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Actualités - Chronologies

AUTRICHE - Vienne veut constituer une communauté des pays d’Europe centrale

Émergeant de son isolement diplomatique, l’Autriche cherche à constituer un groupement d’intérêts des pays d’Europe centrale avec les futurs membres de l’Union européenne qui firent partie de son empire. Mais une telle alliance ne va pas de soi. L’histoire n’a pas laissé que des bons souvenirs entre l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. Et Vienne a des contentieux délicats avec Prague et Ljubljana. Le ministre autrichien des Affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner a invité cette semaine ses homologues hongrois, tchèque, slovaque, slovène et polonais à discuter d’un «partenariat stratégique» le 6 juin à Vienne. Elle avait esquissé cette idée de partenariat en octobre, alors que l’Union européenne (UE) venait de renoncer à isoler diplomatiquement l’Autriche pour avoir été le premier pays membre à former un gouvernement avec un parti d’extrême droite. Son projet est de créer une «communauté d’intérêts» des pays d’Europe centrale et orientale, à l’image du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) ou du groupe des pays nordiques, où la Finlande, la Suède et le Danemark défendent leurs intérêts avec ceux des voisins comme la Norvège, la Lettonie et l’Estonie. Dans une interview avant son départ, mardi, pour l’Iran, Mme Ferrero-Waldner a expliqué qu’elle ne cherchait pas à «imposer le leadership de l’Autriche, ni à reconstituer l’empire des Habsbourg». La Vienne impériale a régné sur les territoires tchèque et slovaque, la Hongrie, une partie de la Pologne, la Slovénie, la Croatie et jusqu’à la Bosnie. «Nous avons des intérêts communs, une mentalité similaire et des problèmes similaires. C’est plus facile de les aborder ensemble», a expliqué le ministre. Selon elle, ce partenariat devrait prendre la forme d’un dialogue approfondi et de rencontres régulières, sans secrétariat permanent. Parallèlement à cet effort diplomatique, le ministre lance en Autriche une campagne d’information pour convaincre la population des avantages de l’élargissement de l’UE à l’Est. L’extrême droite de Joerg Haider, qui partage le pouvoir avec le parti conservateur de Mme Ferrero-Waldner, souligne au contraire les dangers de l’élargissement et attise la méfiance envers les populations voisines. C’est là que le problème se complique pour la diplomatie autrichienne. Satisfaire l’opinion publique intérieure et les groupes de pression signifie souvent entrer en conflit avec ses voisins, comme la République tchèque et la Slovénie. L’Autriche est férocement antinucléaire et ses écologistes ont bloqué à plusieurs reprises les poste-frontières pour s’opposer au démarrage d’une centrale nucléaire tchèque, provoquant l’exaspération du gouvernement de Prague. Le jour d’octobre où le ministre hongrois des Affaires étrangères Janos Martonyi approuvait le «partenariat stratégique», les Premiers ministres tchèque, hongrois, polonais et slovaque condamnaient le blocus des frontières. La Commission européenne tente de désamorcer la dispute. Vienne insiste aussi pour que la République tchèque reconnaisse qu’il y a eu injustice quand les Allemands de souche (les Sudètes) ont été expulsés de Tchécoslovaquie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Prague s’y refuse jusqu’à présent. Un autre différend oppose la Slovénie à l’Autriche, qui défend les intérêts des descendants de la minorité de langue allemande privée de ses biens dans l’ex-Yougoslavie par un décret de 1943. Vienne insiste pour régler ces questions avant l’adhésion de ses voisins à l’Union européenne. «Il faut une collaboration claire des pays candidats, a déclaré Mme Ferrero-Waldner. C’est ce qu’on nous répétait quand nous étions nous-mêmes candidats». L’Autriche a rejoint l’UE en 1995. Les Tchèques et les Slovènes pourraient-ils entrer dans l’Union sans avoir satisfait les Autrichiens ? «Je ne crois pas que ce soit possible», répond le ministre. Elle rappelle que le Parlement autrichien, qui comme tous les Parlements de l’UE, devra ratifier chaque adhésion, a exigé le règlement de la question des Sudètes et des Allemands de Slovénie.
Émergeant de son isolement diplomatique, l’Autriche cherche à constituer un groupement d’intérêts des pays d’Europe centrale avec les futurs membres de l’Union européenne qui firent partie de son empire. Mais une telle alliance ne va pas de soi. L’histoire n’a pas laissé que des bons souvenirs entre l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie. Et Vienne a des contentieux délicats avec Prague et Ljubljana. Le ministre autrichien des Affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner a invité cette semaine ses homologues hongrois, tchèque, slovaque, slovène et polonais à discuter d’un «partenariat stratégique» le 6 juin à Vienne. Elle avait esquissé cette idée de partenariat en octobre, alors que l’Union européenne (UE) venait de renoncer à isoler diplomatiquement l’Autriche pour avoir...