Les parties au conflit en République démocratique du Congo (RDC) tentaient hier, lors d’un sommet dans la capitale zambienne, de donner une chance à la paix en relançant l’accord de Lusaka qui prévoit le retrait des forces étrangères qui se battent en RDC depuis 1998. Mais l’absence de trois chefs d’État belligérants, Paul Kagame (Rwanda), Yoweri Museveni (Ouganda) et Jose Eduardo Dos Santos (Angola), risque cependant d’hypothéquer les chances de succès du sommet. Le premier refuse d’aller en Zambie qu’il accuse de partialité et n’y disposera d’aucune délégation. Le deuxième, pris par une campagne électorale, sera représenté à Lusaka. Le troisième a envoyé son ministre de la Défense, Kundi Pahyama. Principal allié militaire de Kinshasa avec 12 000 soldats stationnés en RDC, le Zimbabwe a exprimé l’espoir que le sommet – le premier depuis la mort de Laurent-Désiré Kabila en janvier – permettrait de donner un coup de fouet aux efforts de paix. «Nous espérons une accélération du processus de paix en RDC», a déclaré mercredi le président zimbabwéen Robert Mugabe. L’un des dirigeants de la rébellion de RDC, M. Ernest Wamba dia Wamba, a exprimé son optimisme hier sur les chances de succès du sommet. «Nous attendons énormément (du sommet)», a déclaré le chef du Rassemblement congolais pour la démocratie-Mouvement de libération (RCD-ML) soutenu par l’Ouganda. «Quelque chose doit sortir de ce sommet». «Près de deux millions de personnes sont mortes en RDC en deux ans et demi. Nous ne voulons pas faire de comparaisons, mais cela fait beaucoup de gens», a-t-il dit. Pour le chef rebelle, le sommet doit évoquer les points-clés suivants : désengagement et retrait des troupes, déploiement des observateurs de l’Onu et dialogue intercongolais. Pour sa part, le Zimbabwe est prêt à se retirer de RDC en respectant les termes de l’accord de paix de Lusaka resté lettre morte depuis sa signature par toutes les parties – États et rebelles – en juillet-août 1999. «Nous sommes toujours prêts à retirer nos forces (armées), mais pas si c’est en faveur des agresseurs, il faut qu’eux aussi se retirent conformément à l’accord de paix de Lusaka», a indiqué M. Mugabe. Le chef de l’État zimbabwéen, dont le pays subit sa plus grave crise économique depuis l’indépendance, est soumis à de multiples pressions en vue d’un retrait de RDC où son intervention militaire grève l’économie zimbabwéenne et est impopulaire. Les belligérants devraient étudier à Lusaka l’application de l’accord de désengagement des forces conclu à Harare en décembre dernier. En principe, toutes les forces doivent se retirer de 15 km au moins de part et d’autre de la ligne de front. Des observateurs de l’Onu devraient s’installer dans la zone-tampon formée par ce retrait pour pouvoir vérifier le respect du cessez-le-feu. L’accord de Lusaka prévoit le retrait de toutes les forces étrangères de RDC. Kinshasa est soutenu militairement par l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie qui font face sur le champ de bataille à trois factions rebelles rivales soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. Le Congo-Brazzaville a proposé mercredi au président de RDC Joseph Kabila, qui assiste à Lusaka à son premier sommet, une initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso pour régler le conflit de RDC. Brazzaville propose que les troupes «non invitées» par Kinshasa (Rwanda, Ouganda, Burundi) quittent la RDC et que les «troupes invitées» (Zimbabwe, Angola, Namibie) y demeurent. «Il ne s’agit pas d’un nouveau plan de paix, mais d’une initiative destinée à faciliter l’application de l’accord de Lusaka qui n’a pas été exécuté par les belligérants depuis sa signature en 1999», a expliqué l’ambassadeur du Congo à Kinshasa, Roger Edouard Okoula. Le sommet de Lusaka, qui aurait dû s’ouvrir hier à 10h00 (08h00 GMT), a pris beaucoup de retard en raison notamment de l’absence de certains participants. En fin de matinée, les présidents Mugabe (Zimbabwe), Sam Nujoma (Namibie), Kabila (RDC) et Frederick Chiluba (Zambie) étaient présents à Lusaka.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les parties au conflit en République démocratique du Congo (RDC) tentaient hier, lors d’un sommet dans la capitale zambienne, de donner une chance à la paix en relançant l’accord de Lusaka qui prévoit le retrait des forces étrangères qui se battent en RDC depuis 1998. Mais l’absence de trois chefs d’État belligérants, Paul Kagame (Rwanda), Yoweri Museveni (Ouganda) et Jose Eduardo Dos Santos (Angola), risque cependant d’hypothéquer les chances de succès du sommet. Le premier refuse d’aller en Zambie qu’il accuse de partialité et n’y disposera d’aucune délégation. Le deuxième, pris par une campagne électorale, sera représenté à Lusaka. Le troisième a envoyé son ministre de la Défense, Kundi Pahyama. Principal allié militaire de Kinshasa avec 12 000 soldats stationnés en RDC, le Zimbabwe a exprimé...