La mort a pris les 400 enfants d’Anjar pendant qu’ils défilaient
le 29 janvier 2001 à 00h00
La localité indienne d’Anjar était encore pétrifiée de douleur hier après la mort de quelque 400 écoliers et 50 enseignants ensevelis en quelques minutes par le tremblement de terre dévastateur du Gujarat (ouest de l’Inde) alors qu’ils défilaient. Ces enfants, tous fiers de participer à la manifestation en ce jour de fête nationale, ont été pris au piège au moment où ils traversaient une étroite allée dans le bazar de la ville. Les dirigeants de Anjar, localité située à 55 kilomètres au sud de l’épicentre du séisme, pensent que 25 policiers qui les escortaient figurent également au nombre des victimes avec les dizaines de commerçants riverains et leurs clients. Sur les 400 enfants âgés de 5 à 10 ans qui se sont retrouvés enterrés sous des tonnes d’acier et de béton, moins d’une dizaine seulement ont réussi à s’échapper et désormais les sauveteurs ont abandonné tout espoir de trouver d’autres survivants. À la mi-journée d’hier, 150 cadavres avaient été sortis des décombres. «Ma sœur se trouvait parmi les enseignants choisis pour accompagner les enfants au défilé auquel devaient participer les effectifs d’une vingtaine d’écoles. Elle n’est jamais arrivée à la mairie», déclare Firdouz Begum. Mahima Patel est au nombre de la poignée d’écoliers sortis vivants du cataclysme. Cette fillette menue, enveloppée dans les pansements dans un centre de soins, semble en transes. Mahima regarde droit devant elle en chantonnant l’air qu’elle avait tant de fois répété pour ce défilé. Une marche qui a conduit droit à la mort ses meilleures copines et toute sa classe, racontent ses parents. Un drapeau indien sale, encore accroché à son uniforme d’écolière maculé de sang, témoigne de la terrible épreuve traversée par la fillette hagarde. «Ils marchaient au beau milieu du bazar Mochi quand deux immeubles de deux étages leurs sont tombés dessus de chaque côté de la voie», raconte Baoji Dighe qui a creusé pendant des heures à mains nues pour tenter en vain d’atteindre les petites victimes. «Ils n’avaient aucun moyen de s’échapper. Ils ont été complètement ensevelis sous les décombres qui ont fait barrage devant et derrière», ajoute ce témoin. «Nous avons entendu des hurlements frénétiques qui ensuite se sont éteints», ajoute-t-il. Plus de 48 heures après la catastrophe, les parents tordus par la détresse et l’angoisse refusent toujours de quitter le site surveillant désespérément le travail de la pelle mécanique bien modeste au regard de l’énorme enchevêtrement. «Nous avons perdu une génération entière, comme s’ils avaient été dévorés par un ogre», déclare Bhaoraji Saifuddin, qui a perdu 32 de ses proches dont un de ses enfants dans le séisme. «Aidez-nous si vous le pouvez. Amenez-nous un bulldozer. Nous voulons récupérer nos enfants», crie une femme folle de douleur à l’adresse du correspondant de l’AFP sur place.
La localité indienne d’Anjar était encore pétrifiée de douleur hier après la mort de quelque 400 écoliers et 50 enseignants ensevelis en quelques minutes par le tremblement de terre dévastateur du Gujarat (ouest de l’Inde) alors qu’ils défilaient. Ces enfants, tous fiers de participer à la manifestation en ce jour de fête nationale, ont été pris au piège au moment où ils traversaient une étroite allée dans le bazar de la ville. Les dirigeants de Anjar, localité située à 55 kilomètres au sud de l’épicentre du séisme, pensent que 25 policiers qui les escortaient figurent également au nombre des victimes avec les dizaines de commerçants riverains et leurs clients. Sur les 400 enfants âgés de 5 à 10 ans qui se sont retrouvés enterrés sous des tonnes d’acier et de béton, moins d’une dizaine seulement...
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