Adepte du traitement d’un thème par semaine, le président George W. Bush récolte des éloges pour sa prestation depuis son arrivée il y a moins d’un mois à la Maison-Blanche, mais il va devoir batailler pour faire passer son plan de réduction des impôts, estiment les experts. «Bush a pris un départ plutôt bon», estime Eric Davis, professeur de sciences politiques à Middlebury College (Vermont) tout en prévoyant une bataille acharnée autour du principal projet de politique intérieure du nouveau président : un plan de réduction d’impôts de 1 600 milliards de dollars. «Ce ne sont que des impressions floues, mais elles sont positives», a déclaré le représentant démocrate William Delahunt, rendant hommage aux efforts de Bush pour «changer la nature hystérique» du discours politique en vogue sous son prédécesseur Bill Clinton. Depuis sa prise de fonctions le 20 janvier, M. Bush s’est attaché à tenir ses promesses de campagne, certaines controversées, tout en lançant ce que d’aucuns ont appelé une «offensive de charme» pour faire taire ses critiques tant aux États-Unis qu’à l’étranger. Le président s’est engagé à consulter ses alliés de l’Otan et à discuter avec la Russie et la Chine concernant le projet controversé de bouclier antimissile (National Missile Defense, NMD), mais il a donné au projet un élan que Moscou a qualifié de «dangereux pour le monde». En politique intérieure, promettant une approche ayant le soutien des partis démocrate et républicain, il a accueilli des dizaines de parlementaires démocrates à la Maison-Blanche, même si son porte-parole a affirmé qu’il ne «reculera pas» sur la dimension qu’il entend conférer à son plan de réduction d’impôts. Bush, qui a fait campagne sur le rétablissement de la dignité à la Maison-Blanche après les scandales des années Clinton, a bénéficié des débats sur les grâces de dernière minute accordées par le président sortant et sur les cadeaux que lui et sa femme Hillary ont acceptés dans sa dernière année de mandat. «Cela rend tout ce qu’il dit à propos du rétablissement de l’intégrité à la Maison-Blanche plus crédible», estime Eric Davis. Par ailleurs, sa stratégie d’utilisation de «plusieurs événements la même semaine pour attirer l’attention sur un sujet particulier (éducation, impôts...) fonctionne», explique-t-il. Bush semble avoir perdu peu de son capital de sympathie en nommant dans son Administration quelques conservateurs expérimentés, notamment l’Attorney General (ministre de la Justice) John Ashcroft. Selon un sondage de l’hebdomadaire Newsweek publié cette semaine, 52 % des Américains approuvent jusqu’à présent sa prestation, contre 51 % pour Bill Clinton à la même étape de son mandat. Ce sondage, réalisé auprès de 1 000 adultes, comporte une marge d’erreur de plus ou moins trois points.
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