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Actualités - Chronologies

Les Arabes israéliens ont lâché Barak malgré ses appels à l’aide

«Je ne peux pas me résoudre à voter pour Barak ou Sharon, ils sont pareils. J’avais voté pour Barak il y a deux ans et il nous a massacrés», affirme Alaa Abdel Razek, vendeur de fruits arabe israélien de Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël, où ses concitoyens ne se bousculaient pas mardi pour aller voter. En fin de matinée, il était clair que les électeurs arabes israéliens, encore traumatisés par la répression sanglante en octobre de manifestations de soutien à l’intifada, le soulèvement palestinien, avaient ignoré un appel de dernière minute du Premier ministre sortant, le travailliste Ehud Barak. M. Barak les a exhortés à participer à cette élection au poste de Premier ministre pour barrer la route au candidat de la droite, Ariel Sharon, dont tous les sondages prédisaient déjà la victoire. «C’est la première fois que je vois la ville aussi déserte. Il n’y a personne dans les bureaux de vote», déclare Asma Sadik, 52 ans, qui affirme suivre les élections à Nazareth depuis 20 ans. «La dernière fois (le 17 mai 1999), les électeurs faisaient la queue devant les bureaux de vote. Cette fois, rien», a-t-elle dit. Représentant près de 13 % de l’électorat, les Arabes israéliens pouvaient contribuer, en votant massivement pour M. Barak, comme ils l’avaient fait en mai 1999, à réduire la marge de sa défaite face à M. Sharon, à défaut de lui donner une victoire qui semblait hors de portée. La communauté arabe israélienne, qui vote traditionnellement à gauche, aurait dû constituer un soutien naturel pour M. Barak, alors que M. Sharon, a pour sa part courtisé, apparemment avec succès, les immigrants de l’ex-URSS, qui représentent près de 20 % de l’électorat. Lors d’une visite surprise dans les rues de Jérusalem peu après l’ouverture du scrutin, M. Barak avait déclaré à l’adresse des Arabes israéliens : «Les gens qui sont en colère contre moi se rendent maintenant compte de l’alternative et reviennent chaque heure par dizaines de milliers» dans le camp travailliste. «Nous le voyons dans les sondages et je peux dire une fois de plus à la communauté arabe : “Allez voter, il n’est pas trop tard, l’écart n’est pas insurmontable”», avait-il poursuivi. Mais l’appel n’a pas eu d’effet sur les habitants de Nazareth, dont les rues étaient pratiquement désertes en milieu de matinée, alors que les électeurs s’étaient pressés le 17 mai 1999 pour voter en faveur de M. Barak, qui avait alors recueilli 95 % des voix des Arabes israéliens. Le taux de participation de la minorité arabe à l’élection au poste de Premier ministre en Israël était de 10 à 12 % hier en fin d’après-midi, a indiqué le ministre des Sciences Matan Vilnaï à la radio militaire. Des responsables de la communauté arabe israélienne ont mené campagne en faveur d’un boycottage de l’élection en signe de protestation contre la mort de 13 des leurs, tués par la police début octobre au cours de la répression des manifestations de soutien à l’intifada. À travers la ville, des autocollants portant les inscriptions «Boycottez les élections pour se faire respecter» et «Non à Barak, non à Sharon, oui à une paix juste et à l’égalité» ont été placardés sur les murs des bureaux de vote. «C’est complètement différent cette année» par rapport à 1999, note Nader Choukha, 26 ans, responsable d’un bureau de vote, ajoutant que seule une poignée de gens avait voté dans les deux heures ayant suivi l’ouverture du scrutin, qui a débuté à 07h00 heure locale (05h00 GMT). Les Arabes israéliens sont des Palestiniens ou des descendants de Palestiniens restés sur leur terre lors de la création de l’État d’Israël, en 1948. Ils forment une communauté de plus d’un million de personnes, soit 18,6 % de la population totale d’Israël, et sont représentés au Parlement par 10 députés sur un total de 120. Ils se plaignent d’être victimes de discriminations dans tous les domaines, ce qu’a reconnu la Cour suprême d’Israël en juillet.
«Je ne peux pas me résoudre à voter pour Barak ou Sharon, ils sont pareils. J’avais voté pour Barak il y a deux ans et il nous a massacrés», affirme Alaa Abdel Razek, vendeur de fruits arabe israélien de Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël, où ses concitoyens ne se bousculaient pas mardi pour aller voter. En fin de matinée, il était clair que les électeurs arabes israéliens, encore traumatisés par la répression sanglante en octobre de manifestations de soutien à l’intifada, le soulèvement palestinien, avaient ignoré un appel de dernière minute du Premier ministre sortant, le travailliste Ehud Barak. M. Barak les a exhortés à participer à cette élection au poste de Premier ministre pour barrer la route au candidat de la droite, Ariel Sharon, dont tous les sondages prédisaient déjà la victoire....