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Actualités - Chronologies

Familles éclatées, jeunesse paumée, monde désenchanté

Familles éclatées, jeunesse paumée, monde désenchanté entre drogue, sexe et consommation... la 51e Berlinale est entrée dans le nouveau millénaire en abordant de front les problèmes de société, parfois en rose, plus souvent en noir, et même les espions de John Le Carré n’ont plus la pêche. Des barons de la drogue de Tijuana au voleur de bicyclette pékinois, en passant par le Bronx, Harlem, Taipeh, Copenhague, Londres, Rome, le nord de l’Argentine, le festival a présenté un panorama foisonnant du cinéma mondial où tous les continents étaient représentés, avec une prime à l’Europe. Ouvert dans le fracas des armes par Stalingrad : enemy at the gates du Français Jean-Jacques Annaud, la Berlinale se clôt au rythme lent d’une valse, le Danube bleu, sur les images visionnaires de 2001 : A Space Odyssey de Stanley Kubrick. Pour sa dernière édition, le vétéran suisse Moritz de Hadeln, prié au printemps dernier de céder la place, aurait souhaité voir plus de stars fouler le tapis rouge, place Marlène Dietrich. Elles furent surtout européennes, comme la majorité des films de la sélection officielle : Sir Sean Connery, John Le Carré, Jude Law, Kate Winslet, Juliette Binoche, Monica Bellucci, Sir Anthony Hopkins (américain d’adoption). Mais la Berlinale a eu le privilège d’accueillir l’une des dernières légendes de Hollywood, Kirk Douglas. La sélection officielle était plus copieuse que l’an dernier, avec 23 candidats pour l’Ours d’or. Mais ce cru 2001 n’a pas toujours été à la hauteur de l’attente. Le cinéma asiatique, qui jouit depuis quelques années d’un vif engouement, manifesté par le succès de Tigre et dragon, In the Mood for Love, Yi yi, était venu en force avec cinq titres, dont un seul, Beijing bicycle, s’est vraiment imposé. Un marathon de douze jours Les films qui ont marqué abordaient tous des sujets contemporains, la drogue dans Traffic, les familles éclatées ou recomposées dans La ciénaga et Le fati ignoranti, les préjugés et le racisme dans Bamboozled et Little Senegal, la solitude et la quête de l’amour dans My Sweet Home et Italien pour débutants, le sexe, initiation ou obsession, dans A ma sœur et Intimacy, la jeunesse sans repères dans Betelnut Beauty... Pendant ce marathon de douze jours, à raison de 150 projections par jour entre le festival et le marché, ce sont des centaines de films qui ont été projetés devant un public de professionnels et de cinéphiles fervents et assidus. L’an dernier, 390 000 entrées avaient été enregistrées. Le programme est d’un éclectisme absolu. La sélection officielle, parfois accusée d’être un tremplin pour Hollywood, est plus «glamour» avec quelques gros titres qui profitent de l’opération de promotion inespérée qu’est la Berlinale, pour sortir dans la foulée, comme Hannibal ou Finding Forrester. Dans les suites des palaces de Berlin, journalistes norvégien et japonais, australien et néerlandais, se retrouvent pour des interviews en groupe et à la chaîne des stars en tournée de service après-vente. Mais la Berlinale est aussi le seul grand festival qui accorde une place de choix aux documentaires, que ce soit au Panorama ou au Forum : des témoignages d’anciens des Brigades internationales à l’après-génocide au Rwanda, de la fin d’un transsexuel américain atteint d’un cancer des ovaires à Berlin Babylon, un documentaire sur les bouleversements de la nouvelle capitale allemande dont le titre est tout un symbole. Installé depuis un an dans son nouveau cœur de béton, d’acier et de verre de Potsdamer Platz, encore entouré de friches et de chantier, le festival a aussi présenté la version reconstruite de Metropolis, film visionnaire de Fritz Lang à qui la Berlinale rendait hommage.
Familles éclatées, jeunesse paumée, monde désenchanté entre drogue, sexe et consommation... la 51e Berlinale est entrée dans le nouveau millénaire en abordant de front les problèmes de société, parfois en rose, plus souvent en noir, et même les espions de John Le Carré n’ont plus la pêche. Des barons de la drogue de Tijuana au voleur de bicyclette pékinois, en passant par le Bronx, Harlem, Taipeh, Copenhague, Londres, Rome, le nord de l’Argentine, le festival a présenté un panorama foisonnant du cinéma mondial où tous les continents étaient représentés, avec une prime à l’Europe. Ouvert dans le fracas des armes par Stalingrad : enemy at the gates du Français Jean-Jacques Annaud, la Berlinale se clôt au rythme lent d’une valse, le Danube bleu, sur les images visionnaires de 2001 : A Space Odyssey de Stanley...