Les 16es de finale de la Coupe de France de football, disputés vendredi et samedi, ont été fidèles à la légende que cultive cette compétition : des amateurs (Fontenay-le-Comte) ont écrit une nouvelle page de gloire, un petit poucet (Carcassonne) veut voir grand, et l’élite s’est liquéfiée. La palme de l’aventure revient à Carcassonne, plus connue pour ses fortifications datant du Moyen Âge que par son club de football. Le chef-lieu de l’Aude a vécu une soirée magique. Pour la première fois, le FA Carcassonne-Villalbe (CFA2) s’est qualifié pour les 8es de finale aux dépens de Sète (CFA), vaincu 2 à 1. Cependant, le nouveau cendrillon de l’épreuve n’aura pas l’occasion de réaliser son rêve : affronter Marseille, le recordman de l’épreuve (10 coupes), qui a été éliminé par Châteauroux (D2). Désormais, l’OM n’a plus que le championnat pour sauver une saison vierge du moindre titre. Jamais la formation phocéenne n’a été dans le rythme contre la Berrichonne de Châteauroux (D2) (1-0). Une Berrichonne qui se bâtit match après match une réputation de coupeur de têtes, avec quatre clubs de D1 à son actif cette année en Coupe de la Ligue ou en Coupe de France : Toulouse, Strasbourg, Bordeaux et Marseille. Lauriers La palme de l’exploit revient à Fontenay-le-Comte (CFA). Contre Sedan (D1), le club vendéen, évoluant en championnat de France amateur, comme Calais, l’exemple à suivre, a fait fort. Très fort. Dans cette opposition décalée sur le papier, la magie de la Coupe a joué à fond. Malgré son expérience du haut niveau, la formation sedanaise n’a jamais pu, ou su, atteindre le niveau de jeu de Fontenay (1-0), qui a tenu la distance tout en jouant au-dessus de ses moyens, redéfinissant à nouveau la notion d’exploit. La palme de la performance est allée à Amiens. Éclipsée par celle de Fontenay, la formation picarde (Nat) a réalisé un superbe match contre Rennes (D1). Le score (3-1) reflète la physionomie d’une rencontre bien gérée. Comme lors de la saison 1998-1999, Amiens se retrouve en 8es de finale. Nantes a remporté le prix de la constance. Régulier en championnat, toujours en lice en Coupe de la Ligue et en Coupe de l’Uefa, le club de la Loire-Atlantique est un ogre à l’appétit débordant. À Bordeaux, Nantes, double lauréat de la Coupe de France, a signé sa quatorzième victoire d’affilée dans cette compétition. Malgré la rotation imposée par l’entraîneur Reynald Denoueix, le fond de jeu demeure. Les Canaris se dirigent tout droit vers un triplé en Coupe de France. Mais la honte de ces 16es de finale revient au Paris-SG, étrillé par Auxerre (4-0). À ce rythme, la saison s’annonce encore longue pour le club parisien. Six survivants Nantes est l’un des six clubs de D1, avec Lyon, Strasbourg, Troyes, Bastia et Auxerre, encore qualifiés en Coupe de France. Une épreuve bien à l’image du championnat de France de D1 : les valeurs se nivellent et les amateurs se prennent à rêver de remporter enfin le trophée, le 26 mai, au stade de France. Depuis sa première édition en 1917, aucun club amateur n’a en effet remporté cette compétition. Un seul club n’appartenant pas à l’élite est cependant parvenu à s’adjuger la Coupe de France : Le Havre, en 1959, qui évoluait alors en deuxième division. Une certitude, les amateurs de Saint-Omer, club déjà qualifié pour les 8es de finale en 1992, ne rééditeront pas le même exploit. Grenoble (Nat) est passé par là (2-0, a.p). Saint-Georges-les-Ancizes (CFA2) peut également nourrir des regrets d’avoir encaissé le but éliminateur dans les arrêts de jeu, au profit de Vannes (CFA). Valence (Nat), Wasquehal (D2), Le Mans (D2) se sont logiquement qualifiés en éliminant des clubs inférieurs. Sens (DH), le désormais ex-petit poucet est tombé avec les honneurs à Auxerre, contre Troyes (3-1). Enfin dimanche, Reims (Nat) en déplacement est venu à bout d’Angers, lanterne rouge de D2 (0-0, 9 t.a.b. à 8). Le tirage au sort des huitièmes de finale (9 et 10 mars) aura lieu le 18 février.
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