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Actualités - Chronologies

Le « camp de la paix » déçu par Barak

Le «camp de la paix» israélien, qui avait porté Ehud Barak au pouvoir en 1999 et croyait tenir en lui l’homme capable de mettre fin au conflit israélo-arabe, l’a en grande partie lâché, à quelques jours du scrutin du 6 février. «Les Israéliens de gauche ont le sentiment d’avoir été trahis. Au lieu de la terre promise, ils ont la terre brûlée de l’Intifada», affirme le commentateur politique du quotidien Haaretz (gauche) Daniel Bensimon. «Il s’est présenté comme le dauphin du prix Nobel de la paix Yitzhak Rabin (assassiné en 1995) et a tout promis sans rien céder», poursuit-il. «Il a même floué la frange travailliste des petites villes pauvres laissées-pour-compte de la prospérité», ajoute-t-il. Selon les derniers sondages, l’intransigeant chef du Likoud, principal parti de l’opposition de droite, Ariel Sharon, est crédité d’une avance allant de 16 à 22 % des intentions de vote, mais le nombre des indécis ou des électeurs disant vouloir s’abstenir ou voter blanc est compris entre 16 et 24 % des inscrits. «C’est ce dernier groupe qui explique le recul du Premier ministre» sortant, indique le politologue Hanan Crystal. Les hésitants, explique-t-il, se recrutent surtout parmi les Arabes israéliens (14 % de l’électorat) et les nouveaux immigrants de l’ex-URSS (18 % des électeurs), qui avaient voté pour M. Barak en 1999, ainsi que chez les «colombes» du camp pacifiste. «La popularité de M. Barak chez les Arabes israéliens a chuté de 70 % en un an et demi. Ils ne lui pardonnent pas la sévère répression des manifestations de solidarité avec l’Intifada, qui a coûté la vie à 13 membres de leur communauté», rappelle M. Crystal. La baisse, ajoute-t-il, est presque aussi spectaculaire chez les électeurs originaires de l’ex-URSS, «puisque 58 % l’ont soutenu en 1999, contre 30 % aujourd’hui». Motif de cette désaffection : les «Russes» préfèrent la manière forte face à la révolte palestinienne. Ils n’oublient pas, en outre, que le Premier ministre, qui avait promis une laïcisation de la société, s’est ensuite allié au parti ultra-orthodoxe sépharade Shass, qui mène justement la vie dure aux nouveaux venus d’Europe de l’Est. Les transfuges de la droite libérale, comme l’ex-chef de la diplomatie David Lévy ou l’ex-ministre des Finances Dan Méridor, qui avaient lâché en 1999 l’ancien Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu, sont, de leur côté, revenus au bercail, reprochant à M. Barak de faire preuve de faiblesse face aux Palestiniens. Le champion de l’extrême gauche pacifiste, Uri Avnery, pense, en revanche, que M. Barak n’est pas allé assez loin dans ses concessions aux Palestiniens. «Il a fait exactement le contraire de ce qu’on attendait de lui et apporté la guerre en poursuivant la colonisation (ndlr : en Cisjordanie et dans la bande de Gaza) à un rythme accru», a-t-il déclaré. «Ses promesses n’ont mené nulle part et ne répondaient pas aux attentes minimum des Palestiniens», a ajouté M. Avnery. Selon lui, «le “camp de la paix” se divise aujourd’hui en trois groupes presque égaux en importance : ceux qui voteront Barak, car l’alternative Sharon leur paraît effrayante, ceux qui lui refuseront leurs suffrages, et enfin les hésitants, dont la moitié environ pense voter “blanc”, alors que l’autre moitié envisage de voter pour lui en se bouchant le nez».
Le «camp de la paix» israélien, qui avait porté Ehud Barak au pouvoir en 1999 et croyait tenir en lui l’homme capable de mettre fin au conflit israélo-arabe, l’a en grande partie lâché, à quelques jours du scrutin du 6 février. «Les Israéliens de gauche ont le sentiment d’avoir été trahis. Au lieu de la terre promise, ils ont la terre brûlée de l’Intifada», affirme le commentateur politique du quotidien Haaretz (gauche) Daniel Bensimon. «Il s’est présenté comme le dauphin du prix Nobel de la paix Yitzhak Rabin (assassiné en 1995) et a tout promis sans rien céder», poursuit-il. «Il a même floué la frange travailliste des petites villes pauvres laissées-pour-compte de la prospérité», ajoute-t-il. Selon les derniers sondages, l’intransigeant chef du Likoud, principal parti de l’opposition de...