études stratégiques, Sami al-Faraj. L’émirat a acquis des chars et avions aux États-Unis, des transports de troupes en Grande-Bretagne et des vedettes rapides en France. La Russie et la Chine, les deux autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, lui ont fourni respectivement un système de lance-roquettes et des canons d’artillerie. Cependant, le petit émirat, avec une population autochtone de quelque 800 000 habitants, ne peut, malgré ses dépenses, que former une simple force «de dissuasion» face à son voisin du Nord dont l’armée reste puissante en dépit de dix ans de sanctions internationales. «Nous ne sommes pas assez nombreux (pour faire face à l’Irak). Si nous tenons pendant deux ou trois jours devant les Irakiens, ce sera un exploit. Nous avons à équiper notre armée pour l’aider à tenir pendant quatre ou cinq jours», avant l’arrivée de l’aide étrangère, a expliqué l’ex-ministre de la Défense Salem al-Sabah. Après la crise du Golfe, l’émirat avait signé des pactes de défense avec Londres, Paris et Washington, et des accords de coopération militaires avec Moscou et Pékin. Il a indiqué qu’il allait renouveler son pacte avec les États-Unis dès son expiration fin 2001. Les États-Unis maintiennent quelque 4 500 militaires au Koweït où ils envisagent de renforcer leurs bases aériennes. Au total, 25 000 militaires américains et plusieurs bâtiments de guerre sont stationnés en permanence dans le Golfe. «Mais l’équilibre des forces est toujours en faveur de l’Irak, malgré la présence des troupes étrangères dans la région», a admis M. Faraj. «La défaite militaire de l’Irak n’a pas donné de résultats politiques concluants, Saddam (Hussein) étant toujours là. Sa défaite n’a fait que mettre en sommeil ses revendications», a-t-il ajouté. Les dirigeants du CCG, qui ambitionnent de porter de 5 000 à 22 000 hommes les effectifs de leur force commune Bouclier de la péninsule, ont signé en décembre un pacte de défense commune qui les engage «à défendre tout État membre en cas de menace étrangère ou de danger».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Koweït a dépensé sans compter pour s’armer, mais, dix ans après sa libération de l’occupation irakienne, il continue à dépendre du parapluie militaire américain pour se protéger du régime de Saddam Hussein. Le riche émirat pétrolier a dépensé la plus grande partie d’une enveloppe de 12 milliards de dollars qu’il a consacrée en 1992 à la reconstruction de son armée, mise à mal par l’occupation irakienne d’août 1990 à février 1991. Cette enveloppe est distincte des dépenses ordinaires de l’armée et de la police, qui absorbent plus de 30 % des 13 mds USD alloués annuellement au budget de l’État, ce qui place le Koweït au premier rang mondial pour les dépenses en matière de défense par tête d’habitant. L’armée koweïtienne compte 25 000 hommes, y compris les réservistes, et l’émirat...