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Actualités - Chronologies

Pour le vainqueur, quel qu’il soit, la Knesset sera ingouvernable

Quel que soit le vainqueur de l’élection du 6 février au poste de Premier ministre en Israël, il sera confronté à un Parlement ingouvernable, ce qui est de mauvais augure pour la stabilité et la durée du prochain gouvernement. Donné grand favori par les sondages, Ariel Sharon, chef du Likoud, le principal parti de l’opposition de droite, risque d’en faire très vite l’amère expérience s’il l’emporte sur le Premier ministre sortant, le travailliste Ehud Barak. À l’instar de M. Barak, il sera confronté à une Knesset où sont représentés pas moins de 19 partis ou factions. La première épreuve à franchir pour le prochain Premier ministre sera l’adoption de la loi de finances pour 2001. Ce texte, assimilé par la procédure parlementaire à une question de confiance dans le gouvernement, doit être adopté au plus tard le 31 mars, car l’État fonctionne actuellement sur la base de provisions mensuelles représentant le 12e du budget de l’an dernier. Si le budget n’est pas voté à cette date, la loi prévoit une dissolution automatique de la Knesset et de nouvelles élections générales. Les deux grands blocs politiques, le Likoud et le Parti travailliste, disposent ensemble d’un peu plus de 50 députés, sur un total de 120 à la Chambre, le reste s’éparpillant entre des formations à caractère sectoriel ou ethnique. C’est le résultat d’une récente réforme électorale en vertu de laquelle les Israéliens élisent pour quatre ans leur Premier ministre au suffrage universel direct et choisissent parallèlement leurs députés à la proportionnelle intégrale. Cette formule a abouti à une représentation «tribale» au Parlement qui abrège les législatures et provoque des consultations à répétition. Premier à tester ce système, en mai 1996, l’ex-chef de la droite Benjamin Netanyahu s’était imposé à l’arraché contre le Premier ministre travailliste sortant, Shimon Peres. Mais ses alliés de droite, opposés aux quelques concessions faites aux Palestiniens, l’avaient contraint à convoquer des législatives anticipées trois ans plus tard. M. Barak l’avait alors écrasé en mai 1999, recueillant près de 56 % des suffrages. Mais il a dû à son tour jeter l’éponge, démissionnant en décembre dernier, sans toutefois dissoudre la Knesset, qu’il a laissée en héritage à son successeur. Un héritage empoisonné. M. Netanyahu, qui avait envisagé de se présenter à l’élection du 6 février, y a renoncé en expliquant justement que le futur Premier ministre, quel qu’il soit, n’aurait pas de majorité au sein de l’actuelle Knesset pour conduire sa politique. Il a clairement fait savoir qu’il attendait son heure, c’est-à-dire la dissolution de la Knesset, qu’il estime inévitable à court ou moyen terme, pour tenter de revenir au pouvoir. M. Barak a été poussé aux urnes après avoir été lâché en juillet, juste avant le sommet de Camp David, par trois partis de droite membres de sa coalition, mais viscéralement opposés à ses démarches de paix. Initialement, l’impensable majorité composite de M. Barak rassemblait pêle-mêle, outre sa formation Israël Un, le Meretz (laïc de gauche), le parti du Centre, Israël B’Alia (parti russophone de droite), le Parti national religieux (émanation des colons) et surtout le Shass, parti ultraorthodoxe sépharade incontournable avec ses 17 élus. En battant le rappel des députés de la mouvance religieuse, de droite et d’extrême droite, M. Sharon pourrait s’appuyer sur une fragile assise de 60 députés, qu’un ou deux autres élus pourraient peut-être étoffer. Il a indiqué vouloir œuvrer à la création d’un gouvernement d’union nationale dans lequel il confierait le portefeuille de la Défense à M. Barak, qui a cependant écarté par avance le principe d’une telle cohabitation. M. Sharon n’a, en effet, pas fait mystère de sa farouche opposition aux accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne.
Quel que soit le vainqueur de l’élection du 6 février au poste de Premier ministre en Israël, il sera confronté à un Parlement ingouvernable, ce qui est de mauvais augure pour la stabilité et la durée du prochain gouvernement. Donné grand favori par les sondages, Ariel Sharon, chef du Likoud, le principal parti de l’opposition de droite, risque d’en faire très vite l’amère expérience s’il l’emporte sur le Premier ministre sortant, le travailliste Ehud Barak. À l’instar de M. Barak, il sera confronté à une Knesset où sont représentés pas moins de 19 partis ou factions. La première épreuve à franchir pour le prochain Premier ministre sera l’adoption de la loi de finances pour 2001. Ce texte, assimilé par la procédure parlementaire à une question de confiance dans le gouvernement, doit être adopté au...