Après être passée trop de fois à côté d’une médaille méritée, la Suissesse Sonja Nef a enfin dominé ses nerfs et couronné une carrière pleine d’embûches en remportant hier le slalom géant des championnats du monde de ski alpin St-Anton. «Personne n’est plus heureux que moi aujourd’hui. J’en ai tellement rêvé. C’est une récompense pour toutes ces années de sueur et de larmes», jubilait Nef, 28 ans, dans l’aire d’arrivée, après avoir embrassé son fiancé et son entraîneur. Longtemps reine des premières manches, Nef a trouvé cette année un nouvel équilibre qui lui permet de terminer proprement ses géants. Résultat : cinq victoires en sept courses et une première place déjà largement assurée au classement final de la Coupe du monde de la spécialité. Oublié le temps où la novice des Mondiaux de Sierra Nevada (1996), qui avait signé de loin le meilleur chrono de la première manche, chutait au bout de quelques portes dans la seconde, en demandant en pleurant qu’on lui accorde le droit de repartir. «Il y a cinq ans déjà, j’étais si près de la médaille. J’ai mis du temps à m’en remettre. Aujourd’hui entre les deux manches, j’ai prié pour qu’il ne m’arrive pas la même chose. Je me suis enfermée dans les toilettes tellement j’étais nerveuse», raconte-t-elle. Huile de requin En Sierra Nevada, Sonia Nef, pourtant, aurait déjà dû se satisfaire de pouvoir prendre le départ d’une course. En 1989, la jeune fille du canton d’Appenzell s’était disloquée un genou dans une course nationale. Première opération ratée. Cinq autres ont suivi. Chacune aggravant le mal, excepté la dernière, celle de la renaissance en 1996. Depuis, c’est sans cartilage dans l’articulation que Nef skie et gagne. Son remède fait sourire : pour lubrifier son genou meurtri, Sonja s’injecte tous les deux mois une bonne dose d’huile de requin ! Combative et douée, Sonja Nef n’a jamais douté de son avenir brillant malgré les coups du sort et les échecs répétés dans les grandes courses, aux Mondiaux de Sestrières et Vail, en 1997 et 1999, et aux JO de Nagano, en 1998. Lorsque son mal lui a laissé un peu de répit, elle s’est trouvé un entraîneur convaincu de ses talents. Depuis 1996, l’Autrichien Sepp Brunner s’occupe de lui fabriquer un mental de championne et un entraînement adapté aux exigences de son articulation. Les hommes de sa vie, d’ailleurs, viennent tous de l’Autriche rivale où Sonja, par commodité, a élu domicile. C’est à Unken, dans la province de Salzbourg, qu’elle partage la vie de Hans Flatscher, entraîneur du médaillé de bronze de descente allemand Florian Eckert, avec qui elle se mariera au printemps.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après être passée trop de fois à côté d’une médaille méritée, la Suissesse Sonja Nef a enfin dominé ses nerfs et couronné une carrière pleine d’embûches en remportant hier le slalom géant des championnats du monde de ski alpin St-Anton. «Personne n’est plus heureux que moi aujourd’hui. J’en ai tellement rêvé. C’est une récompense pour toutes ces années de sueur et de larmes», jubilait Nef, 28 ans, dans l’aire d’arrivée, après avoir embrassé son fiancé et son entraîneur. Longtemps reine des premières manches, Nef a trouvé cette année un nouvel équilibre qui lui permet de terminer proprement ses géants. Résultat : cinq victoires en sept courses et une première place déjà largement assurée au classement final de la Coupe du monde de la spécialité. Oublié le temps où la novice des...